SCÈNE XI
Les Mêmes, LE GÉNÉRAL, JEAN, puu
FABIENNE.
LE GÉNÉRAL, entrant avec Jean.
Eh bien, je vous le ramène. . . Il paraît qu'on vous porte aux nues maintenant. Que s'est-il passé?
FERNÀND.
Je vais vous le dire : je ne suis plus un pauvre naïf auquel on jetait la pierre; je ne suis plus l'honnête maladroit qu'il fallait écraser. Je viens de manœuvrer avec une adresse merveilleuse, j'ai joué une comédie habile pour mener à bonne fin un immense coup de bourse. C'était un faux désespoir, c'étaient de fausses larmes. Il s'agissait de faire des dupes. J'y ai réussi, et ces messieurs, qui sont de braves gens, m'admirent, et si j'allais à la bourse en ce moment on me porterait en triomphe. Voilà où je suis tombé. Je ne peux même plus faire acte d'honnête homme.
LE GÉNÉRAL
Mais c'est abominable, ça ; nous ne pourrons plus serrer la main à ces gens-là.
ROBILLON, avec éclaU
Mais de quoi diable vous plaignez-vous, à la fin ! Vous relevez par miracle une affaire tombée!
FER N AND, furieux.
Est-ce que vous ferez que je n'aie pas menti ? Est-ce que vous ferez que les concessions existent ?
ROBILLON, ayec calme.
Je les ai.
FERNAND
Heinl
ROBILLON.
Je les ai depuis vingt minutes.
BELBON, furieux.
Et VOUS ne le dites pas ?
ROBILLON.
Je réserve cet effet pour la bourse de demain.
FERNAND
Que me dites-vous ? Soyez clair, je vous en prie .
J'avais écrit à Belgrade que le marquis de Lérins devenait président de notre société. On m'a répondu immédiatement : « Concessions accordées, le décret est signé. » Lisez !
Fabienne parait à droite, Jean Tient à elle et la met au courant.
FERNAND
Mais alors. . .
ROBILLON.
Alors, nous n'avons trompé personne. J'étais sûr que nous les aurions.