Officium dejunctorum, noct. m, lect. vm
coiisumptis carnibus, adbasit os ineuin, et derdicta sunt tantumiuodo lahia circa dentés iiieos... Scio cnim qiiod Redeiiiptor meus vivit, et in novissimo die de terra surrecturus siini. Et rursum circumdahor pelle mea, videbo Deum nieuni. Qiiem visnriis snm ego ipse, et oculi mei conspecturi sunt, et non alius ; reposita est bac spes niea in sinii meo ('). » Le texte sacré est rendu pour ainsi dire à la lettre ; il était difficile de le suivre de plus près que ne l'a fait notre sculpteur, et nous croyons qu'il ne faut pas chercher ailleurs la source de son inspiration.
Le squelette de Bar est donc bien, ainsi qu'on l'a dit, un eniblènie - on sait le goût des quinzième et seizième siècles pour les images emblématiques — un emblème de la Résurrection. L'idée que l'artiste a voulu traduire est la même que celle qu'a tâche d'exprimer le sculpteur du tombeau de Charles de Lalaing ('), au musée de Douai (vers 1560) : ce tombeau est orné de quatre figures représentant les quatre Vertus cardinalices ; l'Espérance tient une tête de mort et elle a pour devise post tenebras lux ('), ce qui signifie que la récompense à laquelle nous tendons ne doit apparaître qu'au delà du tombeau.
L'œuvre de Richier fut primitivement érigée dans la Collégiale de Saint-Maxe, à Bar-le-Duc, à peu de distance du caveau où avait été inhumée une partie de la dépouille de René de Chalon. Dom Calmet, qui l'y vit, l'appelle Statue de la Mort et pense,
1. « Mes chairs étant consumées, ma peau s'est collée sur mes os et il ne me
reste que les gencives autour des dents Mais je crois que mon Rédempteur est
vivant et qu'au dernier jour je ressusciterai de la terre. Ht revêtu de ma chair je verrai Dieu mon Sauveur. Je le verrai moi-même et non un autre, mes yeux le contempleront; cette espérance repose dans mon sein. » (Job, xix, 20, 25, 26, 27.)