‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 121 sur 269 · ŒUVRES DIVERSES · texte numérisé non relu

ŒUVRES DIVERSES

Avant d'aborder l'étude des sculptures funéraires et du Sépulcre de Saint-Mihiel, qui fut probablement le dernier groupe auquel Richier mit la main, il nous reste à examiner un certain nombre de compositions isolées sur lesquelles nous n'avons pu découvrir presque aucun renseignement. Toutes cependant, bien qu'à des degrés divers — cela en raison de leur date sur laquelle rien ne peut nous fixer — présentent les caractéristiques des œuvres du maître et nous paraissent devoir être rattachées à son atelier. S'il nous est impossible d'établir, avec preuves à l'appui, qu'il peut en être considéré comme l'auteur exclusif, les analogies très marquées qui s'y rencontrent nous portent à croire qu'il n'y fut point étranger. Nous ne voyons au surplus, en

lyé LIGIER RICHIER

Lorraine, parmi les artistes contemporains de Ligier dont quelques œuvres nous sont connues, aucun statuaire capable d'exécuter des morceaux de cette envergure.

L'un des plus typiques d'entre eux se rencontre à Clermonten-Argonne.

Sur le sommet de la colline à laquelle est adossée la petite ville, s'élève une modeste chapelle dont l'abside est l'unique débris de l'église de la citadelle, détruite vers le milieu du dixseptiéme siècle. C'est la chapelle Sainte-Anne, but non oublié d'un pèlerinage séculaire.

Le seuil à peine franchi, un groupe de personnages entourant un Christ au tombeau frappe le regard sans le séduire. Les statues sont disproportionnées et l'on devine sans peine un ensemble fait de pièces disparates, différentes d'époque et de style, rassemblées là au petit bonheur. Mais une d'elles captive bien vite l'attention. C'est une statue de femme, debout, légèrement inclinée, dont le regard fixé sur le cadavre raidi du Christ porte une indicible expression de douloureuse tristesse.

Venue sans aucun doute de quelque Sépulcre ignoré et détruite), apportée là un jour par on ne sait quel hasard heureux,

I. D'aprcs le Fouillé du diocèse de Verdun de l'abbc N. Robinet, Verdun, 1888, t. I, p. 450, le Sépulcre de la chapelle Sainte-Anne proviendrait de l'ancienne église des Minimes de Verdun. Cette église, qui n'était autre que celle de l'ancien prieuré de Saint-Louis, restaurée et agrandie lors de riiistallation des Minimes, a été reconstruite vers 1830 et est devenue l'église paroissiale de Saint-Sauveur. Il est assez peu probable que le groupe, tel qu'il ligure aujourd'hui à Clcrmont, ait été composé pour cette église, car il ne comprend que des pièces disparates, de provenances évidemment très diverses, rassemblées, semble-t-il, sans autre souci que celui de constituer un ensemble à peu près présentable. Mais il est possible que notre statue provienne d'un sépulcre érigé autrefois dans cette église et auquel elle a seule survécu. Pour reconstituer un groupe complet on lui a ajouté des figures provenant de différentes scènes.

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