RUE DO VIEUX-COLOMBIER
Ci-de*anl rue du Pot de Fer Saint-Sulpicc , n.
INSTRUCTION
mSTORlQUF, ET PRATIOIT.
SUR lA LOI D'EXSEIGKEMEIVT.
MeSSIFURS et CflERS COLLABORATEURS,
Par une disposition singulière de la divine Providence, des événements qui semblaient, au premier abord, devoir éloigner et Ie.^ peuples, et sui'lout les institutions publiques, de la religion, les en ont rapprochés.
l.a loi du i5 mars i85o non-seuleiuent a fait faire un premier pas à celte liberté d'enseignement (pie nous léclamions avec tant d'instances, mais elle a fait entrer le prêtre à tous les degrés dans la direction et la suiveillance de l'enseignement officiel.
Nous pouvions ne pas l'espérer, à raison des préjugés et des répugnances que l'on a depuis si longtemps répandus contre notre intervention dans les clioses humaines : el cependant la justice demandait qu'il en fût ainsi; car si, d'après le système actuel de nos lois, il est permis à chacun de choisir et d'exeicer librement son culte, il ne
peut pas être permis aux pouvoirs publics d'une grande nation de prélendip établir et gouverner, aux frais de tous, des juaisons d'éducation où la religion n'aurait pas la place qui lui convient. Or, la religion, il ne faut pas le méconnaître, n'agit que par l'action du prêtre.
Quoi qu'il en soit, Messieurs, la loi sur l'enseignement ajoute à l'autorité toute spirituelle de votre saint ministère, à l'égard des écoles de vos paroisses, un droit nouveau, moins saint et moins élevé sans doute, mais peut-être quelquefois plus efficace, auprès de ceux qui sont nialbeureusement habitués à ne pas assez craindre la justice divine.
Mais tout droit impose des devoirs , et nous avons pensé vous être utile en vous éclairant et en vous dirigeant dans l'accomplissement de ceux qui viennent de vous être imposés.
INous aurions pu nous borner à quelques avis sur le zèle et la prudence que vous devez mettre dans vos rapports avec les instituteurs de l'enfance. Mais tout se tient dans une loi; on n'en saisit bien les détails qu'autant que l'on en comprend tout l'ensemble. Et puisque Dieu nous a mis à même de suivre le lonsr travail d'où est sortie la loi qui nous occupe, et par là même d'en connaître à fond, à ce qu'il nous semble, le mécanisme et l'esprit, nous vous en donnons un commentaire beaucoup n>oins savant que pratique, où , sans trop nous préocciqier des sens divers qu'on peut attribuer aux mots dans la langue des jurisconsultes, nous déteinùnons celui que les législateurs ont certainement voulu leur donner.
(7) Nous n'avons pas besoin , Messieurs, de vous o\l)orter à lire alteiuiveinent et de consulter ensuite, au besoin, ce travail sérieux. Quand même vous n'auriez pas l'babitude de recevoir avec un respect filial les paroles de votre premier pasteur, Tinlérét journaliei' de votre ministère vous porterait ici à les recueillir et à les méditer.
LOI SIR l'EÎVSEIGlAEMEIVT.