‹ Libertés de l'Église gallicaneChapitre 131 sur 153 · CONTRE LES JÉSUITES. L · texte numérisé non relu

CONTRE LES JÉSUITES. L

d'une manière subreptice et qu'on s'efforçait de dissimuler. Pour le prouver, je vais vous donner un extrait de l'enquête qui fut faite à cette époque et qui est constatée dans les actes de la commission instituée en 1828 :

« Ces prélats avouent que dans leurs diocèses leurs petits séminaires (au nombre de huit) sont diriges par des membres de la compagnie de Jésus. Dans le public, on leur donne le nom de jésuites; ils ne prennent pas ce nom, dit l'un de MM. les évoques, Mot! ils ne le refusent pas; ils n'en ont adopté aucun (taie* rjuales). Du reste, ces prélats conviennent uniformément que ces prêtres, appelés jésuites, suivent en efjèt la règle d'Ignace ; mais, disent-ils, c'est pour leur régime intérieur... pour leur utilité propre. . . C'est une association intime, purement spirituelle, et seulement pour le succès de l'œuvre à larjucllc ils sont attachés. Nous les avons appelés, disent encore ces prélats; ils sont approuvés par nous. Je les ai adoptés, dit l'un; je me félicite de 1rs avoir appelés dans mon diocèse, dit l'autre; tous enfin, en parlant des jésuites , qui dirigent leurs petits séminaires, ajoutent : C'est de nous e/u'ils tiennent leurs pouvoirs. »

En présence de ces faits, on a répondu, en 1828, que les évèques s'abusaient sur leur pouvoir, s'ils croyaient que leur autorisation suffisait. Une bulle du pape ne suffit pas pour introduire les jésuites en France, s'il n'y a pas de loi qui les autorise. Lue permission d'évèque ne pourrait autoriser en France ce qu'une ordonnance formelle du roi ne pourrait pas autoriser; car il faudrait une loi qui le permit, avant qu'une ordonnance pût autoriser les jésuites, et, puisque les lois le défendent, personne ne peut dispenser de leur exécution. C'était donc, de la part des évêques, une erreur de droit. Aussi les ordonnances de 1828 ont donné un démenti à cette logique; on a exclu les jésuites de la direction des séminaires. Depuis la révolution de juillet, et pendant douze ans en France, les jésuites, s'ils étaient restés de fait , n'avaient révélé leur existence par aucun éclat. Depuis trois ans en était-il de même?

Non, messieurs; après avoir grandi dans l'ombre, on s'est cru assez fort pour paraître au grand jour; des consultations ont été rédigées pour prouver la légalité de l'existence des jésuites ; on a prétendu qu'ils n'ont pas besoin de la permission de la loi, que cette liberté résulte de plein droit de la charte ; on a publié des livres dans lesquels on révèle l'institut des jésuites, où l'on dit à quelles conditions on devient jésuite, et où l'on professe le principe de l'obéissance absolue. C'est à ce point que l'auteur

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