ACTE PREMIER
BONARDEL.
Personne ne vous contredira.
fërnând.
Beaucoup de mes amis, et de mes meilleurs, n*ont pas compris mon mariage, parce qu'ils se plaçaient à un autre point de vue... j'étais veuf, j'avais une grande fille. Eh bien, c*est pour elle que je me suis remarié. Aussitôt que Fabienne a eu quinze ans, j'ai tenu à la retirer de pension. C'est une idée à moi, et j'ai voulu rompre violemment avec toutes mes anciennes relalions. . . Seulement, je n'étais pas capable de faire ce qu'on appelle un mariage de raison, il m'y fallait un grain d'amour; j'y ai mis une vraie passion.
BONARDEL.
C'est un peu votre habitude.
FËRNAND.
Oui, j'ai eu quelques enthousiasmes passagers.
BONARDEL.
Vous avez encore dans le bras droit une coquine de balle que je n'ai jamais pu extraire.
C'est un souvenir de Valmeyrac.
BONARDEL.
Qui ne voulait tuer que sa femme.
FERNAND
Pas davantage.
BONARDEL.
Et le coup d'épée sous la septième côte ?
FERNAND
Ça, c'est un duel, je n'ai rien à dire.
BONARDEL.
Avec M. de fialagny ?
FERNAND
Non, je ne me suis jamais battu avec Balagny, c'était mon meilleur ami.
BONARDEL.
Oui, il est mort content, lui. Savez-vous que sa veuve s'est remariée?
FERNAND
La belle Olympe ?
BONARDEL.
Avec un M. Belbon.
Une blonde ravissante.
BONARDEL.
L'avez-vous aimée, celle-là ! (n s'usied.) J'en citerais d'autres...
FERNAND
Eh bien, je ne me suis jamais senti sous le charme comme le jour où j'ai vu miss Harfeld pour la première fois dans une famille américaine. Elle était seule en France avec une vieille grand'raère qui mourait de