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Avec l’invasion du fils de Philippe cessa le repos sans gloire dont avaient joui les enfants de Juda sous l’autorité, presque nominale, des rois de Perse. Ou sait que le brillant météore ne tarda pas à s’éteindre et que la vaste monarchie éclata en fragments énormes. Un des lieutenants d’Alexandre fonda dans la nouvelle capitale de l’Égypte, à Alexandrie, la dynastie royale des Ptolémées, à laquelle il donna le nom de son père, Lagits; un autre, eu Syrie, inaugura le règne des Séleucidcs. Dès lors, comme au temps d’un Rhamsès ou d’un Sennachérib, l’Egypte et la Syrie se firent des guerres incessantes, et la Judée fut tour à tour leur champ de bataille et leur proie. Le premier des Lagides, Ptolémée Soter, prit Jérusalem sans coup férir en 320, et transporta, suivant l’usage, beaucoup de Juifs en Egypte et en Cyrénaïque. A Alexandrie, où le fondateur lui-même avait déjà amené un grand nombre d’Hébreux, ils reçurent des privilèges égaux à ceux des sujets primitifs du Macédonien. C’était le temps où des Grecs, vivant à Alexandrie dans la cour savante des Ptolémées, furent saisis de curiosité en y trouvant des descendants d’Abraham, des disciples de Moïse, et les flrent connaître au monde dans des écrits, mêlés d’erreurs et de fables; tel fut Hécatée d’Abdère; tel se prétendait Aristée, qui raconta dans un livre mensonger que Ptolémée Philadelphe, d’après le conseil de Démétrius de Phalères, aurait fait traduire en grec le Pentateuque par soixante-douze vieillards, six pour chaque tribu, choisis par le grand prêtre Eléazar. Le Thalmud et saint Justin martyr ajoutent même que chacun des soixante-douze interprètes, enfermé dans une cellule à part, en sortit au bout de soixante-douze jours avec sa version, et que, par l’efletde l’inspiration céleste, leurs soixantedouze traductions se trouvèrent absolument identiques. Tout ce qu’il y a de vrai dans ce mythe répandu jusque chez les Samaritains et avidement adopté parmi les Juifs devenus Grecs (ou Juifs Hellénistes) qui ne comprenaient plus le texte
hébreu, c’est que les livres de Moïse furent traduits en grec à Alexandrie, probalilcment sous Ptoléniée Philadelphe, et que le reste de la Bible le fut peu à peu par des mains très-différentes et avec des talents très-inégaux. Ces versions diverses, avec quelques autres livres qui n’existent pas en hébreu (appelés apocryphes) forment la Bible grecque connue universellement sous le titre des Septante. La traduction est très-remarquable dans quelques-unes de ses parties, et se rapproche parfois, pour le Pentateuque, du texte samaritain plus que de la Bible hébraïque. Quant au livre de Daniel, il est si mal traduit et surchargé de tant de puériles additions, que d’un commun accord on l’a remplacé dans les éditions modernes, par une version plus fidèle.
Tandis qu’Alexandrie servait d’intermédiaire entre lathéologie mosaïque et l’esprit philosophique de la Grèce, les scribes de Palestine poursuivaient le développement de leur système national. Siméon le Juste eut un disciple très-célèbre et très-israélite de tendance, malgré son nom grec, Antigone, originaire de Soco, petite ville de Judée. 11 paraît qu’après s’ètre initiés à la sagesse des Grecs, quelques Juifs s’étonnèrent de ne pas trouver enseignée dans les livres de Moïse l’immortalité de l’ànie. Antigone leur répondit qu’ «il faut pratiquer le bien pour lui-mème, non pour être récompensé ».
Un de ses disciples, Tsadok ou Saddoc, alla plus loin; il nia les récompenses et les châtiments de la vie future, et son nom (selon la Michna) fut donné plus tard à la secte matérialiste des Sadducéens, qui devint rennemie et la rivale des Pharisiens, mais qui s’unit à eux contre Jésus.
Le ])ouvoir des rois gi'ecs de l’Lgypte dura environ un siècle en Judée. Plusieurs d’entre eux traversèrent Jérusalem, dans leurs luttes incessantes avec les Séleucides. Ptoléniée Evergètes offrit au temple des sacrifices et de riches présents. Une tradition populaire rapporte que Ptolémée Philopator,