LE « SQUELETTE » DE BAR
lui aussi, qu'elle n'était qu'une simple figure allégorique destinée à supporter le cœur du jeune prince (')• Longtemps après la fusion des deux collégiales, au mois de juin 1790, le monument fut transporté dans l'église Saint-Pierre, riche déjà du Christ et des deux larrons attribués également à notre sculpteur.
C'est dans un des croisillons du transept de cet édifice, côté de l'épître, qu'elle se trouve encore aujourd'hui, placée au centre d'une décoration funéraire « sinistre et ridicule » ('), mais assez en harmonie avec le sujet qu'elle entoure. Le fond en est formé par une draperie peinte, jetée en forme de manteau princier, doublé et bordé d'hermine blanche mouchetée de noir. Douze panneaux de marbre noir, encastrés dans des moulures de pierre blanche, sont disposés à l'entour. En avant de chacun d'eux, un petit cippe en forme d'autel antique, posé sur un cul-de-lampe, supporte deux tibias croisés, entremêlés de lambeaux de chair et surmontés d'une larme. L'espace resté vide entre les deux panneaux de la partie supérieure est remph par un écu sans armoiries, posé sur un cartouche entouré du collier de la Toison d'or, timbré d'un casque taré de front et fermé de neuf grilles d'où s'échappent des lambrequins de feuillage. Deux colonnes corinthiennes en marbre noir, surmontées d'un entablement du même ordre, encadrent l'ensemble de cette décoration funéraire dont l'effet, évidemment très macabre, n'est pas sans offrir une certaine harmonie. Sauf l'écusson et le casque qui le surmonte, tous ces détails sont d'origine moderne et le ciseau de Richier y est absolument étranger (').