LE SKPUI.CRE — PERSONNAGES PRINCIPAUX
est d'un dessin précis et ferme; les formes sont modelées avec une habileté supérieure, qui dénote un talent consommé. Une double chaîne, artistement ciselée, se détache sur la nudité des chairs et vient se réunir à l'agrafe en forme de broche qui ferme l'ouverture du corsage.
Le vêtement, traité avec une grâce et un goût parfaits, rappelle de très près celui de la statue du même personnage au Calvaire de Briey. Il se compose d'une robe longue et sans manches, amplement taillée dans une étoffe un peu ferme qui laisse largement à découvert la poitrine et les épaules. Très remarquablement drapée, elle enveloppe, dans la riche ondulation de ses plis, un peu trop maniérés peut-être, mais toujours parfaitement logiques, un corps dont elle épouse toutes les formes, dessine tous les mouvements. Un corsage intérieur, plus fermé, recouvre la poitrine. L'échancrure carrée de sa partie supérieure est garnie d'une bande brodée et il forme, sur le dos et le devant de la poitrine, un plissé délicatement modelé sur le nu, qu'il voile d'une façon aussi modeste que gracieuse. Les manches, assez étroites, sont fendues en dessous dans toute leur longueur. Resserrées de place en place par des liens, elles laissent échapper, par les ouvertures ainsi formées et par d'autres fentes assez nombreuses, les plis bouffants de la tunique intérieure dont l'effet ne manque pas d'une certaine originalité. Elles se terminent par une masse d'étoffe enroulée et tombante d'où émergent deux mains très délicates, aux doigts fins et allongés.
Au-dessous de la large ceinture d'étoffe qui serre la taille, en comprimant un peu les formes, tombe une seconde ceinture assez lâche, garnie d'ornements en relief, dont les extrémités se joignent sous une boucle en forme de coquille d'où pend une longue chaîne de métal aux anneaux allongés et aplatis. Un man-
28o LIGIER RICHIER
teau, ou plutôt une longue écharpe, est jeté sur ce riche costume. Ses replis ondoyants modèlent le mouvement général du corps ; très artistement agencés, ils accusent la souplesse et la gracilité de la pose. Ils s'étalent ensuite largement sur le sol, enveloppant, dans leur chute ingénieusement combinée, toute la partie inférieure du corps et ne laissant apercevoir que l'extrémité d'un pied nu, dont la sandale est presque complètement détachée.