Paris, 1900, p. 152, n
30é LIGIER RICHIER
travail ne fut ni terminé ni mis en place par Ligier. Nous sommes, sur ce point, pleinement d'accord avec eux.
Du reste, à quel moment des trente années comprises entre la date du retable d'Hattonchâtel (1523) et celle du retable de la Chapelle des Princes (1554), placer l'exécution du Sépulcre? Nous ne le voyons pas. Les oeuvres encore existantes, celles dont les comptes ou quelque autre document nous ont permis de retrouver la trace, celles, en bien plus grand nombre peut-être, dont nous n'avons aucune idée, n'ont pu laisser au sculpteur un temps suffisant pour lui permettre d'entreprendre et de mener à bonne fin un ensemble aussi considérable et qui dut lui coûter bien des années. Pour nous, le Sépulcre est l'œuvre d'un homme arrivé à la fin de sa carrière, travaillant à loisir et ne comptant pas avec le temps. L'excès de recherche, de raffinement, apporté dans l'exécution de certaines figures de ce beau groupe, et qui n'est pas sans l'affadir quelque peu, en est la preuve évidente. Ces sculptures marquent un terme, la fin d'une longue production dont maint détail fait pressentir l'épuisement prochain.
Richier, dans le Sépulcre, nous a laissé son chant du cygne. Sans doute, il eût été capable encore de produire de grandes choses. Mais, vivant et œuvrant à côté d'une génération nouvelle, attaché à une formule d'art qui était de moins en moins comprise, il n'eût pu que s'amoindrir en cherchant à pénétrer davantage dans un mouvement étranger à ses origines et à la compréhension duquel son éducation ne l'avait point préparé.
S'appuyant sur la date fournie par l'acte d'érection du Calvaire de Briey (1534), M. Léon Germain a pensé que l'on devrait peutêtre assigner, au groupe de la Mise au tombeau, une date moins reculée que celle qui lui est attribuée d'ordinaire. « C'est, dit-il,