I. V>ài\m cnlhcY, Ligier Ricliier, p. il
?. Catalogue des Sculftcurs français depuis le XIII' siècle, par M. Barbet de Jouy. Paris, nS.S.S.
ENFANTS EN PRIERE, Sculptures de l'école des Ricbier. (Eglise Saint-Michel, à Saint-Miliicl.)
minutieux, exécuté en pierre de Saint-Miliiel, est de son école, mais ne présente aucun des caractères qui constituent son style. On y sent l'influence des écoles allemandes plutôt que celle des écoles italiennes. Ligier Richier ne put ignorer les idées nouvelles qui préoccupaient l'esprit des artistes de son temps ; mais toutes les œuvres qu'on peut, avec certitude, lui attribuer témoignent qu'à aucun moment de sa laborieuse carrière il n'abandonna l'idée qu'il avait conçue du beau dans l'ordre esthétique et psychologique. C'est à la constante application de ses théories qu'il doit l'originalité puissante dont il a fait preuve dans tous ses ouvrages.
A sa suite sont venus des hommes qui fortitiérent leur talent par l'étude des œuvres de leurs contemporains, mais dont la personnalité n'est pas assez nettement accusée pour qu'on puisse attribuer à l'un plutôt qu'à l'autre tel ou tel travail. A leur égard, il n'y a, Jusqu'à présent, que doute et incertitude.
Un des petits-fils de Ligier, dont les (tuvres ne peuvent être contestées, est Jacob, qui fut longtemps attaché au service du connétable de Lesdiguiéres. D'après M. Natalis Rondot il exécuta à Lyon, à Grenoble et au château de Vizillc, en Dauphiné, des travaux de sculpture considérables. Il est aussi l'auteur du charmant médaillon de Marie Vignon, marquise de Tretfort, qui devint l'épouse du duc de Lesdiguiéres. C'est à M. Natalis Rondot, auquel on doit tous ces renseignements, qu'il appartient de nous faire connaître les œuvres remarquables de cet enfant de Saint-Mihiel, qui sut dignement continuer, dans le midi de la France, la réputation de son illustre aïeul.
En i56o, Ligier Richier et son tils Gérard signèrent une pétition adressée au duc de Lorraine, Charles III, pour obtenir en faveur des réformés calvinistes le libre exercice de leur culte-. Il semble qu'a celte époque ils avaient adopté les nouvelles doctrines religieuses. Lclu's supplications ne furent point écoutées et, dès lors, ils durent quitter Sainl- JVlihiel, OLi leurs biens et même leurs vies n'étaient plus en sûreté. Ils se réfugièrent à Cienève, mais il ne parait pas qu'ils y exercèrent leur art.
1. Jacub Ricllicr, sculpteur et mêdailleur 1 5u8-i par M- Natalis Rondot, Lyon,, inip. Mongin-Rusan, i885, gr. in-8", 10 p., i pL photogi-..
2. Ligier Richier et la Ré/orme à Saint-Mihiel, par M. Dannrciither, pasteur i.lc l'Eglise reformée de Bar-le-Duc. Extrait du tome 11, 2"^ série, des Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-lc-Duc {i883!.