‹ Libres études [Texte imprimé]Chapitre 6 sur 73 · COQUEREL · texte numérisé non relu

COQUEREL

LIBRES ÉTÜBES.

Il semble que de pareils actes de guerre ouverte entre habitants d’une môme ville n’ont dû être possibles qu’en des temps de trouble général. Il n’en est rien cependant; le peu que nous savons du sort des habitants de la rue des Marais, sous Louis XIII, ne prouve pas qu’ils aient connu la sécurité. Le fameux pasteur Pierre du Moulin y demeurait, et c’est lui-môme qui nous l’apprend dans son autobiographie (1). Nous savons que dans la rue des Marais plus d’une habitation fut plus d’une fois attaquée. Il est positif aussi que deux fois une maison qu’habitait du Moulin fut envahie par le peuple et pillée (2), mais nous n’avons pas la certitude qu’il n’eût point changé de domicile à ce moment.

Pendant vingt ans, du Moulin fut le pasteur le plus influent et le plus connu de l’Église de Paris, ou comme on disait alors, de Charenton. 11 était sans cesse sur la brèche, répondant aux attaques des jésuites Coton, Ârnoux et Gontier, du cardinal du Perron, ou de nouveaux convertis au catholicisme, tels que Palma Cayet et la Milletière. Souvent, quelque noble protestant vendu à la cour, ou cédant à l’entraînement général, demandait une conférence entre un docteur catholique et un pasteur ; en pareil cas, ce dernier était le plus souvent condamné à l’avance. Du Moulin, dans ces occasions délicates et pénibles, ne se laissa jamais abattre ; prompt à la riposte, âpre au combat, infatigable dans la lutte, il était d’ailleurs profondément convaincu des étroites et sombres doctrines du pur calvinisme. Il les soutenait avec une dialectique fougueuse, souvent plus amère ou plus emportée qu’évangélique. Il apportait la môme violence dans la polémique

(1) Bullelin de la Soc. de l'hist. du proleslantisme français, t. VII, p. 406.

(2) Haag, La France proteslanle, art. du modlin.

HISTOIRE D’UNE RUE DE PARIS

entre les protestants, et ne comprit jamais ni le christianisme plus libre et plus élevé des Amyrault, des Testard, des Tileuus, ni la tolérance si chrétienne que professèrent ponr eux et pour leurs doctrines, alors hétérodoxes, un Blondel, un Mestrezat et un Baillé.

Nous ne pouvons nous étonner que la nature impérieuse et satirique de du Moulin lui fit beaucoup d’ennemis, mais nous pouvons oublier ses torts aujourd’hui que les débats de son temps ont cessé pour toujours, et que les opinions arminiennes ou semi-arminiennes, qu’il combattit avec tant d’énergie, sont admises plus ou moins explicitement par tout le monde.

Du reste, il eut aussi des amis ardents et très-haut placés. Du Moulin, qu’avait fort goûté l’admirable sœur de Henri IV, Catherine de Bourbon, fut appelé en Angleterre et comblé d’honneurs par Jacques I", le roi théologien. Mais ce fut la faveur même de ce prince qui le perdit. 11 avait refusé une position enviée à la cour d’Angleterre pour revenir servir son Église bien-aimée de Paris, qui, du reste, l’y avait obligé par un serment solennel prêté en public dans le temple de Charenton. De retour à Paris, il continua à correspondre avec le roi de la Grande-Bretagne. Une de ses lettres, mise par Buckingham sous les yeux de Louis XIII, irrita vivement le roi parce qu’elle contrariait ses projets politiques. Du Moulin était alors à Alais, présidant un célèl)re synode national, par lequel il fit imposer aux Églises de France les dures et violentes décisions dogmatiques récemment promulguées par celui de Dordrecht. Ce fut à Alais (ju’il apprit, par une lettre de son collègue Di-elincourt, la colère du roi. Il se hâta de revenir, mais n’osa rentrer à Paris. Il s’arrêta d’abüi’d chez sou ami Mercier des Bordes, au château de Grigny, où l’Église réforniée de la capitale s’était jadis réunie, puis, averti de ne pas reparaîti’c dans la rue des Marais et dans sa maison, il trouva un asile dans la rue voisine

du Colombier, où M”' du Moulin vint le trouver. Deux membres du consistoire l’attendaient pour l’aider à fuir, et il passa dans la principauté, alors étrangère, de Sedan. Tl évita ainsi ta Bastille, mais il ne revit jamais l’Église de Paris. Ce fut en vain que cette Église et le synode national de Castres le redemandèrent au roi. Du Moulin mourut longtemps après, à Sedan, âgé de quatre-vingt-dix ans.

Il en avait quatre lors de la Saint-Barthélemy. Une femme catholique l’avait sauvé du massacre en le cachant dans de la paille sous un lit et des couvertures. C’est ainsi qu’avait été conservée cette belle et noble vie, activement dévouée au devoir, mais où la religion de Celui qui était doux et humble de cœur avait pris un caractère trop habituel de roideur et de passion. Voici en quels termes l’a jugé Vinet : « Les sermons et les écrits de du Moulin paraissent plus éloquents lorsqu’on connaît sa vie. Il n’a rien écrit qu’il n’ait fait, rien recommandé qu’il n’ait pratiqué. S’il manque un peu, la pluriTe à la main, de suavité et d’onction, au moins n’a-t-on pas à lui reprocher d’en avoir mis dans ses écrits plus qu’il n’y en avait dans sa vie. Il nous présente un exemplaire complet de ces champions de l’Évangile au xvii' siècle, de ces membres de l’Église militante qui, s’ils n’ont pas toutes les grâces que le christianisme produit dans les temps paisibles, possèdent à un haut degré, la fidélité, l’intégrité et la charité. C’est un héros. Au moment de mourir, à quatre-vingt-dix ans, épuisé par une longue maladie, qui éteignait même ses affections pieuses : « Éveillez- » moi, dit-il à ses amis, éveillez-moi ! » Ainsi, mourir est pour lui une action. Un empereur veut mourir debout, un chrétien veut mourir ^^vant. C’est un de ces mots qui suffisent n garantir toute une vie. »

HISTOIRE D’UNE RUE DE PARIS

Du Moulin est le seul pasteur de Paris dont le séjour dans la rue des Marais soit connu, quoique d’autres y aient probablement habité. Daillé le fils demeura aux Fossés-Montmartre (1), Mesnard se bâtit une maison sur la montagne Sainte-Geneviève (2), mais le domicile de tous les autres est ignoré.

Sans y avoir habité, le plus illustre des pasteurs du xvn' siècle, Claude, courut un véritable danger dans cette même rue. Nous empruntons à Élie Benoît (t. III, 2' partie, p. /i23) le récit de cette aventuré qui, à cette époque, n’avait rien que de fort ordinaire et de fréquent :

« A Paris même, où la police est si bien réglée, le moindre prêtre qui étoit averti qu’un réformé étoit malade, avoit la hardiesse de l'aller voir, et de le tourmenter par des disputes de controverse, et souvent il mettoit violemment tous les réformés hors de la chambre, pour y demeurer le maître. Fort peu de temps avant la déclaration, la femme d’un tailleur qui deraeuroit au faubourg Saint-Germain, dans la rue des Marais, étant tombée malade, deux prêtres s’emparèrent de la maison, suivis de quantité de peuple qui occupoit tous les passages. Claude, qui demeuroit dans le voisinage, s’y rendit, pour empêcher ces malhonnêtes gens de continuer leure violences auprès de cette femme, qui leur avoit déclaré d’une manière assez ferme la résolution où elle étoit de mourir dans sa religion . L’un de ces prêtres lui commanda de se retirer ; et étant appuyé de la populace, il contraignit en effet le ministre à sortir de la chambre. On eut recours au commissaire du quartier, qui, ayant par quatre fois demandé à la malade si elle

(1) Buitelin, t. Xil, p. 38.

(2) Papiers de la Réunie.

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vouloit se faire catholique, si elle vouloit être assistée d’un prêtre, si elle deinandoit un ministre, et reçu sur chaque article une réponse distincte par oui et par non, fit sortir les ecclésiastiques, et laissa Claude maître de la place. Demiheure après, cette pauvre femme étant morte, il voulut se retirer; mais le peuple furieux de ce que les prêtres avoient perdu leurs p<is, et (|ui, pendant que le ministre avoit fait la prière, avoit fait des cris insolents, et des menaces de mettre tout en pièces, parut si irrité, qu’on ne lui permit pas de s’exposer à scs violences. On renvoya chez le commissaire, qui vint dégager le ministre, et qui le conduisit chez lui, au travci‘s des huées de cette canaille qu’il n’eut jamais le crédit de dissiper. »

On voit que, sous le régime de l’Édit de Nantes et sous le l’ègne de Louis XIV, le ministère des pasteurs de Paris n’était pas exempt de péril.

11 nous reste à dire quelques mots de leurs collègues dans le consistoire, les anciens, souvent appelés alors surveillanLs, parce qu’ils devaient veiller, non-seulement sur la foi, mais sur les mœurs et la vie privée du troupeau.

Plusieurs membres du consistoire habitèrent longtemps cette même rue. Tels étaient, en 1604, maître Samuel Dufresnay, procureur au parlement (1), et en 1685, MM. de Rozemont, le Coq, seigneur de Saint-Léger, et .\ntoine de Massannes. Le premier n’est connu que par une circonstance heureuse et unique; seul des vingt-quatie membres laïques du consistoire, il réussit à pitsser hors de France avec sa femme et ses deux enfants 2).

(1) Butlelin, t. VHl, p. 247.

(2) L'auteur de la France proteslanle, H. Uaag, avait constaté ce fait avec surprise et sans se l'expliquer. Il était singulier, en effet, qu'un seul des vingt-quatre anciens eût échappé à la police de la Revnie. Nous en trouvons l'explication dans le, papiers inédits de ce magistrat. ,M'‘*de Rozemont était partie pour la Bretagne avec la princesse de Tarente, Emilie de Üesse-Cassel, veuve de Henri Charles de la Trémouille. Celle princesse était voisine de M“' de Sévigné, à Vitré en Bretagne, où l'une possédait le château Madame, et l'autre la Tour de Sévigné. Lea deux veuves

HISTOIRE D’UNE RUE DE PARIS

Rozeuiont ne fut pas compris parmi les notables protestants de la rue des Marais, MM. le Coq de Saint-Léger, de la Fontaine, de Massannes et de Pressigny, que M. de la Reynie invita par lettres individuelles à se rendre chez lui le 26 octobre 1685. Que se passa-t-il dans cet entretien? Il n’est que trop facile de le deviner. La Reynie engagea ses visiteurs à abjurer, essaya l’effet des promesses et des menaces sur leur conscience et fit arrêter, soit séance tenante, soit peu après, ceux qui refusèrent. Théodore le Coq lui était signalé comme « un esprit vif et fier » . En effet, il refusa d’abjurer et fut exilé à Mamers; plus tard il le fut au Mans; l’exil n’opérant aucune apparence de conversion, on essaya de la prison de Saint-Magloire, à Paris. Ce fut peine perdue; on le déclara « fort opiniâtre » , et comme tel on l’embarqua, en 1687, à Saint-Malo.

Antoine de Massannes, âgé de soixante-quatorze ans, doyen du consistoire, « député de l’Ile-de-France pour agir aux affaires des Eglises y) , conseiller et secrétaire du roi, était, selon les rapports mêmes de la police, « un vieillard d’un esprit doux et d’une conduite fort sage». 11 jouissait d’une fortune considérable, énorme pour son temps, 7 à 800,000 livres de rente (1) . Exilé au Blanc, enfermé ensuite- dans l’abbaye de Saint-Firmin de Beaugency, puis à Sainte-Geneviève, il s’échappa ou fut banni de France, car, dès 1687, il habitait la Hollande avec sa femme.

s'aimaient; la marquise appelait la princesse ma bonne Torenle. (OKuvres de de Sévigné, Ed, Regnier, t. I, Notice de M. Mesnard, p. 197, et t. 11, p. 229.)

Au rapport de Saint-Simon, M*"® de Tarenle jouit, par la faveur de sa cousine la palatine, belle-soeur de Louis XIV, de privilèges religieux tout à fait uniques. « Monsieur et Madame, dit-il, lui obtinrent la permission très-singulière, à la révocation de 1 Édit de Nantes, non-seulement de demeurer librement a Paris, a la cour, dans ses terres, et partout en France, mais d’avoir un ministre à elle, chez elle, et partout à sa suite, pour elle et pour sa suite, et de faire dans sa maison, partout, mais à portes fermées, l’exercice de sa religion (Mém., t. VI, p. IdO). Nous sommes heureux de vl»ir que la bonne Tarenle méritait l’épithète et faisait proiUer, autant que possible, ses coreligionnaires des prérogatives que lui valait son rang,

(1) 11 habitait une maison située du côté nord de la rue, et à distance égale de ses deux extrémités.

LIllKES ETUDES.

Quant il MM. de la Fontaine et de Pressigny, qui n’étaient pas du consistoire, les renseignements nous manquent. Pressigny appartenait à la famille Heudelet, depuis longtemps établie dans notre rue. Le nom de la Fontaine est trop commun pour que l’on puisse toujours distinguer avee certitude ceux qui le portent (1). Ces deux noms cependant méritent ici une glorieuse mention. Non-seulement, dans les papiers de la Reynie, la Fontaine est signalé comme ayant refusé d’abjurer, malgré la redoutable invitation qu’il avait reçue, mais nous apprenons avec surprise et avec joie que cin<i ans après la révocation, lorsque Louis XI\', dans son orgueilleuse crédulité, s’imaginait avoir anéanti l’Église réformée, elle célébrait secrètement son culte proscrit, rue des Marais-Saint- Germain, chez MM. de la Fontaine et de Pressigny. Nous en avons vu, non sans émotion, la preuve conservée dans les registres du secrétaire d’Etat {Arch. Impér., O, 34), aux dates du 1" novembre et du 11 décembre 1690, M. le pasteur Douen y a relevé une lettre d’un ministre du grand roi, Pontchartrain, à M. de la Reynie ; la voici textuellement :

« On a donné avis au Roy qu’il se fait des assemblées de nouveaux catholiques jusques au nombre de quarante, chez le nommé delà Fontaine, rue des Marais, le long des jardins de riiôtel de Liancourt, qu’il y a un nommé Pressigny qui en est le principal, et qu’une femme étant morte on a fait croire qu’elle était morte subitement. Sa Majesté m’ordonne de vous écrire de faire observer cette maison et de faire arrêter ceux qui se trouveront coupables. »

On remarquera dans cette lettre un mensonge officiel des plus ridicules. Comme le roi avait déclaré qu’il n’y avait plus de protestants en France, on les appelait nouveaux

(() Nous signalerons Charles de Fontenay, sieur delà Fontaine, conseilipr au parlement, dont la femme appartenait à l'une des maisons les plus célèbres de la robe, la noble famille protestante des Hulman. Le fils de ce conseiller et de Marie Hotman était connu sous le surnom de Fontenaj Coup-d'Ei>ée, ntTalIcmant des Rcaux lui a consacré une de ses historiettes (t. IIL p. é72 et 478).

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catholiques. Aussi, quand on voulait dire que le culte réformé était célébré quelque part, on le désignait, en langage de cour, sous le nom fort équivoque d’une assemblée de nouveaux catholiques.

On se demande peut-être pourquoi, d’après cette môme lettre, il avait été faussement déclaré qu’une femme protestante était morte subitement, et pourquoi le ministre de Louis XIV s’en plaignait. C’est que, d’après les édits et déclarations du roi, la famille, les domestiques et le médecin de la défunte auraient dû appeler le clergé pour que la mourante reçût les sacrements de l’Eglise romaine. Nos pères n’osaient à cette époque consulter un médecin catholique, de peur qu’il n’amenât un prêtre pour troubler par ses menaces les derniers moments du malade; si le mourant résistait au clergé, la loi le déclarait relaps et ordonnait qu’au lieu de recevoir une sépulture décente, son cadavre fût traîné nu, le visage contre terre, sur une claie, à la voirie. Pour éviter ces ignobles outrages la famille prétendait, le plus souvent, que la mort avait été soudaine et qu’on n’avait pas eu le temps d’appeler un prêtre.

La lettre ministérielle n’atteignit pas le but, car l’année suivante, 1691, la Rcynie reçut encore de la sccrétairerie d’Etat un « Mémoire sur des assemblées qui se tiennent, à n’en pas douter, le roi le sait, à Paris » .

L’ordre fut gravement donné de découvrir « ce mauvais commerce » , expression de dédain affecté qui fait sourire, appliquée à un culte. Voilà donc le fruit de tant de violences et de ruses, de corruption publique et de sacrilèges abjurations ! Le fetit troupeau était diminué eu nombre, mais non en foi ni en courage, et se rassemblait au même bercail, dans un coin obscur de la même chétive ruelle, sous Louis XIV, après sa victoire prétendue sur l’hérésie, comme il l’avait fait sous Henri II et sous le cardinal de Lorraine avant la Saint-Barthélemy.

UBRES ETUDES.

Cette invincible persistance de nos pères nous rappelle la réponse qu’un grand écrivain a mise dans la bouche du faible, de l’ignorant qui défend contre des subtilités savantes son sentiment intime, son bon sens et sa conscience: Que vous sert de me confondre, si vous ne pouvez me persuader ? De même nos pères pouvaient répondre à Louis XIV et à ses agents, un la Reynie ou un Pontchartrain : Que vous sort de me persécuter, puisque vous ne pouvez m’anéantir? C’est ce que pourront, ce que devront redire, toujours et partout, la vérité à la force, la science à l'intolérance, la conscience à l’oppression.

Je dois m’excuser peut-être d’avoir trop longtemps retenu le lecteur dans une pauvre petite rue qui n’avait pour elle que son nom et ses souvenirs. Elle vient de perdre le premier ; j'ai cherché à restaurer les seconds, imitant quelque peu ce personnage qu’un excellent écrivain, peintre charmant du passé, a représenté restaurant des inscriptions à demi-elfacées sur les tombeaux des a'ieux morts pour leur foi.

Ne laissons pas se perdre la mémoire de la pieuse persévérance de nos pères et de tous les sacrifices qu’elle leur a coûtés. Suivons leurs nobles et grands exemples ; jugeons leurs torts à la lumière de l’Evangile pour nous garder de les imiter, et comme eux, sans manquer à ce que les autorités humaines ont le droit d’exiger, réservons dans notre conscience, dans notre cœur, dans notre vie, l’autorité souveraine à Dieu seul.

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