DEUXIÈME PARTIE
OPINIONS ET ÉCRITS, a. — E.8 théologie dan» la yIc privée.
Nous avons vu qu’une des violences morales exercées contre Augustin du Fossé, pendant sa longue détention au couvent de Saint-Yon, consista à le priver de ses livres, et qu’une de ses consolations dans son grenier de Londres fut la joie d’y reprendre ses études. Nourri comme ses ancêtres d’une lecture assidue de l’Ecriture sainte et de quelques-uns des Pères de l’Église, ainsi que des ouvrages des jansénistes, il y puisait des arguments énergiques contre l’oppression qu’il subi.s- .sait en frémissant. Les livres saints en particulier sont perpétuellement cités par lui, souvent avec des notes tirées des Explications de Sacy et de Pierre du Fossé ; fréquemment aussi
Digilized by Coogle
la vulgatey est contrôlée par la vei sion grecque des Septante qu’il indique, pour abréger, par les chiffres romains LX\; et la fameuse version janséniste de Mons, que le conseiller lisait de préférence, y est invoquée contre lui par son bis.
Voici un fragment d’une lettre écrite par lui, de Saint-Yoïi k son père en 1780, et qui donneraune idée de son tour d’esprit et des arguments qu’employaienteutreeuxces descendants des solitaires de Port-Royal :
« Qu’un athée, un déiste, m’engage k abandonner mou mariage, mon épouse et ma fille; qu’il me conseille d’étre parjure, sacrilège, pour conserver vos biens, je n’en suis point surpris: il ne connaît de bonheur que dans cette vie. Mai? vous, mon père, qui croyez en notre sainte religion ou qui, du moins, faites semblant d’y croire (car votre manière d’agir me force k dire cela), que vous me forciez k réparer mes fautes par des crimes aussi exécrables que le parjure et le sacrilège, c’est ce que je ne puis comprendre : c’est ce qui me donnerail lieu de croire que vous ne regardez la religion que comme un jeu propre k en imposer k la populace crédule, et que le> grands peuvent l’arranger k leur idée et la faire servir k leurs vues d’ambition et d’intérêt. Hélas! ce n’était pas Ik le sentiment de nos respectables ancêtres MM. de Port-Royal, .\ssis auprès du trône de Dieu, ils y condamnent votre conduite k mon égard, et même ils l’avaient déjà condamnée de leur vivant par leurs écrits. Voyez les explications de la Genèse par M. de Sacy, p. 319, 320, 321, 322, etc., et quantité d’autres endroits de leurs écrits, vous y trouverez la preuve de ce que je vous dis. Ces saints personnages, réunis avec la mère de mon épouse, seront mes avocats auprès de ce .souverain juge, loi-sque ce jour terrible arrivera, qui sera un jour de joie et de consolation pour ceux qui, foulant aux pieds les préjugés du monde, ont pris pour règle de leur conduite les saintes Écritures. C’est pourquoi je ne cesserai de les méditer et de me remettre devant les yeux entre autres le psaume XfN’:
AUGUSTIN DU UOSSÉ. 197
Qui sera digne, Seigneur, d habiter ms tahernactes !... C’est celui qid ne cherche point à éluder le sei'ment qu’il a fuit à son prochain, etc. Et cet autre endroit du prophète Malachie : le Seigneur reprochant aux Juifs leur conduite (II, lù)... Et pourquoi, me dites-vous, nous traitez-vous de la sorte? — Parce que le Seigneur a été le témoin de l’union que vous avez contractée avec la femmeque vous avez épousée dans votre jeunesse, et qu après cela vous l’avez méprisée, quoiqu’elle fût votre compagne et votre épouse par le contrat que vous avez fait avec elle{\. 15). N’est-elle pas rouvrage du même Dieu? (LXX : Et n’est-elle pas une partie de votre ilme?) Et n’est-ce pas son souffle qui r a animée comme vous?.. Conservez donc votre esprit pur et ne méprisez pas la femme que vous avez prise dans vot-e jeunesse QTfCk : Si vous quittez votre femme, dit le Seigneur d’Israël, vos pensées seront souillées d’iniquités. Conservez-la donc dans votre affection). Gardez votre (Explication : (îardez votre femme qui ne doit être qu’un cœur et (ju’une àme avec vous et que vous devez regarder comme une partie de vous-même. LXX: Conservez à votre femme l’affection que vous lui devez et ne l’abandonnez pas). »
Ce'tte citation a pu paraître longue; mais nous avons voulu bien faire connaître le ton et l’esprit de ce singulier débat. N’estce pas une étrange chose, en France et en plein xvni' siècle, que tout ce luxe d’e.xégèse, de variantes empruntées aux Septante et d’explications de la Genèse et de Malachie, dans une querelle entre un père et un fils, au sujet d’un mariage d’amour ?
t. — CorrcMpondancc eatre deux frèreit.
Le premier et le plus curieux peut-être parmi les ouvrages d’Augustin du Fossé est 1a Correspondance entre deux frères sur matière de religion; qui contient ^histoire des progrès de r Impiété, Idolâtrie et autres superstitions qui se sont introduites dans ce qu’on nomme P Église, et en démontre évidemment
t origine, les dates et les divers accroissements. — En engageant tout vrai Chrétien A se mettre sur ses gardes, pour éviter de tomber dans de pareils crimes et de si énormes erreurs, afin de rendre à notre Créateur le véritable culte qui seul peut lui être agréable et qu'il exige de nous. C’est un échange réel de lettres entre du Fossé, sous la désignation d’?m Solitaire (encore un souvenir de Port-Royal), et son frère le conseiller de Bosmelet, sous le nom d’?/n Magistrat. Publiées à Londres en 1787, ces lettres ont été écrites avant la mort du baron, pendant le temps où son fils recevait de lui une pension à peu près convenable et donnait seulement quelques leçons en ville pour achever de payer ses dettes et se faire une existence plus aisée. Il jouissait alors de quelque loisir et d’un repos d’esprit qui lui avait manqué depuis longtemps. 11 en profltait pour répandre ses convictions et s’adressait d’abord à sa famille.
Les réformes de Joseph II, annoncées à grand bruit parles journaux de l’époque et communiquées avec enthousiasme à Bosmelet par Augustin, donnèrent lieu à cette correspondance. Son esprit hardi et chercheur avait saisi avec avidité, c’est ici le lieu de le dire, un aliment précieux dans la lecture Aq\' H istoire ecclésiastique de l’abbé Fleury, qu’il avait longuement étudiée pendant trente-trois mois de captivité à Sainl- Yon. N’est-ce pas un fait très-digne de remarque, que le séjour d’un couvent et l’étude d’une hi.stoire toute catholique aient développé en lui des germes indestructibles de foi protestante? Il n’avait lu encore aucun livre hérétique, il en avait horreur. Mais il se souvint plus tard que ses divers voyages à Lausanne, à Genève, en Hollande, en Angleterre surtout, lui avaient montré, dans les pays les plus libres du monde, un christianisme édifiant et austère ; il y trouvait la religion établie tout entière sur la base que son jansénisme lui avait appris à préférer et à consulter sans cesse, l’Écriture sainte ; il y avait vu la Bible opposée plus directement, plus hardiment par les réformés que par JanséniusouparArnauld, à ces abus
de jwuvoir des papes et des jésuites contre lesquels ses pères avaient invoqué eu vain un concile chiipérique.
Dms\iiCoires/)ond<ince, il insista avant toijl sur une découverte (pi’il avait faite et qui l’avait vivement préoccupé, c’est que le culte des images était inconnu à l’Église primitive, qu’il n’y avait là qu’un emprunt fait à l’idolâtrie, et que le second des dix commandements avait été adroitement dissimulé par l'Église romaine pour favoriser les honneurs sacrés qu’elle rend aux images. Ce fut là, en tout temps, un des griefs qui réroltèrent contre cette Église son âme droite et franche. Plus loin, il fuit part à son frère de ses vastes lectures, souvent assez mal digérées, lui raconte le concile de Trente, lui fait connaître la JSobk Leço?i des Vaudois, ou compare une à une les propositions pour lesquelles Jean Huss fut briilé et celles du Père Quesnel, si vivement discutées en son temps.
Ées lettres de Bosmelet sont affectueuses, mais courtes et peu nombreuses; il fait profession d’élre bon catholique, il a horreur des sectes protestantes, tout en protestant lui -même contre les excès de pouvoir de la cour de Rome et des papes, tout en réduisant à une simple vénération le culte des images, dont il blâme l’exagération trop commune. Mais il invoque l’autorité de timmorlcl Aniuuld, du profond Nicolle, du calibre Père Quemel. 11 s’appuie particulièrement sur les miracles opérés à Port-Royal et sur ceux du bienheureux diacre Pâris. Du reste, ses travaux au Parlement ne lui laissent point de loisir pour la controverse, et il exhorte son frère à demeurer un enfant docile de l’Église.
A la suite de ces lettres .s’en trouvent deux autres où le Solitaire répond à une tierce personne. 11 y revendique hautement, bien moins le droit d’examen que le devoir urgent et rigoureux d’examiner par soi-méme la vérité. C’est une obligation qu’il sent vivement et iwur laquelle il lutte contre ses amis et contre son père :
« Demandez-lui, s’écrie-t-il, ce qu’il entend jpar ces paroles
MBRES ETUDES.
qu’il dit tous les dimanches dans le deuxième Psaume des Vêpres : La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse; son nom est saint et redoutable. Pense-t-il que cette crainte consiste dans une nonchalance qui nous fait rester, tranquillement et sans la moindre inquiétude pour notre salut, sans la moindre frayeur de ce Dieu saint et redoutable., dans la secte ou religion dans laquelle on est né, sous prétexte que nos parents, nos amis, nos docteurs, tous ceux qui nous entourent sont trop habiles pour se tromper eux-mêmes et incapables de nous avoir trompés ; ou qu’on n’a pas assez d’esprit pour juger après eux et pour pénétrer les mystères de cet Évangile qui est voilé selon eux, et qu’il n’appartient qu’aux sages et aux docteurs de dévoiler par les explications qu’il leur plaît d’y donner? C’est ainsi qu’on s’aveugle et qu’on se laisse entraîner au torrent, sous prétexte que par humilité on ne veut point regarder après des docteurs qui ont la réputation d’être si habiles; et, sans examiner, on dit : Je suis de l’avis de M. un tel. Mais on se fait illusion, ce n’est point par humilité qu’on en agit ainsi. C’est par une crainte opposée à celle de Dieu, c’est par une crainte mondaine, c’est par paresse ou par crainte d’offenser ses parents, ses amis, ces docteurs puissants qui nous environnent, nous entourent, nous dominent et nous gouvernent. C’est par la crainte de les irriter, par la crainte de se déshonorer dans leur esprit et d’attirer leur mépris et même souvent des punitions corporelles ou pécuniaires. Hélas! si de pareillescraintes eussent arrêté les premiers chrétiens lorscju’ils étaient encore païens, entourés pareillement de leurs parents, de leurs prêtres, docteurs et savants idolâtres, combien peu le christianisme aurait-il fait de progrès! Mais non, ils ont craint Dieu plus([ue leurs parents, leurs amis, leurs docteurs, les savants de leur religion. »
.Ailleurs il s’indigne de ce qu'un prêtre, ami de sa famille, «lui a fait dire en secret (pi’il fallait qu’il changeât de langage dans ses lettres, de peur de préjudicier à ses intérêts » .
— a Eh bien ! dites-lui hautement de ma part qu’il sait bien peu ce qu’est un vrai chrétien ; car quand il s’agit de son salut et du culte qui est dû à son Créateur, alors le vrai chrétien regarde tous les biens de ce monde avec tout le mépris et le dédain qui convient à des choses si fragiles. Oui, je regarde ces biens et ces misérables intérêts humains comme de la boue, lorsqu’il s’agit de ma conscience, du salut de mon âme et du culte que je dois au Seigneur mon Dieu. »
Ces paroles ont une grande éloquence dans la bouche d’un proscrit qui avait tant souffert, à qui des lettres de cachet fermaient encore sa patrie, et qui, dans son exil, vivait, lui et les siens, d’une pauvre pension octroyée à grand’ peine par un père cruel et dévot.
I^es derniers mots que nous venons de lui emprunter renferment, au sens où il les prenait, toute sa théologie, et ce seul mot explique à la fois sa rupture avec l’Église romaine, et plus tard ses démêlés avec le Consistoire orthodoxe de Rouen. Par le culte qu’il doit au Seigneur son Dieu, il entend une adoration profondément humble et fervente, due strictement à Dieu seul. Il se sert déjà, contre le culte des images, d’une expression biblique qu’il opposera plus tard au culte de la Vierge et enfin à celui du Christ : adorer Dieu uniquement. Le monothéisme conséquent, absolu, était le fond de la religion de ce grave et ardent esprit, et l’unité de Dieu fut dès lors chez lui une conviction aussi profondément sentie, défendue avec autant de pieuse ardeur et de logique passionnée que chez un fils d’Âbraham ou un Sémite des déserts.
Ce n’est pas cependant qu’il soit plutôt théiste que chrétien. Dans une lettre où il réfute les inquiétudes et les questions de son frère sur la secte à laquelle il se rattache, il fait sa profession de foi, longue et diffuse selon son usage ; il y déclare, en réponse aux observations dédaigneuses de Bosmelet, qu’il n’est « ni luthérien , ni calviniste, ni anabapti.ste , ni hussite, ni wicléfite, ni arnauldiste, ni nicoliste, ni colber-
202 LIBRES ÉTPOES.
liste (1) , ni bossuetiste, ni quesiieliste, etc., mais, dit-il, je suis chrétien (disciple de Christ) et me fais gloire de l’être et ne changerais point ce nom pour aucun autre. Oui, je le répète et ne puis assez le dire ; ce à quoi je me tiens fermement attaché, c’est à l’Évangile éternel, c’est à la sainte Écriture, cette parole sacrée, divinement inspirée et seule infiiilliblc. Quand des hommes de la plus sainte vie, quand un ange du ciel même m’annoncerait un autre Évangile, un autre culte que celui établi par ce livre divin (sans lui dire anathème) je le renverrais aux v. 7, 8 et 9 du chap. I" de l’Épîtrc aux Galates. »
Si nous devions définir la dogmatique de du Fossé, il nous faudrait avouer que la lettre de l’Écritqre y tient plus de place que la personne du Christ, et que le littéralisme jpdaïque et oriental y empiète sur les droits de l’esprit évangélique. Il est beau de voir cependant combien, au milieu de la vie moderne, même la plus aventureuse et la plus traversée, cette majestueuse vérité de l’unité divine peut s’emparer d’une âme ferme et droite, l’occuper tout entière et donner à toute une vie un rare caractère de fidélité et de ce que les Anglais appellent, avec une acception qui manque à notre langue, la consistance.
Comme style et comme enchaînement d’idées, il n’y a guère à louer dans ce livre qui, à vrai dire, n’en est point un et n’a pas la prétention d’être autre chose qu’une suite de lettres familières. L’ouvrage fut imprimé à Londres, en petit caractère fort serré, par des compositeurs anglais qui n’en comprenaient pas un mot. Aussi est-il d’une incorrection insupportable. M. du Fossé, non content d’y joindre dix pages à deux colonnes d’e/rato, prit plus d’une fois la peine d’en corriger à la main des exemplaires entiers ; et ces chefsd’œuvre de patience sont les seuls exemplaires lisibles.
(1) Allusion à un fameuiç évêque appelant,
Personne du reste n’a moins su l’art de faire un livre qu’Augustin du Fossé. La plupart de ses écrits sont suivis A' errata, de notes, d’un supplément, de nouveaux développements imprimés après coup, et qui ont quelquefois autant d’étendue que l’ouvrage primitif. Il s’inquiétait peü des questions de forme et de littérature ; pour son ardente conviction il ne s’agissait que de prouver et de persuader. Son style abondant, médiocrement correct et chargé de synonymes, s’anime souvent, mais ne s’élève guère ; il a du mouvement plutôt que de la couleur et finit par rebuter bien des lecteurs.
s. — An(r«a eoatroversea.
Sous le régime de la République, du Fossé publia un Avis au peuple chrétien, à ceux qui croient en Dieu et qui le craiqnent. En voici les premiers mots : « Comme l’on distribue des avertissements pour faire connaître la manière de ne se pas laisser tromper par de faux assignats et qu’on donne les marques où l’on reconnaîtra ceux qui sont bons de ceux faux et falsifiés, il est à propos aussi d’en distribuer pour faire connaître la vraie monnaie avec laquelle on peut acquérir le salut éternel, l’héritage céleste, et pour la pouvoir distinguer delà fausse que des hypocrites et des gens trompés eux-mêmes nous ont distribuée et nous distribuent encore tous les jours pour être la vraie et orthodoxe monnaie.» 11 explique ensuite que cette monnaie, ce sont les commandements de Dieu, et il montre, entre autres par un tableau synoptique où il cite divers ouvrages catholiques et en particulier le livre d’Heures de Port-Royal, que l’Église romaine supprime le deuxième commandement, par lequel le culte des images est interdit. Il termine par une formule imitée de celles qui alors étaient en usage ; Respect à la loi divine et humaine, et signe ; le citoyen Thomas, administrateur du -département.
L’an III de la République, il fit imprimer à Caen une autre
UBKKS ETi;i)ES.
brochure qui suscita plus tard une vive opposition contre lui. Il l’intitula: Catéchisme des catholiques romains, et la commença ainsi :
D. Quelle est la croyance des catholiqtæs romains!
R. Ils croient en Dieu l\ mère, Dieu le père, Dieu le fils,
Dieu LE SAINT-ESPRIT.
D. Pourquoi dites-rous Duat la mère premièrement !
R . Parce qu’ils ont beaucoup plus de respect, plus de confiance, de vénération, de dévotion en la prétendue mère do Dieu que dans les trois jiersonnes de la sainte Trinité, etc.
D. Comment appelle-t-on cette croyance dans les quatre personnes susdites '!
R. La croyance en la quaternité divine.
D. Sont-ce là les seuls Dieux que les catholiques romains adorent!
R. Non. Ils adorent encore un cjrand nombre de demi- Dieux cpiils nomment Saints pour cacher une partie de leur impiété sous ce nom de Saint, prétendant qu'il ne faut que les invoqtier, etc.
D. N adorent-ils qms aussi des créatures vivantes!
R. Oin, ils adorent leur chef qu'ils nomment le Pape, qu'ils mettent svr l’autel, dans le temple de Dieu même, et devant lequel ils se prosternent, le qualifiant de Dieu en ferre, acco/nplissant ainsi ce que saint Paul a prédit (Il Thess., ii, i).
D. N’y a-t-il pas encore d autres choses qu’ils adorent!
R . Ils adorent encore les simulacres de tous ces Dieux ou demi-Dieux , contre l’exprès commandement du souverain Créateur de l’Univers.
Tout ceci e.st justifié ensuite par des citations des Catéchismes de Tournay, Nantes, Angers, La Rochelle et Luçon, du Psautier de Marie et d’une foule d’auteurs catholiques. Il termine en citant le Symbole des apôtres et en disant : a Nous
adressons-nous k Dieu direclemeiit et disonslui ces versets du Ps. XCVII ;
Loin (le nous à jamais
Tous ces Dieux conlrerails, etc. »
Je n’ai pu découvrir à quelle époque du Fossé s’était définitivement et ouvertement rattaché à l’Église réformée. Il nomme quelque part un pasteur Roustan, en déclarant que ce pasteur était unitaire, et il ajoute: «J’ai fait abjuration de l’idolâtrie catholique romaine entre ses mains.»