S GRÈVES
pareille, et elle présente des avantages considérables. Nous avons signalé les principaux de ces avantages : on discute, on s'instruit, on se modère. Il y en a un autre qui est très-grand, c*est que chacun prend et porte la responsabilité morale de ses opinions et des propositions qu'il fait. Il y en a un autre, considérable aussi, c'est qu'en prenant des résolutions on se compte : chacun se trouve en face d'une majorité dont il connaît le chiffre et le poids, au lieu de se trouver en face d'une unanimité supposée; il reste, par conséquent, plus libre. - Ces considérations ne s'appliquent pas seulement aux réunions qui auraient pour objet les intérêts d'un corps d'état; elles s'appliquent à une inûnité d'autres. Il nous semble indispensable que dans un temps assez prochain , le droit de réunion publique, sans autorisation préalable, soit consacré par une loi. Ce serait un des moyens les plus efficaces'd'entretenir la paix et la concordé, en même temps que de répandre les lumières sur toutes les questions.
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On n'a peut-être pas encore oublié la grève des cochers et celles de quelques corps d'état dont le public s'est occupé un moment. Aujourd'hui, elles sont terminées, et tous les services ont repris comme à l'ordinaire ; on dit volontiers que tout est fini. Nous croyons que ceux qui parlent ainsi se trompent, parce que nous ne voyons pas la fin des sentiments, des idées, des prétentions qui enfantent
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les grèves. M. Ducoux, écrivant aux journaux dans Tivresse de son triomphe, disait hautement que la Compagnie qu*il dirigeait venait de gagner une grande balmUe : le mot était juste, mais nous doutons qu'il soit de nature à amener la fin de la guerre, et nous craignons que, tant qu*on parlera ce langage, les hostilités continuent.
Quoi qu*il en soit, les esprits sont assez calmes aujour* d'hui pour que cette grosse question des grèves puisse être examinée utilement.
Que les ouvriers et employés en général désirent obtenir une augmentation de salaire, c'est un sentiment que nui ne peut bl&mer, et il est naturel qu ils emploient les moyens les plus propres à leur faire atteindre le but ; mais il ivàporte qu'ils ne se trompent pas sur la nature et la portée de ces moyens, parce que, s'ils se trompent, ils se nuisent à eux-mêmes et nuisent souvent à autrui.
Les grèves séduisent naturellement l'intelligence de l'ouvrier et de l'employé, parce que, c'est un moyen sinopleet qui semble aller droit au but. Elles séduisent davantage encore lorsqu'elles ont été longtemps défendues par une législation tyrannique : on n'en a pas fait l'expérience, et on a de la peine à se figurer que les lois anciennes aient décrété des prohibitions et des peines gratuites.
Cependant, nous sommes persuadé que les grèves ne sauraient jamais être utiles aux ouvriers ou employés, ni être la cause d'une augmentation de leurs salaires.
Qu'est-ce que la grève? La cessation d'activité des ouvriers ou employés d'un corps d'état, à la suite d'un concert préalable et de réclamations repoussées par les patrons. En cas de grève, tous les ouvriers ou employés d'un