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La coutume de représenter, dans les calvaires, la scène de r « Évanouissement » ou de la « Pâmoison » de la Vierge ne se répandit qu'aux environs du quinzième siècle. Elle était couramment en usage au temps de Richier, chez lequel nous l'avons déjà rencontrée au retable d'Hattonchâtel. Elle reçoit ici, l'artiste étant arrivé à l'entière possession de ses moyens, tout le développement qu'elle comporte.
La Vierge vient de s'évanouir, et saint Jean, selon la tradition rapportée par l'Évangile de Nicodéme, la reçoit dans ses bras et l'empêche de choir. Le mouvement général de l'apôtre ne rend pas aussi parfaitement qu'il serait permis de le souhaiter l'effort musculaire que sa charge l'oblige à fournir, mais la spontanéité, l'élan, y sont parfaitement traduits; les bras trop symétriques de la Vierge ont de la raideur; l'ensemble, où l'on pourrait encore relever d'autres défauts, est d'une sévérité un peu froide. Au reste, les attitudes sont vraies, les draperies simples et la composition, malgré certaines faiblesses, est d'une belle et forte tenue, qui touche au grand. N'oublions pas d'ailleurs, ainsi que nous en avons déjà fait la remarque, que ce groupe n'est qu'un fragment et qu'il faisait peut-être une autre impression dans l'œuvre complète.
Les bras de la Vierge pendent, les mains sont inertes ; la jambe droite, déviée, ne touche presque plus le sol, et celle de gauche, repliée en arrière, ne prête plus son appui à cette masse chancelante. La tête, modérément inclinée, retombe en avant ; les lignes du visage, où se remarque, comme dans le groupe de Clermont-en-Argonne, une recherche assez accentuée de la régularité des traits, sont harmonieuses et pures. Aucune contraction ne vient en altérer la grave beauté.
Le costume de la Vierge est toujours le même, mais avec