LiiiuEs Études
voulant pénétrer dans le lion saint, tomba à la renverse, saisi d’une mystérieuse terreui'.
On vit, sous les règnes des Lagides, le neveu d’un grand prêtre se faire donner, à la cour d’Alexandre, la ferme générale des impôts de sou pays, y rentrer à la tête de deux mille soldats égyptiens, punir de mort les récalcitrants et percevoir ensuite paisiblement, pendant vingt-deux années, les revenus de quatre provinces, la Phénicie, la Cœlésyrie, la Samarie et la Judée. Ce scandaleux personnage, nommé Joseph, laissa sept fils dont le plus jeune, Hyrcan, trop favorisé par lui et par le roi d’Égypte, disputa les armes à la main, à ses aînés, la charge paternelle; la Judée fut, à cette occasion, le théâtre d’une guerre civile; Hyrcan, vaincu, se fit construire, près d’Hesbon, un fort qu’il nomma Tyr et d’où il pilla le pays pendant de longues années, exactement comme l’ont toujours fait et le font encore de nos jours certains émirs à l’orient du Jourdain, ou comme le firent au moyen âge bien des brigands féodaux.
Après une série de vicissitudes où la Judée eut à souffrir de mille manières, l’ascendant des Ptolémées fut éclipsé par celui des Sélcucides. Antiochus le Grand resta maître de la Palestine après sa victoire de Banias (198) et publia des décrets très-favorables à ceux qui l’avaient assisté contre ses ennemis. Quoique Antiochus, en se réconciliant avec l’Égypte, eût donné, avec sa fille Cléopâtre, à Ptolémée Épiphane, la Palestine et la Cœlésyrie, ces contrées ne tardèrent pas à rentrer sous le joug des Gréco-Syriens. C’est sous Séleucus Philopator qu’arriva, selon le livre des Macchabées, l’aventure miraculeuse d’un de ses généraux, lléliodore, qui, chargé do dépouiller le temple, fut terrassé par un cavalier céleste et battu de verges par deux anges (1).
(1) Celle légende doit sa célébrité à Raphaël, qui l’a représentée avec un merveilleux talent dans une des chnmbrcs du Vatican. 11 a introduit dans celte composition plusieurs ligures de son temps ; le pape Jules II porté sur son trône mobile par
Si Héliodorc dut renoncer à ses desseins sacrilèges, il réiis.sit dans une entreprise plus criminelle encore; il empoisonna son roi, et le trône de Syrie échut ainsi à Antiochus Épiphane. C’est à ce nom, exécré des Juifs, que se rattachent les tentatives les plus hostiles à la nationalité judaïque et au culte qui en était le plus solide appui. Les rivaux du grand prêtre Osias 111, c’est-à-dire ses propres frères, qui avaient pris les noms grecs de Jason et de Ménélas, s’étaient mis à la tète du mouvement anti-national. Le premier acheta d’Ântiochus, pour 440 tidents, la tiare de son frère, et pour 150 autres la permission de construire à Jérusalem un gymnase à l’instar de la Grèce, ainsi que le droit pour tous les habitants de la ville sainte de se dire citoi/ens (t Antioche. Jason, devenu ainsi souverain sacrificateur, fit plus : il envoya publiquement une somme importante à Tyr pour contribuer aux sacrifices que le roi faisait à Hercule; mais cet acte idolâtre d’un grand prêtre juif parut un scandale trop impolitique, et le don considérable du successeur d’Aaron fut adjugé, non à Hercule, mais à la flotte syrienne.
Ménélas, digne imitateur de Jason, acheta lui aussi, ]mr une surenchère, le titre de grand prêtre qui appartenait à .son frère aîné Osias, encore vivant, et que son second frère avait déjà payé. Ménélas triompha à main armée de la résistance des Juifs indignés, chassa Jason et prit sa place. Puis il vendit les vases du temple pour payer sa tiare et, comme Osias lui adressait de loin les plus vifs reproches, il obtint d’un lieutenant du roi le meurtre de son frère aîné.
Ces actes abominables soulevèrent le peuple. Nous n’essayerons pas de décrire ici les luttes qui s’engagèrent alors entre
le fameux graveur Raimondi et d’autres personnages connus. L’Eglise de Rome a soin de rappeler souvent, dans l'intérêt de l’inviolabilité de son trésor sacré, les mésaventures surnaturelles de ce guerrier sacrilège. Mais Héliodore est entièrement oublié dans les pays protestants. Les Eglises de la Réforme n’ont plus de trésors, ou s’il en est encore qui soient trop riches, personne ne croit plus qu’une intervention céleste viendrait au besoin protéger leur opulence.
Ménélas et Jason et que vinrent compliquer les querelles non assoupies des fils de Joseph, l’ancien fermier général; spoliations et carnages ne cessèrent d’un côté que pour recommencer de l’autre, surtout quand le faux bruit de la mort d’Antiochus en Égypte se fut répandu. 11 accourut aussitôt et voulut laisser après lui une rude leçon d’obéissance; il fit pendant trois jours à Jérusalem un massacre épouvantable et emporta luimôme, aidé par Ménélas, les trésors du temple. Quand, plus tard, ce despote se vit arrêté au nom du sénat romain, dans une de ses expéditions contre l’Égypte, par Popilius, qui traça un cercle autour de lui avec son bâton et le somma de répondre avant de faire un pas, il se soumit; mais, revenu en Judée, il crut sauver .son pouvoir en réüiblissant dans ses États l’unité nationale. Pour atteindre ce but, il sentit la nécessité d’anéantir le culte Israélite, qui était le lien de la nationalité juive. Sans aucune provocation, il fit égorger une multitude de Juifs, éleva une citadelle à Jérusalem, dans la basse ville (ou Akra ) , afin que de là ses agents pussent observer l’enceinte du temple et ce qui s’y passait; il interdit la circoncision et tout acte de piété juive. Des processions en l’honneur de Dionysos ou Bacchus eurent lieu dans la ville sainte, et cliacun fut contraint de s’y rendre, couronné de lierre; un autel de Jupiter fut élevé sur l’autel même des holocaustes et le culte de ce dieu fut installé dans le sanctuaire. Des femmes qui avaient circoncis leurs jeunes fils furent précipitées du haut des mura avec leurs enfants pendus à leur cou. Antiochus crut avoir anéanti ainsi d’un .seul coup le culte de Jéhovah et la nationalité des fils d’ Abraham. Mais à ce moment commença un magnifique mouvementde résistance; ce fut la résurrection d’un peuple par sa foi. Ici, après tant de faits odieux, qui ne peuvent que soulever le dégoût et l’horreur, s’ouvre une des plus nobles pages de l’histoire du genre humain.
s. — Période nationale.
Ce qui constitue la patrie pour l’Israélite, ce n’est pas son pays ; il peut vivre sous un autre ciel sans cesser d’être luimême ; ce n’est pas l’indépendance politique : il s’accommode de tous les régimes. C’est sa foi. Antiochus avait pu opprimer les Juifs de mille manières, les massacrer à son gré, changer leurs grands prêtres, vendre leur tiare, ou la donner et la reprendre, dépouiller même leur sanctuaire. Mais quand il voulut en faire des idolâtres et les confondre avec ses sujets païens, le vieux sang israélite se révolta en eux et ce fut ce qui les sauva.
Une famille de prêtres appelés, d’après un de leurs aïeux, Asmonéens ou fils d’Hasmon, mérita la gloire d’affranchir son pays. Le chef de la maison, le vieux Mattathias, avait cinq fils, dont les plus célèbres furent le troisième, Judah, et le deuxième, Simon. Judah, pour l’énergie avec laquelle il sut combattre les étrangers, reçut le premier un surnom analogue à celui de notre Charles Martel; il fut appelé Marteau, ou Maccabée, et ce nom honorifique devint pour toute la race de Hasmon une désignation commune, un nom de famijle (1). Un officier d’ Antiochus voulait contraindre lesJuifsd’un bourg nommé Modéin à sacrifier aux faux dieux. C’était là que demeurait Mattathias. Dès qu’il vit un de ses coreligionnaires commettre l’acte idolâtre qui lui était commandé, Mattathias le tua en présence dè l’officier syrien, souleva les assistants, extermina avec leur aide la troupe syrienne et son chef, et renversa leur autel. Il se retira ensuite dans la montagne, où de tous côtés, les Juifs fidèles, appelés Hasidim (pieux), vinrent
(1) Un bon juge des mérites militaires a dit des Maccabées : u Les actions de ces grands hommes sont en nombre et toutes remplies d’une instruction profonde et admirable... Tout ce que la science des armes a de plus grand et de plus sublime s'y trouve rassemblé. » Le chevalier de Folard : Comm. sur Polybe, t. 1, et Dissertation sur la tactique des Hébreux.
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s’assembler sous scs ordres. De là il lit de fréquentes excursions dans les idaines, attaquant les étrangers, punis.sant de mort les idolâtres, conformément à la loi, et rétablissant partout le régime national. Il mourut (juebiues mois après cette levée de boucliers, et désigna son üls Judab pour le remplacer. Celui-ci, à la tète de six mille hommes, fit d’abord une guerre de partisans, mais ses forces ne cessèrent de grossir, et il se trouva bientôt le chef de tout son peuple, insurgé contre l’oppre.ssion étrangère. Un des moments les plus décisifs dans cette noble lutte fut la victoire remportée à Bethsour, au midi de Jérusalem, par Judab sur le général syrien Lysias. Le vainqueur délivra Jérusalem, à l’exception de la citadelle syrienne d’.\kra, purifia le temple et y rétablit le culte de Jéhovah, trois ans, jour pour jour, après la consécration de ce même temple à Jupiter Olympien. La fête de la dédicace fut célébrée pendant huit jours avec des transports de joie; et il fut ordonné que l’anniversaire en serait célébré à perpétuité. En effet, nous voyons dans l’Evangile Jésus prendre part à cette solennité (Jean, 10, 22), et les Israélites, aujouid’bui encore, illuminent .chaque année leurs maisons et leurs .synagogues pour remercier Dieu d’avoir purifié leur temple par les mains de Judab Maccabée, quoique ce temple ait cessé d’exister depuis dix-huit siècles. — No pouvant déloger les Syriens de leur forteresse d’Akra, le héros éleva entre elle et les lieux saints une haute muraille munie de tours.
Nous n’entreprendrons point de raconter les vicissitudes de cette guerre d’indépendance si brillamment commencée. Judab et ses frères firent de nombreuses campagnes sur tout le territoire de la Palestine et même au delà de ses frontières; .souvent ils attaquèrent, mais en vain, la citadelle syrienne, qui était pour la ville sainte un péril et une souillure.
A la suite d’une défaite, ils furent obligés de traiter avec Antiochus Eupator, fils et successeur de leur cruel ennemi; leur religion et leurs lois furent solenuellement reconnues et
le nouveau souverain fit périr dans les tourments l’abominable Ménélas. La souveraine sacrificature revenait par droit de naissance au jeune Onias, fils d’Onias III, dépossédé par ses frères. Cependant le roi de Syrie donna la tiare à un simple prêtre, Joïakim, qui se faisait appeler Alcime; mais les Juifs refusèrent de le reconnaître. Quant à l’héritier frustré de scs droits, il alla fonder en Égypte, à Léontopolis, un temple rival de celui de Jérusalem, où il célébra, entouré d’autres fils d’Aaron, le culte de Jéhovah.
Le dernier acte très-grave de la vie de Judah fut un traité avec le sénat de Rome. A sa demande, ce corps tout-puissant défendit aux Syriens d’attaquer les Juifs, première et adroite intervention de cette politique romaine qui finit par écraser Israël.
Sans prévoir quels malheurs futurs il attirait ainsi sur son peuple, le libérateur périt sur un champ de bataille où ses troupes étaient trop inégales en nombre à celles de Syrie pour qu’il pût espérer de vaincre. Sa mort resserra les liens entre sa famille et son pays; Siméon et Jonathan, ses frères, lui succédèrent.
Le trône de Syrie fut longtemps disputé et rodiense politique de Rome ne cessa de favoriser, à son gré, tel ou tel des prétendants pour se faire acheter sa protection, pour affaiblir les peuples étrangers et grandir sa propre influence. Tantôt la nationalité juive, à demi rétablie, souffrit de ces discordes, tantôt elle en profita. Alexandre Rala, prétendu fils d’Antioebus Épiphane, mais protégé par Rome, fità Jonathan Maccabée des offres plus brillantes que celles de son rival Démétrius Soter et lui conféra la souveraine sacrificature. Dès lors (Iô3) les fonctions et l’autorité de grand prêtre demeurèrent dans la famille de llasmon. Jonathan porta la tiare onze ans, obligé souvent de prendre les armes et plus souvent encore de négocier avec le sénat ou avec les divers compétiteurs au trône de Syrie. Trypbon, run de ces derniers, l’ayant attiré dans un
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piège à Ptolémaïdc (Acre), le garda longtemps prisonnier et le fit mettre à mort. Pendant sa captivité, Siméon son frère, le dernier survivant des cinq fils de Matathias, fut reconnu chef d’Israël; il s’allia avec rantagoniste de Tryphon, Déraétrius Nicator, qui le reconnut grand prêtre et prince (Nasi) des Juifs, en exemptant le pays de tout tribut. Siméon Maccabée se trouva ainsi le chef d’un pays libre, et la suzeraineté des rois de Syrie sur Jérusalem fut abolie, sinon tout à fait en droit, au moins de fait. De l’an 1Û2 avant Jésus-Christ date l’ère nouvelle des Juifs. Les monnaies frappées alors portent les noms et les titres de Siméon et sont datées de Y an 1" de la délivrance d' Israël (1).
Le premier acte du nouveau prince fut la destruction, si longtemps désirée, de la citadelle d’Âkra; il fit plus, il rasa la colline qui dominait le temple et où s’élevait ce château fort, l’opprobre de Jérusalem ; on travailla trois ans h ce nivellement. Depuis ce moment on fortifia le lieu saint au moyen d’une nouvelle citadelle attenante au temple du côté du nord et qui, reconstruite par les successeurs de Siméon sous le nom de Ifaris, le fut plus tard par les Romains sous le nom (YAnlonia.
I>a Judée était lasse de guerres et de désordres; trois ans après l’avénement de Siméon, une assemblée solennelle du peuple, représenté par les chefs de famille, les anciens et les prêtres, allribua à Siméon et il sa postérité les pouvoirs les plus étendus avec les titres de grand prêtre et de prince. Siméon était avancé en âge lorsqu’il périt de la même manière que son frère Jonathan : le traître qui lui tendit un guet-apens était son propre gendre, nommé Ptolémée, fils d’Aboub, qui voulait usurper le pouvoir. Il n’y réussit pas. Le fils aîné de Siméon, Jean Hyrcan, qui déjà avait remporté une victoire importante sur les Syriens, du vivant de son père, lui succéda comme souverain sacrificateur et comme prince, et acheva
(1) U en existe quelques-unes à la Bibliothèque de la rue de Biche lieu.
PRÉCIS DE L’HISTOIRE DE LA JUDÉE. lit’
l’oeuvre de raffranchissemeiit de la Judée, devenue enfin entièrement indépendante de la Syrie.
S’étant emparé de Sichem, il détruisit le temple des Samaritains, qui ne fut jamais rebâti, et dont les ruines existent encore sur le mont Garizim. Il conquit également l’Idumée, et les habitants, à qui il laissa le choix d’émigrer ou de se faire israélites, préférèrent ce dernier parti; ils furent circoncis et incorporés à la nation juive. Joppé, Jamnia, la plus grande partie de la Samarie et de la Galilée, plusieurs villes conquises sur les Syriens au delà du Jourdain, obéissaient à Jean Hyrcan, et jamais, depuis Salomon, l’empire des fils d’Abraham n’avait été si étendu. Protégé par le sénat romain, auquel il envoyait des ambassadeurs et des présents, ce prince régna près de trente ans. Il était aimé de ses sujets; le peuple lui attribuait même des révélations et des prophéties. Mais la fin de son règne fut agitée par la rivalité des deux grandes sectes juives, celles des Pharisiens et des Sadducéens. Jean Hyrcan appartenait au parti national et rigide des Pharisiens, mais quelques-uns d’entre ces sectaires voyaient de mauvais œil la réunion des fonctions sacerdotales et du pouvoir civil entre les mêmes mains. Un d’entre eux essaya de soulever des doutes sur la légitimité de la naissance du prince, ce qui, d’après la loi, suffisait à le rendre impropre à la souveraine sacrificature. Profondément blessé de ces attaques, irrité de ne les voir pas repousser avec assez d’énergie par les autres Pharisiens, Jean Hyrcan s’éloigna d’eux, se joignit à leurs adversaires, les Sadducéens, et interdit, comme indûment ajoutées à la loi de Moïse, les nombreuses pratiques établies par les Pharisiens d’après la loi orale.
Ces actes du souverain le rendirent impopulaire et eurent des conséquences funestes pour la famille asmonéenne.
Jean Hyrcan fut mal remplacé ; en mourant il avait légué la tiare à son fils aîné, Aristobule, et le pouvoir politique à sa veuvü.Cepcndant Aristobule, loin de se contenter du sacer-
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(loue, fit périr ilc faim sa propre mère et prit le litre, non plus (le prince, mais de roi. La conquête de l’Ilurée, dont les habitants acceptèrent le mosaïsme, fut le seul succès de son règne. Malade, faible, dévoré de remords et d'inquiétudes, il se laissa arracher l’arrêt de mort d’un frère qu’il aimait, et mourut lui-même après un an de règne, de crimes et d’affreuses angoisses.
Son frère, Alexandre Jannée, régna vingt-sept ans; dur et cruel, il fut ha'i du peuple, surtout parce qu’il se montra ennemi des Pharisiens. Insulté un jour par eux au moment où il offrait le sacrifice de la Fête du Tabernacle, il fit massacrer six mille hommes par les soldats étrangers qui composaient sa garde. Il chercha en vain par des guerres étrangères à distraire ses sujets de l’oppression qu’il leur faisait subir; des discussions civiles ensanglantèrent le pays. Ayant pris Béthôme, forteresse occupée par les rebelles, il fit conduire les prisonniers à Jérusalem, où huit cents d’entre eux virent égorger leurs femmes et leurs enfants et furent ensuite crucifiés tous à la fois. Jannée réussit par ces atrocités à se maintenir sur le trône, mais avant de mourir il engagea sa femme Alexandra à se réconcilier avec les Pharisiens.
Elle était la sœur d’un des plus puissants d’entre eux, Siméon, fils de Chatach, qui restaura dans toute sa vigueur leur doctriue et leur tradition. Alexandra suivit les inspirations des Pharisiens. Aussi, d’après leurs préceptes, les deux iwuvoirs furent séparés. Le fils aîné de Jannée, Ilyrcan, devint grand prêtre, et le second, Aristobide, chef de l’armée. Les Sadducéens furent persécutés et leurs chefs mis à mort. Mais bientôt Aristobide se fit de cette secte un appui pour essayer de détrôner son frère, ijin, à la mort de leur mère, s’était déclaré roi. Une longue lutte commença entre les deux fils d’Alexandre Jannée. Aristobule, belliqueux, adroit, riche, appuyé par les Sadducéens; Hyrcan, plus faible et dominé par son astucieux ministre, l'Iduméen Antipater (ou Antipas),
mais soutenu par le prestige affaibli du sacerdoce et la popularité des Pharisiens. Après une réconciliation de peu de durée, l’antagonisme des deux frères changea de forme. Pompée revenait victorieux d’Arménie et de Damas : les deux compétiteurs furent réduits à solliciter, *et mendièrent le diadème d’ahord auprès de son lieutenant Scaurus, puis de l’illustre général. Il ne décida rien, garda Aristobule prisonnier et assiégea trois mois Jérusalem. Il prit enfin la ville sainte; le carnage y fut horrible : douze mille Juifs périrent massacrés par les Romains ou par leurs compatriotes du parti contraire. Les prêtres n’interrompirent pas leur service à l’autel (c’était un jour de solennité religieuse) et furent égorgés au milieu du sacrifice. Pompée pénétra jusque dans le lieu très-saint. Il voulut connaître par lui-même ce culte juil, inintelligible pour les païens, parce qu’il était sans idoles. — « Par droit de conquête, dit Tacite, il entra dans le temple. Dès lors le monde a su qu’il ne s’y trouvait aucune elfigie des dieux, mais un sanctuaire vide et des mystères qui n’ont pas de sens. » {Hist., 1. V, û.) — Il ne pilla point le temple et y rétablit le culte. Aristobule fut emmené à Rome, avec .ses fils et ses filles, pour décorer le triomphe du grand Pompée, Le vainqueur rendit à Hyrcan la souveraine sacrificature, mais il remplaça son titre de roi par celui à’ et/inarque, ou chef de la nation, lui imposa un tribut, sépara de ses États les villes syriennes conquises par ses prédécesseurs, lui commanda de détruire les murs de Jérusalem et de rebâtir Gaza, Gadara et autres villes qui avaient été démantelées dans les guerres antérieures ; enfin Scaurus fut nommé le premier prœses ou gouverneur de Syrie, et Marcus Philippus lui succéda peu de mois après.
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