‹ Liberté d'enseignement (volume 2)Chapitre 46 sur 76 · MOTIF ET BUT DE CET ECRIT · texte numérisé non relu

MOTIF ET BUT DE CET ECRIT

Au milieu des partis extrêmes qui se partagent aujourd'hui la France, il n'est pas étonnant qu'une loi soit jugée très-diversement par ces partis en opposition.

Mais ce qui est rare et vraiment étrange, c'est que la même loi soumise à l'appréciation d'hommes qui marchent ensemble, qui ont les mênies intérêts et les mêmes convictions, soit l'objet des jugements les plus contradictoires.

C'est pourtant là ce qui se passe depuis ])lus d'un an au sujet de la loi sur l'enseignement. Et cependant est-ce une de ces questions nouvelles, au sujet desquelles on est facilement induit en erreur, parce qu'on n'a pas pu les étudier à fond? Aucunement ; rien plus

( vj ) que la question de la liberté d'enseignement n'a été discuté dans tous les sens, examiné sous toutes ses faces, approfondi dans ses sources, dans sa nature et dans ses résultats. 11 est donc iuqjossible qu'on Jie la connaisse pas.

D'un autre coté, ceux (jui la jugent si diversement sont-ils de ces hommes sans principes, qui, n'ayant point de base à leurs convictions, tournent à tout vent de doctrine, et peuvent être ainsi jetés dans tous les écarts? Non; ce sont des catholiques, c'est-à-dire les seuls hommes (pii dans ces jours de scepticisme aient des principes arrêtés, des doctrines immuables, des vues identiques; de j)lus, ce sont des catholiques qui, précisément pour cette cjuestion de l'enseignement , ont combattu ensendile sous le même drapeau et sur le même terrain.

Et c'est sur cette question si connue que les hommes de foi qui l'ont défendue de concert sont partagés maintenant au point que les uns regardejit comme un outrage et un péril pour l'Église, ce que les autres considèrent comme un hommaae et un service.

Nous voulons croire et nous croyons les deux opinions également sincères et j)ures

( vij ) clans leurs inotil's. D'où vient doues ce partage on plutôt cette guerre entre des hommes si bien faits pour s'entendre? d'où vient ce phénomène ([ni tient le monde catholique dans l'indécision et l'iiupiiétude ?

Ah! c'est que la loi dont il s'agit est toute différente de la question abstraite et rigoureuse de la liberté d'enseignement; c'est que les auteurs de cette loi ont voulu y condDiner certains principes sacrés avec certains faits nouveaux; c'est que, dans l'état d'ébranlement oii se trouve le monde, ils se sont proposés d'en faire un instrument pour le pouvoir en même temps qu'une satisfaction pour l'Eglise, et que de là le jugement qu'on en porte dépend de l'importance plus ou moins absolue <pi'on attache aux faits dans l'application des principes.

Quand ces principes sont sacrés, et quand ces faits sont insurmontables, c'est une tâche difficile ])our le législateur de faire marcher ensemble ce qu'ils ont d'opposé.

Fallait-il ne tenir aucun compte des circonstances extraordinaires au milieu des- (juelles nous sommes jetés depuis deux ans? l.a |)art qu'on a faite aux circonstances estelle de nature à conq)romettre les principes?

( ^^iij ) Les dangers dans lesquels la loi engage l'Eglise sont-ils eonipensés par assez d'avantages et justifiés par des néeessités assez graves ? Il nous a semblé utile de chereher la solution de ces problèmes, et c'est le but de cette publication.

LA VÉRITÉ

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