LA SAINTE FEMME DE CLERMONT I
cette magistrale épave, mise encore en valeur par les médiocres figures qui l'entourent, présente tous les caractères que nos précédentes études nous ont permis de découvrir.
Le corps est légèrement incliné en avant, les bras tombants et les deux mains jointes('), le regard dirigé vers le Christ qui est étendu mort cà ses pieds. La pose en est impeccable. Les traits du visage, très réaliste comme à Génicourt et à Briey, rappellent ce type de paysanne lorraine si fréquemment reproduit par l'atelier. C'est bien ici un portrait pris sur le vif, dont les traits assez fins et joliment modelés s'accusent avec une pureté de dessin et une puissance de rendu étonnantes. Les lèvres entr'ou vertes, celle du bas un peu tombante, sont frémissantes de vie et de réalité ; les plaintes paraissent s'en exhaler, amères sans doute, mais pleinement résignées.
Une coiffure singulière, en forme de large bonnet, enveloppe tout le sommet de la tête, épousant le contour des masses compactes de la chevelure. Sa partie supérieure, plus raide, est ornée de délicates broderies malheureusement très empâtées par la peinture, et d'une boucle d'orfèvrerie formée d'un gros cabochon entouré d'un double rang de petites perles. Des bandelettes ingénieusement agencées maintiennent l'ensemble. Les brides, très larges et souples, sont fixées à l'arrière et nouées sur la nuque, laissant de longues nattes de cheveux s'échapper librement sur le dos. Ramenées ensuite en avant du corps, elles forment une véritable guimpe tombant librement sur la poitrine. Une double attache les réunit à la naissance du cou, ainsi complètement découvert et, à l'extrémité inférieure, les deux coins correspondants sont noués avec une extrême élégance. La robe,