‹ Libertés de l'Église gallicaneChapitre 138 sur 153 · OBSERVATIONS SI H LE MANDEMENT · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SI H LE MANDEMENT

Ce qu'il attaque, c'est la Déclaration de 1682, œuvre du clergé de France, rédigée par Bossuet, sanctionnée par Louis XIV, par la Sorhonne, et par toute la Magistrature de France.

Ce qu'il attaque, c'est la loi organique de germinal an X, qui a rétabli parmi nous le culte catholique, qui régit ce culte depuis plus d'un demi-siècle, et sans laquelle (si, comme le fait le mandement, on la foulait aux pieds) tout serait anarchie dans l'Eglise et dans l'Etat.

Voilà ce qu'on a attaqué, voilà ce que j'ai défendu !

Si tout ce qu'on a attaqué ainsi était en soi condamnable, que ne s'attaquait-on de suite au Bulletin des lois? Pourquoi attendre que ces textes fussent réimprimés dans le Manuel? S'il y avait tant de danger dans cette publication, pourquoi a-t-on gardé le silence sur la première édition? Pourquoi même se taire à l'apparition de la seconde? Pourquoi enfin, en présence d'un tel fléau, s'il importait si fort d'en arrêter le cours, un mandement dressé et imprimé en novembre 1844 n'a-t-il été divulgué qu'en février 1845, après un intervalle de trois mois?...

Evidemment, on a hésité,... on ne pouvait se dissimuler que c'était un coup de parti, suggéré par un parti; une attaque contre les lois et les droits de l'Etat; on sentait qu'en voulant susciter des affaires aux autres, on allait s'en attirer à soimême!....

En effet, le gouvernement n'a pu s'y méprendre. Malgré sa condescendance habituelle, souvent poussée très-loin, il n'a pu rester impassible. Après deux conseils des ministres tenus à cette occasion,, le mandement de M. l'archevêque de Lyon a été déféré par le garde des sceaux au conseil d'Etat, sous la forme d'appel comme d'abus. M. de Bonald en a été informé officiellement; il n'a tenu qu'à lui de produire ses justifications.

L'examen et le rapport de l'affaire ont été confiés au président même de la section de législation, à M. Vivien, ancien ministre de la justice et des cultes, aussi justement renommé pour la droiture de son jugement que pour la modération de son caractère; et le conseil d'Etat, à une majorité que la Presse a signalée comme ayant été de 44 voix contre 3, a facilement reconnu, et solennellement déclaré : que le prélat avait excédé ses pouvoirs, et commis un véritable attentat aux libertés, franchises et coutumes de l'Eglise gallicane consacrées par des actes de la puissance publique; et son mandement a été supprime.

Le conseil d'Etat, en se bornant à une déclaration d'abus, a

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