CHAPITRE PREMIER
' Nouvelle phase de la question de renseignement.
Dans nos précédents écrits sur la liberté d'euseignemeni , nous étions forcé d'examiner la (|uestion an point de vue d'un gouvernement (|ui voulait systématiquement vivre en dehors de toute croyance.
Cette situation du Pouvoir, nous ne l'avions ni faite ni demandée, et nous n'eussions pu en conscience ni la demander ni la faire; car nous savions que toute puissance venant de Dieu (i), c'est en Dieu qu'elle doit agii-, comme c'est en Dieu seul qu'elle trouve ses droits à l'obéissance et au respect des peuples.
Mais nous acceptions cette situation comme un giand fait accompli ; et la tendance de tous les gouvernements modei nés nous disposait à croire
^i) Rom. XIIL I.
que ce l'ait seiail peut-êtie longtemps encore une nécessité publique.
Loin de croire que ce fut un bien, nous éprouvions dans nos convictions catholiques et dans l'inflexibilité de notre foi (juelque embarras même à l'accepter; et ceux qui ont daigné suivre nos diverses publications savent qu'une d'entre elles (i) avait poui' but la solution des cas de conscience qui se présentaient à l'àme chrétienne dans l'espèce de contradiction de toutes ces libertés civiles, qu'il s'agissait de faire accepter par une doctrine essentiellement intolérante pour l'erreur.
Mais Dieu, qui se plaît à peiclre la sagesse des sages (2) et qui d'un souffle disperse comme un jeu d'enfant les plus puissants complots, déjoua tout à coup cette politique des cours souveraines ([ui s'étaient dit : Nous régnerons pour la seule force de la raison humaine, et nous briserons l'Église de Dieu , si elle veut être autre chose que notre docile servante, semblables à cet ange déchu qui avait osé dire dans son cœur : Je monterai jusqu'au ciel, et j'établirai mon trône audessus des astres de Dieu (3).
Nous l'avons avoué ailleurs, et nous le reconnaissons encore, celte espèce de conspiration des
(i) Cas de conscience , ou Accord de la doctrine catholique avec la foi me des gouvernements modernes ; 18/(7. Nous maintenons tout ce que nous uvoiis établi dans cet ouvraLÇc, mais nous croyons qu'en fait il est moins a|)plicablc à notre situalion actuelle qu'au régime précédent.
(2) I Cor. I, 19. — (3) Is. XIV, i3.
(3) Is. XIV, r^,.
( 3 ) gouverneineiits rtitionalistes travaillant sans cesse non plus par la force des armes, mais par les intrigues de la diplomatie et la toute-puissance des congrès, contre l'indépendance de cette Eglise si indulgente et humainement si faible, nous avait souvent rempli d'un immense effroi. A.ussi lors- (pi'après la soudaine catastrophe de février nous avons vu tous les trônes européens ébranlés par la même secousse, tout en gémissant profondément de tant de désastres, nous avons reconnu dans ces ébranlements inouïs, et nous avons adoré la main de Dieu vengeant et protégeant son Eglise.
Est-ce à dire que les nouveaux pouvoirs issus de ces effroyables désordres aient été plus favorables à la liberté catholicpie? Hélas! nous savons bien que tel n'a pas été le résultat immédiat, parce que ces pouvoirs révolutionnaires ont été tout d'abord les fléaux de Dieu. Mais nous savons aussi que sous le coup de ces terribles épreuves les hommes d'Etat, qui avaient cru longtemps pouvoir gouverner sans Dieu, ont commencé à ne pkis le croire. iSous savons qu'un de nos orateurs les plus éminents à l'Assemblée nationale, ayant parlé à la tribune de la reÂli^ioii du pays, et une voix isolée ayant dit : Il iiyen <i pas, l'indignation subite, bruyante et presque unanime de l'assemblée, lui fit sentir qu'il y en avait une.
Il faut donc, encoie une fois, (pic les l/u'ories M'. taUcnl (levant les faits (i). Le gouvernement de
(i) Puihilis, discours |)Oiir le concordai.
la France ne peut pas être sans religion, par cette simple raison qu'il est l'émanation du pays, et que le pays est catholique.
Cette vérité est incontestable surtout quand il s'agit d'enseignement et d'éducation. Car ceux mêmes qui croiraient encore que nos institutions publiques peuvent d'ailleurs se maintenir en dehors de tout culte, n'oseraient jamais le soutenir quand il s'agit de l'éducation de l'enfance et de la jeunesse. Tous ou presque tous veulent l'intervention, non pas seulement des idées religieuses en général, mais de la religion lout entière avec sa foi inflexible et son austère morale. Aussi i'AssendjIée législative, dans sa séance du 19 février, a-t-elle rejeté, sans hésitation et sans presque de partage, la proposition de faire donner dans les écoles 1 instruction religieuse en dehors de lout dogme.
Les législateurs, décidant au nom de la France (jui les a nommés , ont donc voulu très-fermement que la religion intervînt dans l'éducation, notamment dans celle (|ui serait donnée au nom de l'Etat, qu'elle y inteivînt avec ses enseignements conq)lets et ses préceptes absolus.
Il importe peu de savoir si tous ceux qui veulent de pareilles dispositions sont dirigés par des convictions chrétiennes ou par des calculs humains. Nous avons presque honte d'être obligé de répéter cette vérité si vulgaire poiu" les hommes de foi, que sou\enl Dieu se seit des passions et des inléiêts des honniies pour arriver à ses
fins. lit supposé (railleurs que les liommes politi(jues ne se fussent rapprochés de la religion que par la crainte de l'ennemi nouveau qui menace la société, si le rapprochement doit durer autant que le péril, il n'est pas près de se rompre.
Ce qui est sûr,
C'est 1° que les hommes chargés aujourd'hui des destinées de la France ne veulent plus d'un gouvernement sans religion, et que notamment ils veulent que la religion ait sa paît dans la direction de l'instruction publique;
C'est 2" que cet état de choses est aux yeux de la leligion, aussi bien qu'aux yeux de l'expérience et du bon sens, incomparablement préférable aux systèmes de ces gouvernements sans Dieu, qui ont été la folie et le scandale des temps modernes ;
C'est 3"^, conune nous n'avons pas craint de le proclamer à !a liiljune, (jue, quand un peuple, quel qu'il soit, et surtout un peuple catholique, demande à l'Église son concours, surtout pour l'amélioiation d'une institution aussi piécieuse que l'éducation publique , l'Église , pour peu qu'elle ait espoir d'y faire quelque bien, ne s'y refuse pas.
Est-ce à dire qu'il n'y a pas des liommes qjii espèient par là faire tomber l'Église dans un piège? Nous croyons qu'il y a des hommes qui ont cet espoir, et nous prévoyons même déjà qu'il se lencontrera des circonstances particulièros où certains évèques se trouveront dans de
( 6) cruels embarras. Nous en parlerons dans le cours de cet écrit. Mais ces embarras et ces pièges ne seront pas autre chose qu'une forme des inévitables combats de l'Église contre l'erreur. Us seront d'autant moins à craindre qu'ils seront prévus et que nous pourrons d'avance préparer nos âmes à ces luttes nouvelles.
D'ailleurs cette participation de l'Église à la direction de l'enseignement public n'est qu'une partie de la loi ; et c'est celle que nous n'avions pas demandée. Mais il en est une autre qui répond, au moins sur plusieurs points, aux réclamalions que nous avons si longtemps faites avec tous les catholiques, c'est la liberté d'enseignement.
La loi fait une cbose bonne, louable, conforme à la doctrine chrétienne, en sortant du système qu'on avait défini par ces mots affreux , l'Etal esl athée. Cependant nous reconnaissons que si la loi se bornait à nous faire asseoir dans les conseils de l'instruclion publique , elle serait inacceptable, puisqu'elle nous conserverait nos chaînes, en nous promettant pour toute compensation un bien très-hypothétique.
Mais la loi nous donne quelques-unes des libei'tés que l'Église réclamait pour son enseignement, et c'est uniquement par cette considération que nous ne l'avons pas lepoussée. On verra cependant que nous ne nous sommes fait illusion ni sur ses défauts ni sur ses dangers.
Nous avons voulu seulement, dans ce premier c])apilre, constater le changement rpii s'est fait
dans la silualion, parce que la loi ne peut être
comprise, et la part que les catholiques de l'As-
semblée ont apportée à son adoption ne peut être
judicieusement appréciée qu'à ce point de vue.
Nous ne serons cependant pas très-affirmatif, et nous n'aurions pas droit de l'être, puisque, par une complication de circonstances personnelles extrêmement pénibles, nous avons été contraint de nous abstenir dans le vote définitif de la loi. Surtout nous ne serons pas absolu. INous avons souvent trouvé qu'on l'était trop de part et d'autre dans cette polémique.
' Non, il n'est pas vrai que cette loi ne présente que des avantages sans péril ; mais il n'est pas vrai non plus qu'elle présente des périls sans que des avantages les compensent.
Je vais signaler les uns et les autres avec toute l'impartialité que ma situation particulière me rend facile; car j'ai sur beaucoup de points combattu la loi, et auprès de ses auteurs et dans la commission ; je lui serais donc volontiers contraire. Cependant je n'ai pas voté contre elle, et j'ai probablement contribué pour ma pail à la faire accepter : j'ai donc quelque raison de lui être favorable.
.le demande instamment à ceux qui voudront ]jrendre connaissance de ce petit ouvrage de le lire tout entier et sans parti j)ris, avec la seule intention d'y étudier, selon les vrais principes de la raison et de la foi, une des (jucstions les plus compliquées et des plus importantes de notre époque.
(8 ) CHAPITilE II.
Reproches faits à la loi.
On a fait à la loi bien des reproches, et il y avait lieu de lui en faire; mais ceux sur lesquels on a souvent insisté le plus ne sont ni les plus mérités ni les plus considérahles. Comme nous ne \oulons rien dissimuler en aucun sens, nous commencerons par examiner les torts que nous crovons les moins sérieux, et nous finirons par ceux qui nous inspirent à nous-même le plus dappréliension.
Premier reproche. — L(( loi riablil dans Icx conseils un jm'lnns^o iV ('dcmcnls incoui/xitiljlcs, contnronietlants pour l'KiJilise cdlkoliquc. — Ecoles mixtes.
11 est bien ceitain que dans les temps do sa pleine liberté l'Eglise ne faisait pas asseoir ses minislios avec les liéréli(|ues et les incroyants ])f)ui- (l('iil)érei' ensendjie, suitout quand il s'agissait des intérêts de l'enseignement. Cependant il faut bien se rcndie compte de sa situation dans ces conseils et des motifs pour lesquels elle y siégera.
Si, connne l'ont prétendu quelques personnes irréfléchies, il devait résulter de ce rapj)iocbement entre des hommes de toutes croyances ou de
toutes mécréances un enseignement composé, dans de certaines proportions, des unes et des autres , tellement que chacun fît, dans je ne sais quelle alliance monstrueuse, le saciifice de quelques-unes de ses convictions, il est bien ('vident (juece serait là une entreprise abominable, que ne saurait trop frapper la malédiction de Dieu et des hommes.
IMais on sait (|u'il n'en est lien , et qu'ayant protesté du haut de la tribune contre ce sens impie donné à ce qu'on appelait la transaction, nous avons été accueilli par l'approbation générale de l'Assemblée (i).
Si même ce mélange établi dans les conseils préposés à l'enseignement devait avoir pour effet de multiplier les écoles mixtes, c'esl-à-diie celles où l'on reçoit les enfants de différents cultes, ce serait encore un mal. Carl'enseignement donné dans ces écoles, ou produit le scandale, s'il est explicite pour chacjue culle, ou mène à l'indifférence, s'il omet tout ce qui se rattache aux croyances spéciales.
Mais, bien loin que la loi favorise ces sortes d'écoles, c'est, et nous prions chacun de bien le remarquer, c'est, depuis soixante ans, la première loi qui les attaque et cherche à en diminuer le nombre.
Nous reconnaissons et nous proclamons (ju'en effet ces écoles mixtes ont été une des causes de l'affaiblissement de la foi. Nous exprimeions même notre suiprise de ce qu'elles aient été jus- (pi'ici l'objet de si peu de réclamations. Mais nous
(i) Séance du ii février.
( ÏO ) ne voyons pas comment, à cette occasion, on pourrait attaquer une loi qui, la première de toutes, les suppiime tout à fait en piincipe comme contraires au bon ordre général, les interdit immédiatement en fait dans les limites du possible (art. 36, § 4) j et qui, pour les autres cas, veut qu'elles n'existent plus que par une tolérance spéciale du conseil académique, tolérance qui ne pourra être que provisoire (art. i5 , § 3).
Bien loin donc que les conseils établis par la loi produisent ni aucune altération dans la pureté des doctrines destinées à l'enseignement, ni aucune propagation du système fatal des écoles mixtes, nous pensons qu'ils doivent amener tout le contraire.
Ils produiront d'aboid inévitablement un plus grand nombre d'écoles spéciales à chaque culte , parce que les représentants de ces cultes seront là pour les demander, et que ces écoles sont dans l'intérêt de chacun d'eux; ensuite, ce qui est le plus important, ils assurciont beaucoup plus que par le passé la pureté des doctrines religieuses , notamment des doctrines cathoMques.
Nous respectons, surtout dans une si délicate matière, les opinions qui nous sont opposées, et cependant, il faut bien avouer que nous ne concevons pas comment on confierait la rédaction des rc'^lc.mciiLs rclalifs (iit.v examens et aii.v progratnnies <rrliules^ le choix des livres, etc. (art 5, § 3 et "7; destinés à tous les jeunes catholiques de France, à un conseil supérieur où ne siégeraient
pas (jiielques-uiis de ceux :i qui Dieu a spécialemeiil confié i a garde de rinlégrilé des doctrines.
Nous savons bien qu'on nous arrête ici, el qu'au lieu d'un avantage on signale un danger. On dit : Les évéques ne seront que(|uatre sur vingt-huit; leurs réclamations ne seront pas écoutées; les progranmies et les livres cju'ils auront condamnés n'en seront pas moins imposés ou permis à la jeunesse française, el alors le scandale circulera sous leur patronage.
A cela nous répondons :
i" Que nous repoussons, comme un indigne et gratuit outrage, le seul soupçon que les évéques de France pourraient tomber dans cette criminelle et flagrante prévarication, de donner leur patronage à des livres condamnables, ou à des mesures (pielconques désavouées par la conscience:
2° Que, dans notre conviction intime, on ne cherchera pas à leur faiie cette violence coupable ; et l'on sait (jue l'Assemblée législative nous en a personnellement donné l'assurance (i) ;
(i) Pour exiger que rien de contraire, de près ou de loin, à la doctrine catholique, ne soit mêlé à l'enseignement des jeimes catlioliques, les évéques n'auront besoin d'invoquer aucim |)rivilége. Il leur suffira de s'appuyer sur l'art. 7 de la Constitution et sur l'art. 8 de son prc.imhule. (]e dernier article porte que la République doit protéger le citoyen dans sa religion. Or, il est évident que cette protection serait trèsincomplète, si l'on ne s'opposait pas à ce que les doctrines religieuses fussent altérées dans l'éducation; si, lorstjue les évéques catholiques auront déclaré (jue tels livres ou tels prograuunes sont en opposition avec leurs croyances, le
3<» Que si , conlje notre attente, il devait en arriver ainsi, eh bien, alors les évéques proclameraienl du liant do leurs chaires pastorales ce qu'ils n'auraient pu faire prévaloir dans les conseils de l'enseignement; et du moins il y aurait, ce qui n'a jamais eu lieu jusqu'ici, et ce qui serait impossible dans le système de la sépaiation , dos voix pour signaler le piège et protester contre le scandale introduit dans l'éducation des enfants catholiques.
D'ailleurs la composition mixte de ces conseils n'est-elle pas, dans le système de la loi, motivée par une raison de justice? Est-ce que dans le conseil supérieur (art. 5, §§ 7 et 8) aussi bien que dans les conseils académiques (art. i^, § 5), il ne se présentera pas souvent des questions relatives à la liberté d'enseignement? Est-ce que le plus souvent ces questions n'intéresseront pas les catholiques? Est-ce qu'alors il n'est pas naturel, écpiitable, nécessaire que ces intérêts sacrés aient là leurs représentants et leurs défenseurs î^
Nous le répétons , le système de ces conseils tient au malheur des temps : il tient à l'état même de la société moderne; mais il a lieu déjà depuis iS33 pour les comités d'arrondissement et pour les comités locaux préposés à l'enseignement primaiie ; mais il avait eu lieu en fait dès 1808 pour le conseil supérieuj- de l'Cniveisité ; et jx'isoinie jus(|u'ici n'avait réclamé.
conseil supérieur s'ohslin.iit à k's inctlic clans les écoles, il est évident (|ue <r r(n\sc\\ violcrail la (lonsliliition.
V 13 ) S'il est vrai .que dans de telles assemblées des évéques ne peuvent pas opérer tout le bien qu'ils feraient dans des réunions dont tous les membres parlageiaient leurs croyances, il est vrai aussi qu'ils peuvent y empêcher un certain mal , y exercer une certaine bonne influence, et que, dans tous les cas, rien dans les enseignements de l'Eglise ne s'oppose à ce qu'ils commencent par y siéger, tout en se réservant, connue nous l'avons fait en leur nom, le droit de se retirer au jour où, après avoir épuisé tous les moyens acceptables de conciliation, leur conscience leur ferait manifestement un devoir de celte grave et solennelle mesure (r).
(i) Nous ne traitons pas dans cet écrit des difficultés pratiques de la loi. Nous voulons pourtant répondre ici à deux questions qui se sont présentées. On a demandé d'abord comment se ferait cette élection, et ensuite jusqu'à quel point elle engagerait la responsabilité des évéques qui l'auraient faite.
La première question n'étant qu'une affaire de forme, ne peut jamais causer de sérieux embarras, et, quelque marche que l'on suive, les droits de l'épiscopat devront être à ce sujet entièrement sauvegardés.
La seconde est beaucoup plus grave, parce qu'en effet les évéques nommés au conseil supérieur auront surtout à se prononcer sur les doctrines, qu'ils ont chacun ce jjouvoir pour eux-mêmes, aussi bien que les prélats qui les auront nommes, et que ces derniers ne peuvent pas sur ce point leur faire une délégation. En nommant au conseil snpérieiu' quatre de leurs collègues, les évéques de France leur donnent donc leur confiance et non pas leurs pouvoirs; ils ne seront donc ni liés ni engagés par les décisions en- fait de doctrine prononcées |)ar leurs collègues préposés à renseignement public.
Il est donc grandement à désirer que tous les vénérables évêques de France trouvent bon de' concourir à cette disposition légale, qui ne peut en aucune manière les compromeltie, et d'essaver, puisqu'on le leur demande, celte grande expérimentation.
Skcond reproche. — /j( Un associe l'fLi(/fSf; <iu Gouvernement ^ et. V emjj^ai^e ainsi dans tous les inconvénients de la politique.
Ceux qui voudront nous mettre en contradiction avec nous-méme, pourront trouver dans nos précédents ouvrages des protestations formelles contre certaines alliances de l'Eglise avec les pouvoirs humains. ISous y persistons. Et si maintenant encore on venait nous offiir des faveurs politiques , nous l'avons dit du haut de la tribune, nous les repousserions.
Mais nous ne voyons pas quel rapport il peut légitimement y avoir entre la politique et l'éducation. Nous n'avons jamais reconnu à la politique ni aux pouvoirs publics qui la rcprésenîenl le droit d'enseigner; et nous aurons à levenir sur cette vérité fondamentale.
La politique change; les principes d'éducation ne changent pas. La politique vil au milieu et souvent au gré des passions humaines; l'éducation a pour but de les dompter et de les tourner au bien. A-Ussi nous approuvons la loi de n'avoir donné à la grande Assemi>lée du pays aucune part
ni diiccle ni indiiecU' dans la conj[)osition du conseil supérieur.
L'Église siégeant , dans la personne de ses ministres, au milieu de ces nouveaux conseils n'y fait donc aucune œuvre politi(jue; elle y fait l'œuvre ([ui lui est propre. Elle n'y reçoit pas des pouvoirs étrangers; seulement elle y trouve en accord avec la loi humaine ceux qu'elle a reçus de Dieu même (i).
11 est bien vrai que, dans ces jours de renversement où tout pouvoir est attaqué, non pas parce qu'il fait mal, mais par cela seul qu'il est pouvoir, l'Eglise, en se livrant aux œuvres (pii lui sont propres de concert avec la puissance publiques, pourra quelquefois pailiciper aux atlaques dont celle-ci est l'objet; mais, |)Ourcpril n'en fût pas ainsi, il faudrait que l'Eglise restât indifférente à ce rjui se passe aujourd'hui dans les sociétés humaines. Eh bien, nous voulons tju'on le sache, l'Eglise ne le peut pas.
Ah ! sans doute, quand il ne s'agit que de choisir entre une dynastie et une dynastie, entre une forme de gouvernement et une autre forme, cjuoiqu'il puisse y avoir dans ces alternatives des droits et des injustices sui- lesquels l'Église ne se méprend pas, elle n'y engage cependant passa propre
(i) Ou a objecté que les evèqucs et surtout les eurés, à qui la loi accorde un droit de surveillance, sembleront ne tenir ce droit (jue des pouvoirs humains. Il s'ensuivrait que jamais la loi humaine ne peut, sans offenser les lois de l'Église, leur prêter son concours; ce qui est contraire à toute la tradition.
cause, et d'orclinaire elle attend que la Providence se prononce entre les intérêts diveis dont les résultats ne tiennent pas à l'essence morale des constitutions humaines.
Mais quand il se forme des partis qui, soit par aveuglement, soit, ce que je me leluse à croire, par une perversité réflécliie, attaquent les fondements mêmes de toute société; (jui, volontairement, systématiquement , persévéramment, travaillent à soulever dans l'âme des peuples tous les mécontentements, toutes les cupidités, toutes les jalousies, toutes les ambitions les plus désastreuses, et qui osent le faire au nom adorable de celui qui, étant Dieu, s'est fait petit, souffrant, esclave pour nous ; quand ces partis se grossissent et s'étendent de manière à former une portion notable dans un grand peuple; quand ils se propagent chez toutes les nations voisines, et qu'à la face du ciel ils for nient dans l'Europe entière une vaste et formidable conspiration: non, non, alors l'Eglise ne peut ni se taire ni rester neutre ; car, vivant au milieu des sociétés humaines, elle participe d'une certaine manière à leur condition ; car elle est elle-même, par sa divine institution, une société visible, et elh; ne peut pas ne pas voir ses propres adversaiies dans ceux (|ui, sous prétexte de i^réparer un monde nouveau sur le(piel ils ne s'entendent même pas, veulent avant tout bouleverser de fond en comble le monde actuel parla négation de tous les droits et par la desliuction de tous les pouvoirs.
L'Église même alors n'associe pas précisément son sort aux gouvernements qui combattent cet elTiovahle svstème d'insurrection et d'anarchie, mais quand ils lui demandent son appui, elle marche avec eux.
Qu'importe que ces gouvernements soient aujourd'hui dirigés par des hommes qui l'ont autrefois combattue , qui ont peut-être préparé, qui peut-être ont jusqu'à un certain point opéré le mal qui menace aujourd'hui de les dévorer euxmêmes? L'Église ne connaît ni ces misérables représailles ni ces inutiles rancunes ; elle ne dit pas aux liommes actuels du pouvoir : Je vous abandonne aujourd'hui, parce que vous avez eu tort autrefois; elle leur dit: Vous combattez, trop tardivement peut-être, mais vous combattez enfin pour la justice et pour la vérité ; je juge, non pas ce que vous avez été, mais ce que vous faites; non pas même vos intentions actuelles, mais vos actes; et comme ce que vous combattez est mal, j'appiouve vos combats, je les encouiage, et, dans une certaine mesure, je leur accorde le concours de ma puissance spirituelle.
Au lesle, indépendamment de ces décisives considéialions, les fails eux-mêmes, des faits matériels, éclatants, terribles, ne disent-ils pas assez haut que ceux que nous combattons, de concert avec le gouvernement, sont formellement et directement les ennemis de l'Eglise elle-même ?
Sans en lier dans aucun détail, voyez la Suisse et voyez liome. î\'esl-ce pas sous le lègne de ce
(18) parti que toutes les libeitrsde l'Eglise sont odieusement opprimées; que son culte est profané, son enseignement interdit, ses ordres les plus antiques ou les plus charitables persécutés, ses prêtres fidèles et ses saints pontifes proscrits?
Nous l'avouerons : comme nous n'aimons pas à soupçonner le mal, longtemps nous avions espéré trouver dans ce parti, sinon toujours des idées très-sages, car nous le savions exalté, au moins des sentiments généreux, un sincère amour de la vraie liberté et un respect profond pour cette religion sainte, qui, à part même sa céleste origine, est encore ici-bas la plus douce consolalion des peuples. Eh bien, nous sommes forcé de le dire, ces espérances, on nous les a rendues impossibles. Nous connaissons bien encore dans ce parti des hommes honorables, des cœurs bons et même des âmes religieuses ; mais les discours, les injures, les menaces et toutes les tendances de ce parti lui-même nous le repiésentent comme l'ennemi de Dieu et des hommes. L'Eglise donc, en le combattant pour sa part, n'entre pas plus dans le domaine de la politique qu'elle ne le fit quand à d'autres époques, au nom de la morale outragée et de la société en péril, elle combattit les lUilgares , les Albigeois et les Anabaptistes, sectaires abominables auxcjuels les novateuis du jour ont tout emprunté.
Nous sommes donc, par la force des choses et ]);u la iialuiede nos principes, associés en quel- <|U(' sorte à loul gouvernement qui s'oi>pose au
( 19) Iriomplie des doctrines anarcliiques. De quel- (jue piiulence que nous nous enviionnions, nous soanncs inévilal)lenjent en IjuUe à la liaine de ceux qui propagent ces doctrines. La part que nous prendrions à la direction de l'instruction publique n'y ajouterait rien, de même que notre abstention n'en pourrait rien retrancher. Et puisque la dépravation des idées est, de l'aveu de tous, venue en grande partie de l'éducation, quand le pouvoir nous demande de travailler avec lui à son amélioration , pourrions-nous, même quand il s'agirait d'éviter pour nous quelque péril de plus, nous refuser à une œuvre qui, nous ne saurions trop le répéter, est avant tout la nôtre? Quant à l'irritation qui a pu résulter parmi les peuples des discussions mêmes de la loi, nous pensons, d'une part, qu'elle ne sera que passagère et, de l'autre, qu'elle était inévitable, parce que, dans tous les systèmes de projet , nous eussions été, bon gré, mal gré, conduits sur les questions brûlantes de l'influence du clergé et de la liberté des congrégations religieuses; seulement, il n'est pas sûr que nous nous en fussions tirés avec autant d'avantage.
TROISIÈME REPROCHE. — Lci loi coiisdcre , fortifie , Oi^VdiKliL le. système de l'Etat e?iseigfi(int, i° par les noiu'eaiix conseils; i^ par l'inspection.
Voilà l'objection sérieuse. Nous ne nous la sonunos jamais dissiuuilée; nous en avons lémoi-
gné bien des fois notre douleur et notre inquiétude aux auteurs du projet, et nous allons l'exprimer sans déguisement comme sans exagération.
Le système de VKtat eiiseii^ncuit., de quelque nom qu'on le colore, tel qu'il a été pratiqué depuis soixante ans en France, est d'abord au moins étrange, car l'État n'agit que par des lois, et ni les lettres, ni les scieiices, ni suilout les doctrines religieuses, ne peuvent cire la matière des législations humaines. INous concevons que l'État encourage les œuvres du goût, récompense les découvertes du génie, protège les enseignements révélés, mais nous ne compienons ])as qu'il les décrète. Il serait facile de démontrer au long cette vérité, mais ce n'est là que le petit côté de la question.
L'enseignement par l'Étal n'a pas élé seulement étrange, il a été funeste. ISous l'avons dit ailleurs, on l'a imaginé pour sup])lanter l'enseignement ])ar l'I'^glise, c'est-à-dire, (ju'un a voulu remplacer la foi divine par la laison liumaine; ce qui devait, comme l'expérience ne l'a (jue trop prouvé, substituer le scepticisme universel aux croyances religieuses; et, comme il n'y a pas, surtout pour la jeunesse, de morale sans leligion, substituer aussi le libre décliaînemenl des passions à la timidité de l'innocence et à l'ausléiité de la vertu.
C'est pour cela seul, (pTon le sache bien, et non pas par un sentiment de rivalité puérile, (jue nous avons toujours, dans la mesure de nos lorces, comballu rUnivcisil*'.
(-il )
^olls qui la combattons encore, nous avons assisté à sa naissance, et nous nous la rappelons trèsbien. Au moment même où l'on écrivait dans son décret constitutif que l'Université prendrait pour base de son enseignement les préceptes de la religion calbolique, on y faisait entrer toutes les sommités de la philosophie incrédule et tous les scandales du sanctuaire; c'est-à-dire, tous les hommes les plus disposés par système, et les plus intéressés par position, à discréditer la religion catholique.
Cette disposition originelle , l'Université l'a quelquefois plus ou moins déguisée, mais elle l'a toujours conservée et toujours mise en œuvre, à tel point que toutes les institutions qu'elle s'est unies l'ont aussitôt contractée. Nous en voyons la triste preuve dans ce que sont devenus les instituteurs primaires depuis qu'on les a soumis au régime de l'Etat enseignant.
Pour réaliser la liberté d'enseignement telle que nous la désirions, et que nous la désirons encore, il eût donc fallu briser ce régime; non pas seulement en effaçant le mot imwersilé , ce qui ne touche point au fond des choses ; non pas seulement en affaiblissant ce monopole odieux de tous les établissements d'éducation quels qu'ils soient, monopole ([ui n'était plus possible avec nos institutions nouvelles , et surtout avec les termes formels de la Constitution ; mais, il faut le dire , en renonçant au principe même qui fait de l'Etat le suprême éducateuide la jeunesse.
Et cependant comment ne pas reconnaître que, durant ces six années de polémique, où tout semble avoir été dit, personne, à part quelques voix sans influence, n'a osé demandé la deslructif)n radicale de ce système, (|ni seul est la souice de tout le mal? Tous, au coniraire, n'onl-ils pas mis dans leurs stipulations que TLlniversité serait conseivëe dans toute sa force et dans tous ses privilèges à côté de la liberté d'enseignement, développant son action et multipliant ses œuvres, sans aucun autre obstacle que la répression des délits ?
Si nous ne demandions pas la destruction de ce corps qui, selon nous, a beaucoup plus enseigné de mal que de bien, c'était pai- ce seul motif <|uY'lle paraissait matériellement inq)ossible ; cl, malgré Une répugnance qui va toujours en croissant à mesure que nous connaissons mieux le fond des cboses, nous concevions (jue cette institution rivale, pour ne pas dire ennemie de l'Église, devait, peut-être longtemps encore, conserver ses collèges et son budget. Mais nous n'avons jamais compris qu'elle diil conserver aucune part d'influence, bien moins encore de gouvernement sur renseignement libre. Voyons ce que la nouvelle loi lui en attribue d'abord dans les conseils (i).
(i) iNoiis allons exposer l'objcclioii dans loulc sa force, mais nous c«)rijnn>iis ceux (lui voiidiaieul faire usajje de nos j)aroles dans ci-lle fraticlie déclaïalion , de ne pas les séparer dc ce (|uc nous disons ensuite sur l'origine de ces mesures,
Pour ne rien exagérer, il faut avant tout apprécier les tempéraments qu'a subis tout le système universitaire dans les pouvoirs préposés désormais à l'enseignement, il résulte des deux premiers chapitres de la loi que la partie gouvernante de l'instruction publique ne se compose plus uniquement des membres du corps enseignant : elle n'en conserve officiellement que huit sur vingt-huit dans le conseil supérieur^ que deux sur douze fkns les conseils académiques. Il faut convenir qu'il y a là comme nne transformation matérielle. De cette sorte, l'État enseignant disparaît comme souveraineté à la tête de la nouvelle organisation, pour faire place en quelque sorte à la société enseignante : voilà la théorie du système. L'État n'enseigne plus, et la société surveille avec lui l'enseignement donné en son nom et subventionné par les deniers publics.
Cependant il faut bien l'avouer, si l'Etat a cessé d'y être tout, il y conserve toujours une redoutable prépondérance ; c'est lui seul qui préside
sur ce qu'elles renferment de favorable à l'Eglise, et sur les moyens à prendre pour en paralyser les mauvais effets. Car, niali^ré les avaiitai;es incontestables et incontestes que la loi présente dans beaiicoii|) de ses détails, nous eussions dû la repousser lorniellcnient, si elle eût renfermé une seule mesure radicalement et absohuucnt mauvaise, l'^h bien , après l'avoir étudiée à fond ptridarit bien l(ii)|^lemps , nous avons la conviction (ju'elie nt renlcrnie ucu de semblable.
partout : au conseil supérieur, par le ministre; au conseil académique, par le recteur; c'est lui qui a partout l'initiative , l'action et la décision suprême. Â part les affaires contentieuses, qui sont vraiment réservées au jugement des conseils; à part aussi quelques détails administratifs de l'enseignement piimaire , que ces conseils sont chargés de régler, ils sont réduits à donner des avis qui auront beaucoup d'importance sans doute, que le gouvernement sera moralement obligé de suivre, mais auxquels cependant il peut à la rigueur ne pas se conformer (art. 5), et que, dans beaucoup de points, même fort graves , il peut ne pas leur demander (ib.,§i). ^ ^ ■
Ajoutez à cela que l'Etat est représenté dans ces conseils par des hommes spéciaux, les seuls rétribués, les seuls toujours à l'œuvre, les seuls bien au courant de toutes les affaires, les seuls enfin chargés de toute la partie executive. Or, on sait que c'est surtout l'exécution qui donne de l'influence, parce que seule elle met en contact avec les parties intéressées.
11 résulte de ces observations, que si, d'un côté, l'État enseignant est censé connue absorbé par les éléments nouveaux qui lui sont adjoints tout à la fois à litre de coopération et de contrôle, de l'autre, il est en (|uelque sorte rehaussé et fortifié par ces adjonctions honoral)les; tellement que, s'il n'est plus aussi libre de faite tout ce (|u'il veut, ce qu'il fera désormais aura plus de crédit et plus de
puissance que par le passé. Voyons mainlenanl ce qu'il conserve du côté de l'inspection.
Disons d'abord qu'il ne fallait pas écrire inspection, mais suiveillaiice , puisque c'est le terme de la Constitution. Nous avons fait, à plusieurs reprises, et avec beaucoup d'insistance, celte observation auprès des personnes compétenles. On nous a répondu que c'était là une querelle de mots ; que \ inspection pouvait être entendue dans un sens moins sévèie que la sutveillance, et qu'il fallait dire inspection, puisqu'il y avait des inspecteurs. rSous avons repris que des inspecteurs, tels qu'on les établit, ne semblaient pas nécessaires; mais nos paroles n'ont porté avec elles aucune conviction , et tout à l'heure on verra pourquoi.
Maintenant, l'inspection, telle qu'on l'organise, peut-elle être fatale à la liberté? Examinons.
Il s'agit surtout ici desélablissemenls libres, et la loi dit (art. 1 9, §§ 2 et 3) que l'inspection des établissements libres ne peut se rapporter qu'rV la morale, (I f/iji^iène, à lu Constitution et aux lois , et que c'est seulement sous ces rappoils qu'elle peut s'étendre à l'enseignement. C'est là, sans aucun doute, une certaine garantie pour tout ce qui se trouve en dehors de ces limites, comme les méthodes d'enseignement, le règlement moial de la maison , etc.
Mais d'abord, ces limites ne sont-elles pas un peu \agues? Seia-t-il toujours facile de déterminer quand on en sort et quand on s'y renferme? Ensuite, même en s'y renfermant quant à la lettre, ne peut-on pas y trouver matière à bien des tracasseries, pour ne rien dire de plus? Ainsi , la pbilosopbie sceptique comprend-elle la morale coiwxwe la religion révélée? Sous prétexte tX' hygiène, ne peut-on pas exiger pour le local des transformations ou des déplacements ruineux? Et les délégués de l'Etat enseignant, qui sont par position les adversaires de la liberté, ne pourront-ils pas, au besoin , trouver, dans l'immense répertoire de nos lois, des exigences qui rendraient la concurrence presque im{)Ossible, ou seraient inacceptables pour les callioli(jues? Nous dirons tout à l'heure comment des hommes de conscience et de cœur pourront paralyser ces mauvaises tendances.
En ce moment nous examinons les faits et nous cherchons à découvrir quels en sont les résultats possibles, d'après l'étude des hommes de nos jours.
Le chef de l'établissement libre saura que l'inspecteur doit faire son rapport; que par ce rapport, et peut-être de bien d'autres manières, il parlera de ce qu'il aura vu, et que son jugement pourrait avoir beaucoup déportée, il cherchera donc à lui plaiio. Or, cet ins[)ecteur, que sera-t-il au poiiil (le \iic (|iii nous occupe avant tout, (juc seia-t-il eu iclit;ion? Et si, couïiue il arrivera peut-
être souvent encore, à raison de Télat général de la société, il n'est pas de ce côté ce qu'il doit être, le désir d'obtenir sa faveur, c'est-à-dire l'ink'rrl personnel, ne porlera-t-il pas le chef de l'élahlissemenl à doinier à l'idiicalion une direction moins catholicpie qu'on ne Tauiait voulu d'abord? El si les visites de cet inspecteur se renouvellent souvent, connue il pouira se faire, avec des circonscriptions Irès-réduiles, n'exerceront-elles pas sur cet établissement une sorte de pression f)resque irrésistible? Or, n'y a-t-il pas présomption (jue ce fait se renouvelleia souvent , (]uand on pense (pie du côté des croyances et de la conduite leligieuses, ces inspecteurs qui nous viendront on ne sait d'où, c'est l'inconnu; quand on pense que le pouvoir qui les nonnne, c'est non pas l'un des conseils, comme nous l'avions voulu, mais le ministre, c'est-à-dire l'élément politique par excellence, c'est-à-dire tout ce qu'il y a de plus incertain, de plus aveugle sur l'intérêt sacré qui nous incpiièle , et consé(|uemment le moins digne de conliance? On est bien forcé de l'avouer, c'est là dans la loi un vice profond, qui pourrait devenir menaçant pour la liberté en général , et spécialement poui- la libre expansion des croyances et des prali(pies chrétiennes?
Oui l'inspection, telle qu'elle est organisée, pourrait pai- sa nature devenir, même à l'égard d«'s élablisseuients libres, une sorte d'action indirecte, puissante et icdoutable. Malheuieusemcul ce sera peut-être assez souvent la tendance
des inspecteurs. Cependant n'esl-il pas vrai aussi que, même dans la situation donnée, il dépendra loujours du chef de l'établissement qu'il n'en soit jamais ainsi?
Ah! si ce chef est faible , s'il est complaisant , s'il spécule sur la visite de l'inspecteur pour accréditer sa maison, inévitablement il sera soumis non plus seulement à la surveillance, mais à l'action de l'État. L'inspecteur dirigera son institution tout aussi souverainement que si elle appailenait à l'instruction publique ; et dans le cas où cet inspecteur ne serait pas, au moins par ses procédés et ses discours, ce que doit être un catholique, le côté religieux pourrait à la longue souffrir dans cet établissement de funestes atteintes.
Mais si le chef est digne, s'il est ferme, s'il se mainlient dans son droit, tel que la loi le définit, l'inspection ne pourra jamais, surtout du côté (pu nous occupe, lui porter aucun piéjudice. Pour nous en convaincre, parcourons les points soumis à l'inspection dans les établissements libres.
Nous ne dirons rien de nijgiriic et de In sdlnhrilr. Cette partie de la surveillance se rapporte à des conditions matérielles auxquelles on peut loujours satisfaire sans maïupKM- à sa conscience. Seulement, nous convenons (pie la nouvelle loi ne fait pies(|ue lien gagner à la libellé sous ce ra[)poi t . Mais on ne peut pas être surpris que dans \\\\ sic'clc sensuel on soit exigeant pour tout ce
( 29 ) (jui se rapporte à la santé, et même au bien-être matériel.
Pour les infractions aux lois, nous avons dit qu'il serait toujours possible de trouver dans l'immense arsenal de notre législation des armes contre certaines doctrines catholiques; mais nous sommes sûr aussi qu'un chef d'établissement, en s'appuyant seulement sur la liberté des cultes, peut facilement avec de la fermeté déjouer ces manœuvres.
Reste la morale. Et c'est là le seul point qui pourrait causer quelque inquiétude; car, ainsi que nous l'avons fait remarquer, la philosophie sceptique ne comprend pas la morale comme la religion révélée. Mais aussi nous tenons à bien établir de quelle morale la loi a seulement voulu parler.
D'après la pensée unanime de la commission et du gouvernement, les inspecteurs n'auront à s.'occu])er que de cette morale naturelle et généjale qui est aujourd'hui reconnue par tous les peuples civilisés, parce que tous l'ont reçue du christianisme. Ils pourront, par exemple, avoir à s'encjuérir des piécautions prises pour les écoles qui renferment des enfants de différents sexes, (|uelquefoisde la disposition et du règlement des dortoirs, et bien plus encoie des cas d'immoralité dont certains maîtres se sciaient rendus coupables.
On peut soutenir que celle surveillance, en ce (|ui conceiiie les établissements libres, aurait dû
èlie laissée aux familles; seulemenl on comprendra que, dans le système de la loi, l'Elat devait v revendiquer une part. Mais dans tous les cas il est certain, et nous désiions ardemment que les cliefs d'établissements libies le sachent, qu'ils s'en souviennent, et qu'ils s'en servent au besoin ; il est très-certain que les inspecteurs n'auront ])as le droit de rechercher, bien moins encore de discuter devant les élèves aucune appréciation morale sur des (|uestions contestées qui peuvent tenir ou aux règlements religieux de la maison , ou à la direction des consciences, (juestions, encore une fois, que le monde comprend tout autrement que l'Évangile (i).
Si un inspecteur se permettait jamais en ce genre des investigations excessives ou des écarts dangereux, le chef de l'établissement pourrait s'y opposer, protester et se plaindre à qui de droit. Telle est, nous le répétons, la pensée de la loi, parce tjue telle a été l'intention de ceux qui l'ont faite.
D'après ces explications, n'est-il pas évident (jue l'Église, partout où son intervention sera réclamée, aura gagné en droit ce que l'État enseignant aura perdu en action ?
INous parlerons ailleurs de la surveillance des
(i) On a deniaïuh; si les inspecteurs avaient h' droit, dans nn «'tablissemcnt libre, d'interroger les élèves. Il esl certain que toute interrogation ayant luiiqucnu-nt pour but de connaître lacapacit»! des élèves et la foi ce des études de la n)aison est interdite au.\ inspecteurs; mais ils peuvent exiger qu'on leur monlre lis livres et les cahiers.
pelits s{'minairps, <jnc la loi iio confond pas avec celle (les établissements privés, bien moins encore avec les établissements publics.
Mais, avant de soilir de celte partie spéciale de notre exposé, on éprouve sans doute le besoin de savoir (|uel a été, en deliors de tontes les idées administratives de centralisation , le vrai motif, le motif actuel (|ui a fait ou conserver ou créer cette armée d'inspecteurs plus nombreuse que jamais. Est-ce mauvais vouloir? Est-ce défiance? INous allons le dire, et il est très-important qu'on le .comprenne, car c'est là, sinon la justification, au moins en fait , l'explication de tout le système de la loi.
Du mauvais vouloir, il n'y en a pas aujourd'liui contre nous de la part de ceux qui ont fait et soutenu la loi. Qu'il puisse renaître un jour, c'est ce que nous laissons au secret de Dieu ; mais qu'il existe maintenant dans leurs âmes, c'est ce que nous pouvons nier sur notre conviction profonde et nos observations réflécbies.
Quant à la défiance, non pas envers nous, mais envers la situation du pays, ob! oui, elle existe; et c'est elle qui a présidé à presque tout ce travail.
On nous a dit, et l'on nous a redit cent fois: « ^on, la liberté n'est pas à craindie entre vos mains, mais nous ne pouvons pas vous la donner entière sans l'accorder égale à d'autres qui ne la méritent pas, qui en feraient un usage pernicieux pour la société. Vous le voyez bien : les ennemis
de l'ordre sont nombreux; ils menacent le monde d'une calastroplie qui serait peut-être inouïe dans les annales du genre humain ; et nous savons que, parmi eux, se trouvent à tous les degrés des instituteurs de la jeunesse , c'est-à-dire, des hommes qui sont chaigës de former au bien les nouvelles générations, et qui, au contraire, les dressent au mal.
« Eh bien, nous disait-on, vous, prêtres, vous, apôtres de la vérité et de la vertu, vous ne devez pas plus que nous, vous devez dans un sens moins encore que nous vouloir que l'on tolère cet affreux désordre. Aidez-nous à conjurer ce fléau et à détourner ce poison mortel de ces enfants qui vous sont chers. Et comme nous ne pouvons le faire que par des mesures générales qui ne peuvent vous être destinées, bien (ju'elles semblent vous atteindre, laissez-nous foilifier cette organisation de la.surveillance, qui est aujourd'hui, plus (jue jamais, un devoir sacré pour les hommes d'État. »
Yoilà ce qui nous a été dit sur tous les tons et dans toutes les formes. Nous savons bien qu'il y a dans ce discours une partie qui ne porte pas avec elle sa preuve, c'est l'asstuance qu'on nous donne »|ue cette inspection ledoutable ne gênera jamais en rien nos libertés; mais il faut avouer qu'il y en a une autre qu'on ne peut révoquer en doute.
Qui oserait nier (|ue, parmi les insliluleurs a tous Us degrés, ne se trouve un des mobiles les
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plus puissanls de l'immense faction qui menace aujourd'hui le monde social? et qui oserait dire (m'en présence de cet effroyable péril, les gouvernements, qui, sous l'empire des constitutions modernes, ne peuvent pas prévenir le mal, n'aient pas au moins le devoir de chercher à le connaître, à l'effet de le réprimer?
Hélas! nous savons bien tout ce que l'on peut nous objecter. On nous dira d'abord que ceux qui nous demandent aujourd'hui ces moyens extraordinaires de surveillance et de répression ont été les premiers auteurs du mal, parce que , en affaiblissant à plaisir depuis tant d'années, en annulant autant (pie possible l'influence de la religion dans l'éducation publique, ils ont brisé le seul frein capable de retenir ces passions populaires qui menacent aujouid'liui de tout perdre, et que c'est de notre part une indulgence poussée jusqu'au ridicule de nous associer à des mesures odieuses pour guérir un mal que nous n'avons pas fait, et qui s'est fait contre nous. A quoi nous répondons qu'il importe peu de savoir d'où le mal est venu ; que dès lors qu'il existe, et qu'il entraîne avec lui des dangers publics, l'Église s'occupe à le guéiir, parce que telle est sa mission sur la terre.
On nous dira ensuite cpic ces mesures légales seront inefficaces, parce qu'elles sont toutes matérielles, parce qu'elles lestent à la surface des choses, parce qu'elles ne remontent pas à la source du n)nl. Kl nous reconnaissons (pi'en effet
elles sont telles; que vainement on surveillera la conduite matérielle de l'instituteur, (jue vainement on réprimera ses actes répréliensibles, si l'on n'améliore pas ses dispositions intimes; si à l'orgueil, à l'envie, à l'ambition, à toutes les passions désordonnées qui le tourmentent et l'égarent on ne substitue pas cette simplicité, cette abnégation, cet amour du devoir que la foi seule établit d'une façon solide et durable.
Ces vérités, grâce à Dieu, nous en avons l'âme pénétrée, et nous les avons exprimées cent fois. Mais nous sommes pourtant obligé de reconnaître aussi que cette amélioration morale, la seule vraie, la seule sûre, ne peut s'opérer que lentement; que ce remède sacré, auquel la loi ne nous empêche pas de recourir, sera plutôt un préservatif pour les instituteurs à venir qu'un moyen de guérison complète pour ceux qui malheureusement ont été formés dans un tout autre esprit. El cependant le temps presse, le mal gagne, le péril est partout; et, tout en n'ayant dans ces expédients humains qu'une très-médiocre confiance , pouvions-nous cependant refuser aux iiouvernements le droit d'user, dans des circonstances extrêmes, de ces lessources, très-imparfaites sans doute, mais qui sont les seules dont ils peuvent disposer?
Dans cette situation difficile et conq:)liquée, comme tout l'est aujourd'hui dans ce monde, il n'y avait que trois partis à prendre : ou bien dire aux lé^'islalcuis : \ Ous nous devc/ à nous, I^i,disc
catholi(|iie, et à tous ceux qui veulent l'oidre tel que vous l'entenclez, une liberté beaucoup plus ample que celle offerte pai' votre projet de loi : nous la voulons telle pour tous, (juoiqu'elle puisse alois devenir un danger public; — ou bien leur dire : Refusez la liberté à ceux qui doivent en faire abus, mais ne la refusez pas à ceux que vous savez être vos plus surs auxiliaires; — ou bien enfin subir, en faisant toutes réserves de droit, certaines gènes périlleuses pour les faibles mêlées à des libertés précieuses pour l'Eglise.
Trois partis entre lesquels il fallait nécessairement choisir, et que nous résumons en ces mots : — ou liberté presque illimitée pour tous, — ou liberté piivilégiée pour nous, — ou, enfui, liberté restreinte et tiès-surveillée pour tous.
Mais d'abord il nous a semblé que, pour des législateurs, le premier parti serait, dans les circonstances actuelles, une faute grave devant Dieu aussi bien que devant les hommes : pourrait-on en conscience vouloir qu'une société se livrât les yeux fermés à ses ennemis?
Le second parti était, au fond, le seul juste, de cette justice absolue dont Dieu seul est le vrai dispensateur, que les hommes peuvent quelquefois appliquer, quand les systèmes de gouvernement le permettent, mais que notre Constitution actuelle, à tort ou à laison, nous interdit formellement, comme un privilège.
Kestait donc cette triste nécessité de se résigner, dans lui iulérèt commun, à des entraves dé-
( 3«) claiées inutiles et injustes pour nous, reconnues nécessaires pour beaucoup d'autres, qu'on nous assure ne devoir être pour nous que nominales, mais qui cependant peuvent, dans des cas donnés, devenir fatigantes et funestes.
Nous le répétons : ce n'est pas la justification de la loi que nous exprimons ici, c'est simplement l'histoire de ce qui s'est dit et fait. Nous soutenons qu'on aurait pu atteindre le même but sans des moyens aussi compliqués, sans cette espèce de gouvernement nouveau dont les éléments sont en eux-mêmes antipathiques, dont les frais un jour seront énormes ; qui tend à soumettre les intérêts délicats de l'enseignement à la domination inintelligente et impitoyable de la bureaucratie; qui, maintenant, il est vrai, ne prétend dominer que l'enseignement public; ({ui, d'ailleurs, est tempérée, comme nous l'avons dit, par l'introduction de ce qu'il est convenu d'appeler les forces vives de la société; mais ([ui, par sa nature, par ses antécédents, par ses habitudes, tendra toujours à envahir le domaine de la liberté.
Non, cela n'était pas nécesaire. La surveillance confiée aux autorités locales ordinaires, les délits réprimés par les tribunaux communs, des jurys d'examen représentant tous les intérêts de manière à garantir l'impartialité pour tous sans autre condition de moralité que celles que l'on nous propose, tel pouvait être, et, selon nous, tel devait être le cadre de la loi.
Mais, nous le répétons, cela ne suffisait pas à la terreur inspirée par cette armée d'instituteurs primaires renforcés par les membres inférieurs de rinstruction secondaire qui, tout à coup, s'est dressée comme un géant terrible devant ceux-là mêmes qui l'avaient préparée sans le savoir, quoique nous les en eussions bien formellement et depuis longtemps avertis i i).
Le gouvernement a pensé , avec ceux qu'on appelle les hommes politiques, que, dans un tel péril, il ne devait s'en rapporter qu'à luimême, et plutôt que de dissoudre en les abandonnant à leur propre sort et au choix des communes, ce corps égaré des instituteurs, il a cru pouvoir les corriger et les transformer en les soumettant à une plus sévère discipline. De là tout ce système également appliqué à l'enseignement secondaire; de là tous ces conseils ; de là tout ce grand mécanisme d'inspection quis'expli-
(i) « Il est évident que des enfants élevés par des instituteurs habitués ù braver le prêtre , le braveront eux-mêmes. Il est évident que, n'étant plus maintenus par celui qui est chargé de les moraliser, et qui seul le peut par son action sur la conscience, ils se démoraliseront; et si c'est la loi qui consacre cet état de choses, il est clair que la loi favorise la démoralisation. Maintenant, que deviendront les campagnes, dès que i)crsonne n'y agira plus sur les consciences? que deviennent-elles déjà, à mesure que ce frein salutaire y est plus méconnu? Que révèlent au gouvernement la plupart de leurs opérations collectives ? L'instruction donnée sans morale ne les conduira-t-elle pas à un état pire que l'état sauvage ? » [Lihertf' d'enseignement, second examen, 18/44, 3*^ quest., § III.)
que par la crainte de trouver des complots partout, mais qui, sous l'implacable niveau d'une éi^alité odieuse, senible élendie le soupçon de rébellion contre les lois et de délit contre les mœurs, jusque sur les niaisons les plus inofrensives et les communautés les plus saintes.
Tel est donc le tort principal de la loi, telle en est l'origine, et tels en sont les tempéraments. Résumons :
L'enseignement de l'Élat, maintenu dans toutes ses instilulions publiques et dans tous ses j)riviléges financiers, mais le gouvernement de cet enseignement officiel profondément modifié dans le personnel de toutes les autorités (pii lui sont préposées; l'État ayant la présidence de tous les conseils et la partie executive de toutes les affaires, mais n'enseignant pas et ne pouvant, quant à l'enseignement donné en son nom, soilir des limites qui lui sont tracées par un conseil supérieui', dont nous parlerons plus tard, surtout en ce rjni concerne la part qui doit être faite au clergé; l'Etat pénétrant j)ar sa seule surveillance dans l'enseignement libr(> pour veiller aux intérêts de la société, et l'Eglise pénéliant dans l'enseignement de l'État pour y assurer la pureté des cioyances et la liberté religieuse: voilà tout ce svstème d'ensemble (jue l'on a appelé (ransnclioit^ ((lliduccy concordai^ et (|ui, do (jueUpjc nom qu'on l'appelle, est certainement le plus mauvais côté de la loi.
Cependant de toutes ces considérations réunies
( 39 ) peul-on conclme, comme on l'a objecté, que la loi consacre, fortifie, agrandit le fatal système de rr.tat enseignant?
La loi ne le consacre pas, puisqu'au contraire elle le change, puisqu'elle substitue, au moins en partie, la société à l'Etat, et puisqu'elle donne à l'Eglise une paiticipation à la direction même de renseignement officiel, sintout en lui reconnaissant son droit sacré sur les doctrines religieuses, quelque part qu'elles se trouvent,
La loi ne le fortifie pas, puisqu'au lieu d'une Lniversité indépendante et dominant tout, nous n'aurons plus qu'un enseignement de l'État surveillé, contrôlé, et jusqu'à un certain point dirigé par toutes les foices sociales.
Elle ne l'agrandit pas, puisqu'elle lui retranche tout ce qu'elle donne à la liberté et tout ce qu'elle laisse à l'action de l'Eglise.
Telle est la vérité des choses. Elle a été obstinément méconnue par les uns ; elle a été souvent exagérée par les autres : nous croyons avoir également évité ces deux excès. Cependant, nous l'avouons de nouveau , quoique cette partie de la loi puisse être jusqu'à un certain point justifiée, si la loi ne présentait d'autres avantages, nous l'aurions ceitainement et formellement rejetée.
Voyons donc maintenant les améliorations f|u'clle procure et du côté de la libellé et du côté de la religion.
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