Arch. du Conseil de fabrique de la cathédrale de Nancy
de quelque tradition, équivaut, semble-t-il, à une désignation formelle. Sans attacher évidemment une valeur excessive à ce document, on y peut néanmoins trouver, l'examen de l'œuvre révélant la facture habituelle du maître, un appui de quelque importance.
L'indication de la provenance de l'objet aurait pu nous fournir aussi un renseignement précieux. Malheureusement, aucune des œuvres de sculpture inscrites sur le catalogue n'est suivie de la mention de son lieu d'origine. Tout nous fait croire cependant que celle qui nous occupe ne provient pas de Nancy, dont la plupart des églises et établissements religieux, de fondation assez récente à l'époque révolutionnaire, n'existaient pas au temps de Ligier Richier.
Les églises paroissiales de Saint-Epvrc et de Notre-Dame, la Collégiale de Saint-Georges, l'église du monastère des Cordeliers, quelques rares hospices et couvents existaient seuls alors soit dans la Ville-Vieille, soit dans ses environs immédiats. Nous avons parcouru les inventaires de leur mobilier et avons acquis la certitude que, dans aucun d'entre eux, ne se trouvait de crucifix qui pût être confondu avec celui qui nous occupe. Lionnois, à son tour, dans sa description des églises et couvents de Nancy, ne nous parle qu'une seule fois d'un monument de ce genre. « On voit, dit- il, dans l'église Saint-Epvre, un crucifix suspendu à la voûte et appuyé sur une longue poutre qui sépare la nef du chœur ('). » C'était, ajoute-t-il, une œuvre de Bordenave, « exécutée pour MM. de l'hôtel de ville en échange de quelques franchises qu'ils lui avaient accordées (') ». On remarquait, sous les pieds du Christ,