I. Ces mains ont été grossièrement refaites en plâtre
étroite et ajustée comme dans les précédentes figures de femme, est relevée par une ceinture assez basse sur laquelle elle retombe en formant un gros pli débordant. Les manches, fendues en dessous jusqu'à la naissance des bras, sont rattachées par des boutons assez espacés entre lesquels s'échappe en bouffants une doublure intérieure. Un vase, enveloppé d'un linge blanc, est maintenu sous le bras gauche. Le manteau, simplement posé sur l'épaule gauche et jeté sur le bras, descend jusque sur le sol. La taille, parfaitement dessinée par le vêtement, est élégante et souple ; les lignes générales du corps, enveloppé dans les sobres plis du manteau, sont bien proportionnées et extrêmement harmonieuses. Les pieds, fins et cambrés, sont chaussés de sandales retenues par des rubans qui disparaissent sous la chute du vêtement.
Cette figure, dans laquelle tous les éléments que nous venons de décrire rappellent de si prés ceux que nous avons rencontrés dans les œuvres précédentes, est connue sous le nom de « la Madeleine ». La place qu'elle occupe dans le groupe actuel correspond en effet à cette dénomination, mais elle nous paraît erronée. Le type n'est nullement celui consacré par la tradition. Madeleine, en effet, dans toutes les compositions du Moven Age et de la Renaissance, a la tête nue, les cheveux longs et déroulés sur les épaules ; son costume est très riche, sa pose très cherchée, très dramatique parfois. Richier, ainsi que nous l'avons vu à Hattonchâtel et à Briey et que nous le constaterons une fois encore à Saint-Mihiel, n'a jamais modifié le type traditionnel . de la Pécheresse. Il y a donc tout lieu de penser que la statue en question n'était, dans l'œuvre primitive, qu'une des saintes femmes, compagnes ordinaires de la Vierge dans les scènes de la Mise au tombeau. Cette statue, dont la