‹ LichtensteinChapitre 2 sur 16 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

être représenté dans un roman sous de douces et tendres couleurs. Ce prince a été l'objet de bien des attaques; bien des yeux même se sont habitués, lorsqu'ils passent en revue la cralerie des portraits des ducs de Wurtemberg, à sauter avec une sorte d'horreur du vieux Eberhard à Christophe ', comme si le malhear d'un pays ne devait être imputé quà son souverain, ou bien comme si c'éiait un devoir de détourner les yeux avec horreur des jours de t&urmente.

On pourrait aussi se permettre de demander si en jugeant ce prince on ne parle pas trop d'apr&s son ennemi le plus acharné, Ulricli de Hutten, qui, pour ne rien dire de plus, est ici trop homme de parti pour être regardé comme un témoin impartial. Pour le duc et ses amis , le torrent bruyant des événements a couvert leurs voix, et elles sont restées étouffées sous l'éloquent plaidoyer de son ennemi, sous la tonnante P/ii'h'pprca in ducem Ulricum.

Nous avons comparé avec soin presque tous les écrivains de l'époque, témoignages d'un siècle éloigné et agité, et nous n'en avons trouvé aucun qui condamne absolument ce prince. Si Ion considère l'influence que le temps et les circonstances exercent sur les hommes, si l'on considère qu'Ulrich de Wurtemberg grandit sous la tutelle de mauvais conseillers qui le poussaient au mal pour faire ensuite de lui leur instrument: si l'on se rappelle qu'il prit en main le pouvoir, à peine sorti de l'enfance; on devra plutôt admirer les beaux et nobles côtés de son caractère, sa force d'âme et son courage indomptable, et on devra ne pas craindre d'adoucir bien des traits, dont les yeux sont blessés dans son histoire.

L'année 1519, dans laquelle se placent les événements de notre récit, a décidé de son sort, car elle a été le commence rient de ses longues infortunes; cependant la postérité doit dire que ce fut le commencement de son bonheur. En effet, ce long exil fut une rude école, d'où il sortit plus sage et plus fort. Pendant les années qui suivirent son retour, son gouvernement mérita d'être béni de tout Wurtembergeois qui regarde comme un bonheur les changements religieux opérés par ce prince.

Cette année devait amener une crise. Il y avait déjà six ans que le soulèvement du pauvre Conrad avait été comprimé avec peine. Cependant le peuple commençait çà et là à murmurer, parce que le duc n'avait pas su gagner son a'ffection et que ses employés le traitaient avec dureté et établissaient impôts sur impôts. La ligue de Souabe, puissante association de princes, de comtes, de chevaliers, et de villes libres de Souabe et de Franconie, avait été offensée par son refus de se joindre à elle. Tous ses voisins observaient sa conduite d'un air jaloux, comme s'ils n'attendaient qu'une occasion de lui faire sentir quelle puissante alliance il avait rejetée. L'empereur Maximilien, qui régnait encore alors, ne lui était pas non plus très-favorable, surtout depuis que le duc était soupçonné d'avoir soutenu le chevelier Gœtz de T^erlichingen , pour se venger de l'électeur de Mayence.

i. C'est d'Eberhard le Barbu qu'il est ici question. Né en M45, mort en M 96, il régna irès-sapcmenl. 11 fui le premier duc de Wuiicmberg. Chîisioplie, né en <515. n.ori en 15G8, esl iln prince 'ionl la mémoire est bénie non-sculcmeni dans le Wurtemberg, mais même dans toute l'Allemagnc. C'est lui qui donna sa conslilniion au duché de Wurtemberg.

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