‹ Libres études [Texte imprimé]Chapitre 46 sur 73 · LA FÊTE-DIEU A VALENCE · texte numérisé non relu

LA FÊTE-DIEU A VALENCE

Il le faut bien, s’ils ne veulent pas perdre la partie la plus gaie des réjouissances publiciues. En effet, il y a trois actes très-différents dans cette célébration, et la joie, plus contenue et plus grave dans la procession finale, se donne large carrière dans les deux premières sections du programme.

Le mercredi, veille de la fête, on commence par étendre à une grande hauteur, au-dessus de la placée do la Constitution et à rentrée de la belle rue des Chevaliers, une grande toile aux larges raies blanches et bleues qu’on appelle voik du Corpus; dès le matin, on range au-dessous de ce voile, devant la façade de la chapelle de Notre-Dame des Désemparés, sept chars de triomphe qu’on appelle les Rochers [Rocas) et que nous décrirons plus loin. Aussitôt la foule envahit la place pour contempler les chars, et en même temps commencent dans les rues les danses d’enfants.

A onze heures sort de la maison des Rochers un prêtre en robe lomjue, sur un cheval caparaçonné de velours noir brodé en or aux armes de la ville. C’est un des aumôniers du corps municipal qui va, accompagné d’un piciuct de cavalerie et de deux piqueurs en livrée, chercher à l’hôtel de ville les quatre recjidors commissaires de la fête, pour inviter à domicile les diverses autorités, et le peuple dans les rués et les places publiques. Ce cortège n’est donc qu’un prélude des solennités du lendemain. Il n’en est pas cependant la partie la moins pittoresque ni la moins bizarre. Le prêtre, qui s’arrête gravement de lieu eu lieu pour faire la proclamation de la fête, est précédé do quatre gardes qui lui ouvrent un passage dans la foule. Après lui vienneut des danseurs bizarrement déguis«*s et appelés Monios; ils portent des drapeaux et sont accompagnés par deux instruments populaiies dus à la tradition mauresque, le tobulet et la dnlzaina^ qui remplacent à peu près le tambourin et le hautbois de nos contrées. La danse des Momos et toutes celles que nous allons décrire sont censées manifester la joie que doit nous causer l’institution de

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