‹ L’ictère graveChapitre 20 sur 23 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

at s'agit d’un aspirant, blessé le 8 octobre à 16 heures, qui arrive à l'hôpital à 21 heures : plaie du poumon gauche par un volumineux éclat d’obus. Intervention au 2° jour le 10 octobre, extraction du projectile dans le lobe inférieur, |excision de la loge du projectile et du trajet, suture de la . pulmonaire et des parties molles.

Après cette intervention, la température s'élève progres-

sivement en même temps que la dyspnée. L’expectoration G. Leroy ie ANNE 3

LS dk hémoptoïque, l'existence d’un foyer soufflant avec râles sous-crépitants à la base gauche témoignent de l'existence d’une réaction infectieuse du poumon,

Cet état persiste environ 6 jours et se traduit par une aggravation surprenante des symptômes généraux. Le 18, l'attention est attirée vers la base gauche, par des signes très limités d’épanchement pleural ; on retire sur la ligne axillaire par ponction exploratrice, un liquide rosé, limpide, dont le culot contient des leucocytes plus ou moins dégénérés et des bâtonnets que les études bactériologiques classent

b. perfringens. Cette affection anaérobie est pure.

Le 19,la situation s’est tellement aggravée qu’on considère toute intervention comme contre-indiquée. Le blessé est sub-comateux, le pouls est à peine perceptible, le teint et les conjonctives sont colorés en jaune. Malgré cet état général qui fait craindre une mort prochaine, nous commençons une sérothérapie spécifique à l’aide des sérums anti-pertrin-

gens de Weinberg : l’un anti-toxique, l’autre anti-microbien.

On commence le 19 par une injection intraveineuse de 50 ec.

Cette injection est suivie d’une réaction violente : frisson,

syncope, état inquiétant, On diffère l'injection intra-pleu-

rale du sérum antiperfringens au 22 octobre. Celle-ci est

suivie d'amélioration thermique. À partir de ce jour on multiplie les injections de sérum, on les fait sous-cutanées, les injections intraveineuses faisant craindre une réaction in

quiétante comme celle que l’on avait observée et les injec-

tions intra-pleurales étant rendues difficiles à cause de l’im= possibilité de trouver par les ponctions exploratrices faites

dans le dos et sur la région axillaire l’'épanchement pleural découvert la première fois. Oninjecte ainsi 200 cc. dé sérum

Page 1