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dit qu'elle ne changeait jamais, non-seulement dans ses dogmes, mais même dans ses "prétentions et lions sa conduite. Dans quels documents, dans quels livres est donc écrite l'histoire que M. te comte de Montalemberi nous déroule ici? Certainement ce n'est pas là l'histoire que chacun de nous a apprise. Il a dit hier, en citant je ne sais quelle anecdote, qu'elle était tirée de l'histoire qu'on apprend dans l'enfance avant d'être livrés à l'Université. S' est -il donc arrêté à celle-là? Mieux aurait valu étudier ensuite L'histoire que l'Université enseigne, qu'elle enseigne sur les traces de \ ico, sur les traces de Bossuct — Et je pourrais ici ajouter un troisième nom, si l'amitié aussi n'avait sa timidité et sa pudeur.
Quoi, l'Eglise n'a jamais changé! L'Eglise a une intelligence bien plus haute, une habileté bien plus grande, une prudence bien plus consommée que celles que M. le comte de Monlalcmbert lui prête. (Très-bien! très-bien! Rires approbalifs.)
L'Eglise n'a pas commencé par vouloir s'immiscer dans le gouvern< nient des choses de ce monde. Plus tard, elle l'a voulu, elle s'en est mêlée, et plus tard encore elle a cessé de le vouloir. (Très-bien !)
Et l'h'glise a ou parfaitement raison de s'en mêler à une certaine époque, parce que le gouvernement des choses de ce inonde appartient à ceux qui savent, et qu'alors l'Eglise seule savait; les laïques ne savaient rien, ils ne connaissaient que la force, la force la plus brutale. Nouvelle approbation.)
El vous venez dire que l'Eglise ne change jamais de conduite ! Mais, .Monsieur, l'église, dans le pays qui m'a vu naître, seconda au moyen Age les libertés populaires.
M. le comte <le Montalembèrt : Elle le? a secondées partout.
.1/. Iiossi : Et elle fit bien, parce que dans ce temps-là, ce qui importait, c'était de mettre des bornes à la féodalité, à cette tyrannie qui paralysait tous les progrès des peuples.
Plus tard, l'Eglise est venue au secours du principe monarchique, et elle a encore très-bien fait, parce que le principe monarchique était pour }es Etats un principe d'unité, d'ordre et de grandeur, et par là une cause efficace de puissance et de civilisalion. (Très-bien! très-bien!)
Eh, Messieurs, faut-il donc faire ici un cours d'histoire pour prouver que l'Eglise a su toujours, dans sa conduite extérieure, tenir compte des faits, qu'elle a suivi avec une admirable prudence et une grande sagacité, les phases de la vie sociale, et qu'elle a su y adàptêr son action et son influence! Telle est la vérité. Qu'on ne vienne donc pas nous présenter l'Eglise comme s'obs-
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linant dans une routine aveugle, comme ne tenant aucun compte des laits extérieurs et prenant les hommes pour des êtres condamnés a une immobilité absolue. Non, elle connaît mieux les lois de la Providence. La Providence , qui a fait les hommes et la société perfectibles, leur a prescrit le changement et le progrès ; dès lors, la conduite de l'Eglise devait nécessairement changer, pour ne pas se trouver en opposition avec les lois de la Providence . (Marques d'approbation.)
Messieurs, je vais plus loin, j'ose prédire que l'Eglise changera encore.
Je ne suis pas de ceux qui s'étonnent, qui s'irritent de ce qu'un nombre plus ou moins considérable de membres de notre clergé commet, je le dirai, des erreurs, qu'il se trompe. Qu'y a-t-il là d étonnant? C'est pour la première fois 'que l'Eglise se trouve en présence d'un gouvernement représentatif, permanent, régulier; d'un gouvernement qui, en maintenant l'ordre, sait développer en même temps, dans leur juste mesure, toutes les libertés publiques. Je ne suis pas surpris qu'en présence de ce grand fait social, de ce fait nouveau, l'Eglise éprouve un moment d'incertitude, d'embarras, et que quelques-uns de ses membres tombent dans l'erreur. Quand aurait-elle fait l'expérience du gouvernement représentatif? Où aurait-elle appris tous les secrets de la situation actuelle? Est-ce en Angleterre, dans la patrie du test? Est-ce en Irlande, au milieu de la servitude des catholiques? Est-ce dans les années qui ont suivi la révolution de 1789? Hélas! ces terribles années, qu'ont-elles pu apprendre au clergé, si ce n'est la résignation et le martyre? (Nouvelle et vive approbation.)
Est-ce sous l'Empire? L'Empire sans doute honorait l'Eglise; le Consul avait relevé les autels, l'Empereur tendait sa main puissante au clergé. Peut-être aussi le clergé oublia-t-il trop alors que l'encens prodigué hors du sanctuaire trouble et aveugle T esprit des faibles mortels. (Très-bien! très-bien!)
Est-ce sous la Restauration? Sous la Restauration encore, une partie du clergé commit une erreur capitale en rêvant un autre temps, et en croyant pouvoir faire du Roi de France rot clerc. Vous en connaissez les suites, suites qui seraient les mêmes encore si la même erreur, grâce à Dieu impossible aujourd'hui, pouvait se renouveler.
Le clergé ne s'est donc trouvé placé devant un gouvernement représentatif régulier, sérieux, solidement établi, voulant développer sincèrement toutes les libertés publiques, que depuis la
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révolution de 1830. Dès lors, ne soyons pas trop impatients; imitons Rome, qui est patiente, non-seulement avec ses adversaires, mais aussi aver se- i nfants et ses amis. (Mouvement approbatif. ) Elle tolère longtemps leurs erreurs; puis le jour arrive on elle les ramène à la vérité, à l'ordre et à la paix. Même mouvement.)
J'ai l'intime eonvietion que ce jour arrivera, et que les difficultés qui nous entourent trouveront leur solution, une solution raisonnable et pacifique, d'abord et avant tout par la ferme volonté et par le.hon sens du pays, par l'intervention prudente et érlairee des pouvoirs de l'Etat, et puis aussi par les conseils du chef suprême et vénéré de la catholicité. Il comprendra la nécessité des temps modernes dans les tjourernements représentatifs , rommi l'Et/lisr a toujours compris, je le repète, toutes les nécessités sociales au sein desquelles elle s'est successivement trouvée. (Marques générales d'approbation.)