‹ Libertés de l'Église gallicaneChapitre 137 sur 153 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

SUR LE MANDEMENT ET l'oRDONN ANCE QUI PRÉCÈDENT.

Aux attaques contre mon Livre, attaques aussi violentes qu'inconsidérées, j'oppose mon Livre lui-même et les actes solennels de législation qu'il renferme, et qui lui servent de fondement.

En le publiant, j'ai usé de mon droit, comme citoyen, comme jurisconsulte, et comme magistrat.

Je ne prétends pas que tout le monde ait dû être de mon avis sur tous les points; plus que jamais, à l'époque où nous vivons et sous un régime de libre examen, la controverse est permise. . .. Tradidit mundum disputationibus eorum.

D'ailleurs, je reconnais encore que lorsque des évêques croient sincèrement que les doctrines consignées dans un livre offrent des dangers pour leurs ouailles, ils peuvent les prévenir par des lettres pastorales et des avertissements. C'est là de la critique, de la controverse permise.

Mais s'ensuit-il, en la forme, que, sous un régime qui a vu prononcer l'abolition de tous les tribunaux ecclésiastiques, et qui n'a pas voulu les rétablir; un prélat, même cardinal, puisse, aujourd'hui comme autrefois, ériger à huis clos dans son palais un tribunal d'où il prononce des condamnations in forma judicii contre des livres et contre leurs auteurs, comme s'il était juge souverain de la presse, et directeur général de la librairie? .. . — Je soutiens que non.

Au fond surtout, ce que je signale comme un révoltant abus de pouvoir, c'est le subterfuge à l'aide duquel, sous le prétexte apparent de condamner un livre, on n'a en réalité attaqué et condamné que les lois et les maximes les plus certaines du pays de France.

En effet, ce que M. de Bonald attaque dans mon ouvrage, ce ne sont pas des doctrines qui soient de mon invention, des opinions qui me soient personnelles, des opinions qui n'existeraient pas si je ne les eusse mises en avant.

Ce qu'il attaque, c'est notre droit, ce sont nos lois.

Ce sont les articles des libertés de l'Eglise gallicane rédigés par P. Pithou, dédiés à Henri IV, et que le chancelier d'Aguesseau appelait le palladium de la France.

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