OBSERVATIONS
certainement usé d'une grande indulgence; il aurait pu aller plus loin
Comment a-t-on reconnu cette indulgence ! Par de nouvelles bravades contre l'autorité souveraine. Le parti qui avait suggéré le mandement, n'avait garde d'acquiescer à la chose jugée; il a fait dire au prélat qu'une cause jugée par le conseil d'Etat n'était pas une cause finie
On a donc continué le combat. On a obsédé les autres évêques; tous devaient, disait-on, se grouper autour du cardinal-primat. Des adhésions provoquées par des agents de l'ultramontanisme, quelques-unes même avec menaces, ont été enregistrées avec éclat par le journal qui sert de principal organe à ce parti. La plupart cependant n'ont été que mentionnées, sans doute parce qu'elles étaient conçues en termes moins explicites qu'on ne l'aurait désiré. Des refus courageux n'ont pu être surmontés. De doctes prélats ont mieux aimé en appeler à la science et publier des ouvrages didactiques où ils ont exposé leurs propres opinions, se confiant aux effets d'une libre discussion. Quelquesuns se sont bornés à interdire la lecture du livre à leurs prêtres , disant que le Manuel ne pouvait être le Manuel des curés. En effet, c'est surtout le Manuel des laïques, jurisconsultes, magistrats, hommes publics; de tous ceux enfin qui prennent à tâche, ou qui sont particulièrement chargés par le titre de leurs fonctions, de défendre le gouvernement temporel, la vraie et pleine souveraineté de l'Etat, contre les entreprises qui seraient essayées au nom de l'ordre spirituel. C'est à eux qu'il est particulièrement dédié. Que d'autres s'abstiennent de le lire, s'ils ne l'osent pas, si on le leur défend, et si l'on craint pour eux qu'ils ne se laissent entraîner par la logique des lois les plus respectables et par l'influence des plus grands faits de notre histoire!... toujours est-il, qu'au milieu de ce tourbillon que l'intrigue a élevé autour de chaque évêque, de ce mouvement qu'on a essayé de communiquer à l'épiscopat tout entier, de cette obsession qu'on a fait peser sur tous et sur chacun; toujours est-il, que l'attention publique a été justement éveillée, et qu'il est devenu plus que jamais nécessaire de lui donner des armes pour se défendre. — Voilàpourquoi la troisième édition du Manuel ayant été promptement épuisée au moment où le Mandement a paru, j'en ai donné immédiatement une quatrième ; et je publie aujourd'hui la cinquième, à ce qu'on m'assure, impatiemment attendue.