X. I.XV — I.XXIV
(2) IV. Reg.. c. i. 6.
(H) S((/. 1. 1. Sut. VI. V. ,".
vouons d'étudier, mais encore ;\ toute une multitude d'autres questions i{ue nous avons traitées précédemment dans notre travail. Cette réflexion est celle-ci : Que l'Etat ne peut par lui-même avoir de règle fixe et certaine, au nom de laquelle il puisse se poser en juge dans les questions soit philosophiques, soit religieuses, et cela parce qu'il n'a pas de doctrine stable. En efïet, l'Etat n'est par lui-même, en dehors de ceux qui le gouvernent, qu'une idée abstraite. Il ne vaut que ce que valent les hommes d'Etat, c'est-à-dire les hommes qui représentent l'Etat. Or, les hommes d'Etat sont variables dans leurs idées; par suite, l'Etat est variable aussi, et n'offre aucune garantie dans la sphère des questions dont nous venons de parler. Les Elats restent, mais les gouvernements sont changeants; ils disent, au nom de l'Etat, tout ce qui leur traverse l'esprit ou satisfait leurs passions. L'Etat a été successivement Antiochus. Denys le tyran. Hérode, Néron, Dioclétien, Julien le renégat, Robespierre. Dès-lors, quelle garantie peut-il donner à ses décisions doctrinales, lui qui peut devenir tout ce que Ion veut, et même tout ce que l'on ne veut pas, et même tout ce que l'on ne doit pas vouloir ? Avant de se poser en docteur ne faudraitil pas préalablement avoir une doctrine?