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SITUATION DE L*JNI»U8TRIB PARISIENNE

d'autres. L'histoire nous apprend que plus d'une fois l'industrie des Français, repoussée de France, est allée enrichir les industries étrangères. C'est un accident qui n'est arrivé à aucun autre peuple, depuis l'expulsion des Morisques d'Espagne.

Revenons à Paris. On propose comme remède à la crise d'activer les travaux publics. Ce serait justement augmenter la cause du mal. En effet, ces travaux absorbent peu utilement tout au moins des capitaux considérables, ce qui tend à élever le taux de l'intérêt au détriment des salariés. Ces travaux détruisent des logements d'ouvriers et augmentent l'immigration d'ouvriers de bâtiment, qui viennent ajouter à la demande de tous les objets de consommation nécessaires aux ouvriers. Cette immigration est une cause très-active d'enchérissement de tous les objets dont les ouvriers ont besoin, et cet eiffhérissement équivaut à un abaissement des salaires. Nous ne parlons pas de l'impôt. Il est vrai que les ouvriers d'état de l'industrie parisienne en général pourraient .éviter le mal en se jetant dans le b&timent. Mais est-ce praticable? Nous ne le croyons pas. En tout cas, il vaudrait mieux pour la communauté, comme pour eux, qu'ils continuassent à être occupés dans les professions qu'ils connaissent et où ils peuvent rendre les services les mieux rétribués.

Paris a été jusqu'à ce jour une ville d'industrie et de travail : c'est par l'industrie principalement qu'il a acquis son importance etle haut rang qu'il occupe dans le monde. Des travaux publics, poussés à outrance, auraient pour effet delà transformer en une ville de plaisir, en un paradis de millionnaires, où les services de luxe abonderaient, mais

OÙ rindustrie régulière n'aurait plus de place et se trouverait en quelque sorte étranglée. Une telle transformation ne nous semble nullement désirable, lors même qu'elle serait réalisable, et nous doutons qu'elle pût être effectuée sans les plus graves inconyénients.

Une plus grande activité imprimée aux travaux d'embellissement de la ville de Paris aggraverait le mal au lieu d'y porter remède. L'activité de ces travaux est au moins trèssuffisante, et elle a certainement une part d'influence dans la crise dont souffre actuellement l'industrie parisieDue. A notre avis, il «vaudrait mieux ralentir les travaux que les accélérer. Nous aimons mieux voir les étrangers fournir, par leurs commandes, du travail aux patrons et ouvriers parisiens, que de voir l'administration employer en démolitions et en maçonnerie les produits de l'impAtet ceux du crédit. •

IV" 4U — l«e mowement des Salaires.

Les efforts dans le but d'obtenir une hausse du salaire des ouvriers continuent et se généralisent de plus en plus. 11 ost peu de corps d'état dans lesquels on n'ait demandé, avec plus ou moins de succès, une augmentation du salaire ou une diminution des heures de travail, et quelquefois même l'un et l'autre. Bientôt il ne restera plus dans les villes que les hommes de peine qui n'aient fait aucun mouvement général. Quant aux salariés des campagnes, ils n'ont eu besoin ni de se concerter ni de s'agiter : Taug-

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