DES RÉFORMATIONS CHRÉTIENNES
On n’a pas assez remarqué que, dès le premier jour du christianisme, le principe de réformation fut inhérent à sa nature, et qu’il ressort de l’essence môme et des origines historiques de la religion de Jésus-Christ.
Non-seulement Jean-Baptiste, eu se posant comme le restaurateur de l’antique prophétisme juif, opéra une sorte de réformation préliminaire, mais Jésus-Christ lui-même, quoiqu’il fût bien plus qu’un réformateur, ne dédaigna nullement ce côté de son œuvre. Il déclarait hautement qu’il ne venait pas abolir la loi et les prophètes, mais les porter au plus haut degré de vérité et d’efficace (T^X/ipuffo-O- Aussi usait-il ouvertement des deux procédés nécessaires à toute réformation véritable. Tantôt il innovait avec éclat et autorité, et en ce
cas il employait cette formule hardie. Vous avez entendu qu’il a été dit à vos pères... Mais moi je vous dis... (Matth.,
Y. 21, 27, 33, 38, Û3). Tantôt il démolissait l’édiflce compliqué de la théologie et de la, morale officielles; il dégageait le principe ancien du milieu des superfétations traditionnelles qui l’entravaient. Alors, en réponse à cette question très-nette : Pourquoi tes disciples tramgressent-ils la tradition des anciensl il demandait aux docteurs de la loi : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu par. votre tradition! Enfin, il accusait la tradition non pas de violer seulement le commandement divin, mais de \ anéantir (Matth. XV, 3 et 6). Ces paroles montrent que le Christianisme, dès l’origine, compta parmi ses éléments essentiels et constitutifs une réaction religieuse contre l’autorité de la tradition, si puissante, si respectée parmi les Israélites.
Il en sera toujours de même dans l’Église ; toutes les fois que les chrétiens croiront le fond primitif de leur religion dénaturé par l’action du temps, des événements et des hommes, ils ne manqueront jamais de protester et de prêcher une réforme. Comme ils l’ont fait à maintes reprises, ils le feront toujours. C’est, à nos yeux, leur droit et leur devoir.
Rien n’est plus faux historiquement que de se représenter l’Église comme unie et compacte jusqu’aux jours où, dit-on, les réformateurs du xvi* siècle la déchirèrent en deux parties.
Toute l’histoire du christiani.sme nous montre deux courants marchant en sens inverse: d’un côté, l’Église officielle, catholique, se constituant peu à peu dans sa majestueuse unité de dogmes, de rites, et de gouvernement absolu; de l'autre côté, une série, rarement interrompue, de protestations successives, étouffées ou dénoncées sous l’épithète flétrissante d’hérésies, mais fai.sant explosion çà et là, avec toujours plus de bruit, de vigueur et d ensemble, jusqu’au jour où la moitié de l’Europe répudia l’autorité romaine.
Aux temps apostoliques, il existait dans l’Égli.se un parti
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LIBRES ÉTCDES.
traditionnaliste, dit Judéo-Chrétien, qui s’efforcait de conserver dans la religion nouvelle le plus possible d’éléments juifs; ce parti eut pour chef véritable Jacques, dit le juste, évôque ou pasteur de Jérusalem et probablement frère de Jésus-Christ. Saint Pierre, plus connu et plus influent, était considéré comme le représentant de ce parti auquel, par faiblesse, il fit de grandes concessions qui furent vivement combattues et condamnées par le chef du parti contraire, par l’organe du principe de réforme et d’émancipation, par saint Paul. Ce dernier a raconté lui-même, avec une vivacité éloquente, un des incidents de cette grande lutte {Ép. aux Galates^ II, tt à 19). Il termine son récit par cette déclaration : Si Je rebâtissais moi-même ce que j’ai démoli, je ferais voir que je suis un prévaricateur. Dans ces paroles, on reconnaît manifestement les luttes du lendemain d’une réformation, et la résistance qu’oppose nécessairement le principe nouveau à la réaction soulevée contre lui par le principe ancien.
Malgré son génie et la vérité, saint Paul ne fut pas vainqueur dans cette lutte. Le parti de saint Pierre, qui transigi'ail avec les Judéo-Chrétiens, l’emporta; une foule d’idées et d’habitudes juives que saint Paul et Jésus-Christ lui-même avaient ou combattues ou spiritualisées, les jeûnes, le sacerdoce et sa hiérarchie, l’idée matérielle du sacrifice, s’infiltrèrent dans le christianisme. Plus tard, l’esprit éminemment conservateur, «mi de|a lettre et de la réglementation, qui caractérisait les Romains, introduisit dans l’Église une multitude d’usages païens, inconnus aux premiers chrétiens ou abhorrés par eux, et, à la fin, le titre essentiellement romain de Souverain-Pontife, qui datait des rois de Rome et qui fut porté par Constantin même après sa conversion, passa aux évêques de Rome qui le portent encore.
Plus tard, sous les Barbares, les services considérables rendus par le clergé, seul lettré et plus humain que les laïques.
l’usage du latin, langue encore vivante et la seule qui ne fût pas alors en voie de formation, l’oubli général de l’Évangile, l’autorité croissante des prêtres constatée dans l’acte môme de la communion par le privilège du calice^ la domination exercée par eux sur les consciences et les familles par la confession, par l’absolution et par les indulgences, enfin l’organisation suprême de la milice sacrée par le célibat, toutes ces causes et d’autres encore, aidées par l’immense prestige du nom de Rome, constituèrent le pouvoir absolu, dont le point culminant a été atteint, au temporel, par Grégoire VII, et au spirituel par le pape actuel Pie IX, le premier qui, de sa seule autorité, ait décrété un dogme.
Nous n’essaierons point ici d’énumérer les tentatives trèsnombreuses d’émancipation qui se sont produites dans l’Église. Tandis que le christianisme ne paraissait plus se distinguer suffisamment des autres religions ni affirmer assez haut sa supériorité, s’il n’élevait Jésus-Christ jusqu’à l’égalité absolue avec le Père, la grande hérésie d’Arius maintint longtemps une doctrine différente, d’après laquelle le Christ, quoique régnant à la droite de Dieu, avant et après sa venue dans le monde, reste subordonné à son Père. Adoptée par les puissantes races barbares, et en particulier par les Visigoths, cette hérésie fut longtemps persistante dans le nord de l’Italie et de l’Espagne, ainsi que dans le midi de la France. Ces contrées qui, en fait sinon en titre, furent aussitôt ariennes que chrétiennes, reçurent plus tard des Cathares une tendance à demimanichéenne. 11 fallut, pour combattre dans cette région méridionale ces hérétiques auxquels on donna le nom d’une ville française (Alby), créer trois grandes institutions répressives, les confréries des pénitents et l’inquisition (fondées à Toulou.se), enfin les croisades dirigées cette fois non plus contre des païens ou des mahométans, mais contre des chrétiens. Exterminée dans la plaine, l’hérésie se réfugia dans les montagnes d’où rien ne put l’extirper. La persécutiou la plus ri-
goureuse y travailla en vain. Ni la maison de Savoie ni la France ne réussirent à détruire les Vaudois du Piémont, et au xvii' siècle, Villars ne put mettre fin à une guerre impuissante qu’en traitant au nom de Louis XIV avec les camisàrds des Cévennes.
La zone qui s’étend des Pyrénées et du Béarn où régna Jeanne d’Albret jusqu’en Piémont, et qui traverse tout le midi de la France, n’a jamais subi complètement l’autorité de Rome; et c’est là ce qu’il y a de vérité dans l’antique tradition d’après laquelle l’Église vaudoise descendrait directement et sans réformation des apôtres eux-mèmes.
Les tentatives isolées de réforme furent fréquentes dans cette même zone, et y remontent très-haut. Un contemporain de saint Jérôme, Vigilance, prêtre de Barcelone, né au iv' siècle dans les environs de Toulouse, condamna le célibat, les jeûnes, le culte des reliques et des saints. Au vii° siècle, Screnus, évêque de Marseille, brisa les images dans son diocèse. Sous Charlemagne, les évêques Félix d’Urgel, Élipand de Tolède, Claude de Turin, continuèrent plus ou moins hardiment le mouvement hérétique. Au xii' siècle, en France, Valdo, Henri, Pierre de Brueys et en Italie, Aruauld de Brescia, prêchèrent et souffrirent pour la réforme de l’Église (1). Dès lors. Albigeois et Vaudois, Henricims et Pétrobmssiens tinrent constamment en haleine l’esprit de résistance et de rénovation.
Au xiv' et au xv” siècle, il ne s’agit plus seulement de vagues essais. Déjà Wicklyffe en Angleterre, Jean Huss et Jérome de Prague ('2) en Allemagne, en Italie Savonarole sont des réformateurs. Le dernier répète sans cesse : Ecdesia indiget reformatione. Moins illustres, Jean de Wesel à Erfurt et à Worms, Jean Wes.sel à Cologne , à Louvain , à Gro-
(1) Les Réformateurs de la France et de l'Italie au xii* siècle, par M. Peyrat,
(2) Les Réformateurs avant ta Réforme, pir M. Emile de Bonnechose.
ningue, et d’autres encore, semaient les germes de l’Église nouvelle.
Le progrès des lumières, l’invention de l’imprimerie, la renaissance des lettres, le changement d’équilibre qu’amena entre tes divers États et entre les fortunes privées la découverte de l’Amérique, rendaient intolérable l’ancien asservissement desesprits; lacorruption des prêtres choquait toujours plus vivement les consciences. Les services éminents qu’avait rendus le clergé pendant des siècles barbares avaient cessé d'être nécessaires. Le schisme d’Occident avait d’ailleurs affaibli le prestige séculaire de la papauté. Les peuples, les rois, une foule de magistrats, de prêtres, de docteurs, tels que Gei’son et Nicolas de démanges, demandaient à grands cris que l’Église fût réformée dans son chef et dans ses membres. Des conciles généraux se réunirent à Fisc, à Constance, à Bâle pour opérer cette réforme, qui échoua toujours par l’opposition inébranlable de Rome. En vain les plus vives espérances saluaient l’avénernent au pontificat d’Æneas Sylvius (|ui, au concile de Bàle avait été l’un des plus ardents champions de la réforme à opérer. Devenu pape sous le nom de Fie II, il se hiUa de déclarer exécrable et coupable de lèzemajesté toute personne, fût-elle de dignité impériale, royale ou pontificale, qxd en appellerait du pape à un concile futur. (Bullar. Mag. I, S69). Le saint-siège se refusa àtoute réforme jusqu’au dernier moment, et quand la moitié de l’Europe se sépara de lui, ce fut d’abord malgré elle et parce qu’il l’excommunia.
Enfin Luther parut; mais déjà, cinq ans avant qu’il brêlâtà Wittemberg la bulle par laquelle Léon X le condamnait, un signal beaucoup moins éclatant sans doute, qui cependant ne resta pas inutile, était parti de la France, de Faris, de l’enceinte d'une des plus puissantes abbayes du monde, Saint-Germain des Frés. Là, protégé par l’abbé (Briçonnet, fils d’un cardinal et plus tard évêque de Meaux), un savant pieux et timide,
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Jacques Lefèvre d’Etapies, avait trouvé et publié dans sou commentaire sur les épîtres de saint Paul, la grande doctrine de la justification par la foi. Dégagé des termes de l’école, ce dogme, qui rattache directement les réformateurs du XVI* siècle à ceux du premier et à saint Paul, leur chef, consistait en cette vérité qui n’est pas douteuse : Ce ne sont pas les dehors, les formes, l’autorité des hommes, l’adhésion El cette autorité, qui sauvent et qui régénèrent, mais 1e dedans, la vie intérieure et individuelle, la coiLscience, la foi. Dès que ce principe, inauguré par Lefèvre, eut été mis en pleine lumière par Luther , une immense révolution se trouva faite ; le centre de gravité du monde moral était déplacé. La suprême autorité ne résida plus à Rome, mais au fond de l’Eime de tout croyant. Les esprits furent gouvernés, non plus par un fait politiciue et par une puissance matérielle, la papauté, mais par un fait psychologi(}ue, la foi, par une force spirituelle , la conscience individuelle. Dès lors on pourra encore poser des restrictions au principe nouveau ; mais on n’empêchera plus que l’avénement et la souveraineté de la conscience ne soient un fait accompli.
Nous n’entreprendrons pas de raconter l’histoire de la Réforme et les circonstances qui en décidèrent l’explosion, comme la vente des indulgences. Luther, VEiste et ardent génie, est l’homme le plus complet de ce grand siècle, homme de cabinet et d’action, de gouvernement et d’impulsion populaire, d’imagination et de raisonnement, réunissant à l’intrépidité du croyant l’inspirsition de l’artiste (surtout en musique), les larges vues du penseur, la patience du ssivant, les talents passionnés et multiples de l’iigitation populaire. Il y a dans sa grandeur quelque chose de grossier qui choque le goût français, mais qui servit sa cause, loin de lui nuire. 11 fut dans l’ordre religieux co que fut dans l’art son contemporain, Michel-Ange. 11 n’est guère deFraiicEiis à qui tes œuvres de ces deux géants ne déplaisent à première vue; plus tsird
on en sent l’incomparable puissance, sans arriver toujours à, les aimer. Quoi qmil en soit, on ne doit pas méconnaître l’ampleur libérale de Luther et sa hardie confiance en la vérité. Par là il fut bien réellement le plus grand des émancipateurs modernes. Pour lui, le dogme essentiel, c’est que le juste vivra par la foi; en d’autres ternies, il s’est dégagé du réseau d’observances et de rites dans lesquels le principe d’autorité disperse et dissipe les activités de l’âme ; il les a concentrées, au contraire, dans l’homme intérieur, il a restitué à l’individu la libre disposition des forces morales que Dieu lui a données et que nul ne doit lui ravir. Si Luther révéla à l’humanité le secret de la puissance qu’elle tient de Dieu, c’est qu’il l’avait trouvée en lui-même. 11 n’a vaincu que parce qu’il avait énergiquement lutté. Il avait acquis à ses dépens le droit de dire ; « Si le prêtre ne veut pas f absoudre et te refuse le sacrement de ï autel, laisse là sacrement, autel, prêtre , Église: le véritable évêque te nourrira lui-même. » C’est ainsi qu’il proclamait cette sacrificature universelle, ce sacerdoce du laïque que saint Paul avait enseigné si hautement et qui fut une des forces et une des lumières du protestantisme.
Calvin, bien ditférent de Luther, fut éminemment Français et poussa à l’extrême quelques-unes de nos qualités nationales, clarté, logique, enchaînement rigoureux des idées, culte exagéré de la théorie, dédaiu de tout ce qu’on ne sent pas soi-même, talent inné d’administration, goût très-vif pour la centralisation et ce genre particulier d’étroitesse qui, joint à une rare profondeur, a fait comparer certains esprits à des puits artésiens. Bien moins complet que Luther, mais plus puissant encore et plus absolu dans sa sphère plus étroite, il commit des fautes plus graves, emporté par une logique inflexible jusqu’à la cruauté. Jurisconsulte encore plus que théologien, il introduisit dans le dogme la rigueur juridique et légale du droit romain. Le bûcher de Servet
LIBRES ÉTÉDES.
jettera toujours sur sa mémoire un reflet sinistre ; Rome ne peut lui reprocher cette cruauté dont elle fut coupable comme lui, puisque Servet avait échappé déjà par la fuite au supplice même dont il mourut et auquel un tribunal catholique l’avait condamné pour le même livre. Ce sont les protestants qui ont le droit de reprocher éternellement à la mémoire de Calvin, cette tache sanglante dont il souilla le berceau de la Réforme. Il y eut en Calvin un homme de son temps, violent et dur, un fanatique, en même temps que l’austère et merveilleux rénovateur des esprits.
Le troisième chef de la Réforme et le moins remarqué fut inférieur aux deux premiers dans le grand art de discipliner les âmes, mais il fut plus sage qu’eux, et son œuvre un peu froide, mais rationnelle, gagne peu à peu dans les esprits, à mesure que l’édifice laborieux du dogme calviniste tombe en ruines, et que les formes luthériennes perdent leur prestige.
Considérés comme écrivains, les deux premiers ont contribué autant et plus que personne de leur temps à fixer la langue de leur pays. Comme théologiens, ils sont au nombre des plus grands que l’Église universelle ait jamais possédés; mais leur œuvre, tout empreinte de l’esprit de leur siècle, fut une réaction trop violente contre le catholicisme pour qu’elle pût durer sans se transformer; et c’est en cela surtout que l’âme plus calme, les sentiments plus justes de Zwingle lui ont donné sur eux un avantage réel à la longue, mais qui en son temps lui a nui. Au reste, ce n’est point par leur théologie, dont l’influence a beaucoup diminué, que ces trois esprits ont agi le plus efficacement sur l’humanité et sur sa destinée ; c’est par le principe auquel ils ont donné une formule visible et une large place dans le monde , le principe de l’individualisme religieux, de la souveraineté absolue des consciences dans le domaine de la foi ; hardie assertion qui est loin encore d’avoir porté tous ses fruits, mais qui a émancipé la philosophie et la science, affranchi l’esprit humain et ouvert une ère
UE LA REEOHMATION.
nouvelle, celle de l’histoire moderne. Il serait puéril de prétendre défendre les Réformateurs contre le reproche d’avoir préparé l’avénement des glorieux principes qui, contestés de siècle en siècle, furent enfin proclamés en 1789. Les droits de l’homme et du citoyen ne pouvaient, dans la situation où le monde se trouvait sous l’empire de Rome, être constatés, être compris, qu’après les droits du chrétien. Reconnaître des droits à l’individu dans des questions universellement consi- dérées comme les plus hautes et les plus sacrées, c’était nécessairement, et qu’on le voulût ou non, préparer le jour où, dans les affaires de ce monde, l’homme arriverait à exercer scs droits longtemps ignorés. Dès que l’individu a pu être lui-même eu face du Saint-Siège, de l’Église* et de Dieu, il apprit à s’affirmer, à se maintenir devant ses sembkibles. Deux fois la notion romaine de l’homme avait annihilé l’individu, devant l’État d’abord et ensuite devant l’Église; elle se trouva enfin remplacée par la notion chrétienne et moderne de l’individu responsable, c’est-cà-dire libre eu tout ce qui n’attente point à la liberté d’autrui. Le païen, l’homme du moyen âge, n’était qu’un client de l’État ou un serf de l’Église, et sa conscience, comme son corps, appaiienait à son patron, à son seigneur. Le chrétien, l’homme moderne doit être redevable envers l’État et fidèle à son Église, mais il est avant tout un homme, enfant de Dieu et relevant directemcjit du ciel.