‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 164 sur 269 · LE SÉPULCRE — ÉTAT ACTUEL 24I · texte numérisé non relu

LE SÉPULCRE — ÉTAT ACTUEL 24I

région lorraine, nous pourrions en rencontrer d'assez nombreux exemples {').

Entre toutes les compositions do ce genre qu'il nous a été possible d'examiner, celle qui est sortie des mains de Richier nous a toujours paru une des plus sincères et des plus vraies. Moins touchante peut-être que d'autres plus anciennes, elle les dépasse cependant par l'élévation de la pensée, l'attitude pieusement recueillie des personnages, le mérite artistique de l'exécution.

Le Sépulcre de Saint-Mihiel — gardons-lui le nom consacré par l'usage — nous est parvenu dans un assez bon état de conservation. Comme plusieurs oeuvres similaires, le Sépulcre de Solesmes entre autres, avec lequel on l'a mis quelquefois en parallèle, mais qui en diffère sensiblement surtout par le groupement des figures, le Sépulcre sammiellois est très connu, très célèbre même. Mais il a été plus loué qu'étudié.

Treize personnages, un peu plus grands que nature, disposés dans une sorte de grotte ou d'enfeu pratiqué dans la travée centrale du collatéral sud de l'église Saint-Étienne, forment le groupe conçu par Richier. En voici le thème :

Pendant que Salomé, placée au côté gauche de la scène, étend dans le sarcophage le linceul destiné à envelopper le cadavre

de la chapelle de l'Hotel-Dieu de Tonnerre, mais il n'est sûrement pas le premier monument de ce genre et d'autres doivent lui être antérieurs. Il fut exécuté, en 1453, par Jean Michel et Georges de la Sonnette, aux frais de Lancelot de Buronfosse, riche bourgeois de la ville, et livré le 30 avril 1454. Un diner du prix de quarante sols réunit, à cette occasion, le donateur, les artistes, les ouvriers et les maîtres de l'hôpital. Ces derniers, pour témoigner leur reconnaissance à Buronfossc, lui accordèrent le droit de sépulture dans la chapelle du Sépulcre et décidèrent qu'une messe y serait célébrée chaque année pour le repos de son àme.

I. Pont-à-Mousson (église Saint-Martin), Varangéville, Saint-Nicolas-de-Port, Hayon, Nomeny (Meurthe-et-Moselle) ; Chaumont, Ceffonds (Haute-Marne) ; Neufchâteau, Épinal (Vosges), cathédrale de Metz, etc

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du Christ, deux disciples, Joseph et Nicodcme, porteurs du funèbre fardeau, se sont arrêtés un instant. Nous les voyons au premier plan : Nicodéme, légèrement penché en avant, soutient sous les épaules le corps dont la tête inclinée vient reposer contre son bras; Joseph d'Arimathie, agenouillé sur la jambe droite, laisse reposer sur sa cuisse gauche les membres inférieurs de Jésus que ses deux bras étendus supportent également aux pieds et sous les genoux. Non loin de lui, Madeleine, également agenouillée, l'aide à maintenir les pieds qu'elle effleure délicatement de ses lèvres.

Au second plan, à peu de distance en arriére de ce premier groupe, la Vierge, soutenue par saint Jean et Marie-Cléophée, jette un dernier regard sur le Fils que la tombe va bientôt lui ravir et, accablée par cette épreuve suprême, succombe sous le poids de son immense douleur.

Un ange, debout et tenant la croix, occupe l'espace resté vide entre Salomé et Marie-Cléophée. Une tradition sammielloise veut que les traits de ce céleste personnage soient ceux de l'artiste lui-même, la chose nous paraît fort douteuse.

A la suite de Nicodéme, à droite par conséquent du groupe central et presque sur la même ligne, nous trouvons une quatrième femme, communément désignée sous le nom de Véronique, portant entre ses mains la couronne d'épines. Derrière elle, deux hommes d'armes accroupis autour d'un tambour posé sur le sol jettent, sur cette table improvisée, les dés dont le chiffre doit désigner le possesseur de la robe sans couture.

Enfin, à l'extrémité droite de l'enfeu, apparaît un soldat richement costumé à l'antique, improprement appelé le Centurion. C'est le chef des satellites préposés à la garde du tombeau. Assis sur son bouclier, la face tournée vers le groupe principal, le bras

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