L'ANGIÆTERRE ET LE CARACTÈRE ANGLAIS
là OÙ il existe imparfait encore. Déjà, à nos yeux, les créations de l’industrie artistique de l’Angleterre ont vaincu la concurrence de l’Allemagne et des autres Étals d’Europe, excepté la nôtre. Aussi pensons-nous que la France, sans avoir lieu de craindre pour sa prééminence, a besoin d’efforts soutenus pour rester à la môme distance de ses émules ; si nous demeurons stationnaires ou si nous nous abandonnons à certain matérialisme sensuel qui est la maladie dont nous sommes atteints en ce siècle, nous ne perdrons peut-être pas le premier rang, mais très-certainement nous verrons diminuer l’éclat et l’autorité de notre supériorité.
III. — Les faits et les considérations qui précèdent peuvent donner quelque idée du caractère anglais. On y reconnaîtra la persévérance obstinée, l’esprit immédiatement pratique, le sérieux imperturbable, l’orgueil sans petitesse et sans ménagements, avec lequel nos voisins veulent ce qu’ils veulent.
Pour mieux encore les comprendre, il faut se rendre compte de l’esprit tout protestant qui préside à l’éducation anglaise. A bien prendre les choses, religion, caractère national, tout se traduit en système d’éducation. Le catholicisme tend à créer des catholiques : le problème de l’éducation par le clergé romain peut se poser ainsi : former à l’Église des fils s<iuniis et qui lui soient inviolablement fidèles. Le problème de l’éducation protestante est autre : il s’agit de former des bommes fidèles à leur propre conscience, capables de lui obéir, quelque sacrifice qu’elle exige, et de la faire respecter par qui que ce soit. L’Église, pour nous, n’est pas une mhe qui (jow'erne ses enfants ; c’est, suivant le sens primitif, évangélique du mot, une assemblée (l'huinmes. Il s’agit de créer des hommes responsables, des individus. La plupart des parents français reculeraient épouvantés devant le degré d’indépendance que des pères et des chefs d'in-
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