MURES ETI DES
celui de catlu^drale, indique qu’elle est le siège {cathedra) d’un évéché.
Des rois d’armes ouvrent la marche, vêtus de cottes de soie, la tête ceinte de couronnes d’or et portant les guidons et l’étendard aux armes de la ville. Ce sont celles que Louis V, roi de France, avait octroyées à Wilfrid, comte de Barcelone, qui prit Valence et donna ses armes à cette ville. Don Pedro d’Aragon y ajouta plus lard une couronne et le.s lettres LL (La Leal). Des musiciens et six nains viennent ensuite. Us précèdent huit géants en carton, couverts d’habits réels et que font mouvoir des hommes cachés dans leur corps. Chacune des quatre parties du monde connu à Valence est représentée par un couple colossal ; l’Europe aspire manifestement à l’imitation des modes parisiennes, et rien n’y est oublié, pas même le lorgnon dans l'œil ; malgré ces grotesques détails et l’ignorance absolue que professent le clergé et la municipalité à l’égard de l’Océanie, ces figures de nains et de géants signifient « que tous les peuples, du plus petit au plus grand, doivent rendre adoration à Dieu qui les a sauvés tous » . Il paraît donc que si les Australiens et Polynésiens ne sont pas représentés, ce n’est point par dédain, c’est qu’on ne les connaît pas.
Les enfants des diverses écoles et les confréries précèdent les personnages de l’Ancien Testament : Abiga’il, Eslher, Judith et Ruth, qui sont censées, je ne sais comment, rappeler les quatre vertus cardinales ; Abraham et Isaac, portant l’un le feu et le couteau, l’autre le bois; Melchisédec, chargé d’un pain et d’une bouteille; Aaron, Mo’ise avec les tables de la loi; Josué, vêtu en empereur romain et tenant par un long rayon un soleil de laiton; ce personnage amusait le public et cherchait à provoquer l’hilarité par ses allures de rodomont ; les deux espions juifs, portant la grappe énorme; Gédéon, Caleb, Samson, Tobie accompagné de l’ange Raphaël ; Noé vient le dernier, tenant dans .ses mains la colombe. Après
LA l ÈTE-DŒC A VALENCE ET A MUNICH. 309
rAncien Testament, le Nouveau : Jean-Baptiste, tenant en laisse un mouton, puis les douze apôtres, dont chacun porto sur sa poitrine une des paroles du Credo ; saint Pierre est le dernier, et sur l’écriteau attaché à son cou on lit : Et vitam œternam. Amen.
Les évangélistes sont étrangement figurés par quatre hommes, dont un, saint Mathieu, a les ailes de l’ange, tandis que les trois autres ont la tète de l’animal qu’on leur a donné pour emblème : saint Marc celle du lion, saint Luc du bœuf, et saint Jean de l’aigle. Ainsi, ces quatre symboles assyriens, fréquents dans les monuments de Ninive, que les Juifs ont rapportés de la captivit('“ en leur donnant un sens nouveau, dont l’Apocalypse à son tour a changé la signification, et qui sont devenus par une quatrième transformation les emblèmes des évangélistes, sont promenés encore en pleine rue au xix” siècle dans une ville catholique. En outre, trois énormes aigles dorés, dont les jambes n’étaient autres que celtes d'individus cachés dans leur corps, poi'taient à leur bec des versets de l’évangile de saint Jean. Des enfants aux tuniques blanches, couronnés de fleurs, conduisaient quatre musiciens aveugles, qui représentaient le roi David et les chœurs des lévites. Vingt-six vieillards, avec des couronnes d’or et des cierges énormes, figuraient les vingt-quatre vieillards qui, dans l’Apocalypse, adorent l’Agneau. Six jeunes gens, revêtus de l’ancien costume e.spagnol à crevés de satin, tenaient des vases où s’élevaient des bouquets d’épis ou des pampres chargés de grappes, qui représentaient les deux espèces de la communion.
L’orthodoxie espagnole distingue saint Jean l’Évangéliste de celui qui a écrit l’Apocalypse, car l’auteur de ce dernier livre de la Bible est représenté par un vénérable prêtre, la barbe et les cheveux blancs, coiffé d’un diadème d’or, vêtu d’une aube et d’une étole, tenant une palme d’or et un livre (qu’on appelle, je ne sais pourquoi, les Évangiles) et accom-