ACTE TROISIÈME
FABIENNE,
Moi aussi j'aurais bien des choses à vous dire. Je me préparais depuis si longtemps pour l'heure où vous avoueriez que vous m'aimez! Mais sacrifions encore quelques jours, s'il le faut.
JEAN
Tout ce que vous me demanderez, tout ! Je n'ai pas d'autre volonté que la vôtre.
FABIENNE.
Vous avez préoccupé mon père en lui disant que vous n'entendrez jamais rien aux choses de finance.
JEAN
J'étudierai, je le lui ai promis.
FABIENNE.
Voulez- vous que nous travaillions ensemble?
Si je le veux I Certes, je le veux.
FABIENNE.
Préparons le rapport. Vous trouverez facilement de jolies phrases. Vous avez un style si élégant et si clair!
JEAN
Mais quand on ne sait pas ce que Ton veut dire?
FABIENNE.
Vous avez des notes en marge.
JEAN, regardant.
Oui... a glisser... glisser... glisser.»
Îàsienne.
Eh bien, vous glisserez, ce n'est pas une affaire.
JEAN
« Présenter sous un jour favorable. »
FABIENNE.
Ah!
JEAN, lisant.
« Notre premier établissement a été enlevé par une trombe. » Présenter la trombe sous un jour favorable!
FABIENNE.
Oui, ce n'est pas commode. Mais il doit y avoir autre chose, ne vous découragez pas. Relisons les pièces attentivement.
JEAN
Oh ! je veux bien !
Us sont penchés tous les deux sur les dossiers, leurs têtes se touchent presque.
FABIENNE, après un silence.
Savez-vous ce que je vous demanderai? Au lieu de faire un voyage en Italie ou eh Hongrie, comme c'est la mode, nous irons passer deux mois à Hérouville.
JEAN
A Hérouville ?
FABIENNE.
C'est vous qui me recevrez.
JEAN
Vous n'avez que des pensées charmantes.