‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 23 sur 269 · I. Paris, 1895, p · texte numérisé non relu

I. Paris, 1895, p

RÉFUTATION D'UNE CRITIQUF. 13

cette affinité qui se constate partout entre les artistes d'une même époque — du grand mouvement de transformation artistique qui s'opérait alors dans les contrées voisines, et plus d'une fois, croyons-nous, il put trouver l'occasion d'en être le témoin. Mais il semble, précisément, ne l'avoir regardé que d'assez loin, sans trop chercher à s'y mêler, et en avoir discerné bien vite, grâce peut-être à son habituel isolement, à une solide éducation antérieure et à la clairvoyance de son esprit toujours judicieux et pondéré, les exagérations et les défauts. Lorsque l'on étudie son œuvre dans l'ordre approximativement chronologique, on y suit sans peine, en effet, comme un reflet un peu éteint des influences voisines. Il se réduit, somme toute, à peu de chose : l'exagération constante d'un certain maniérisme dans les draperies et dans la pose, vers lequel les tendances et les goûts personnels du maître l'inclinaient fortement déjà.

Ce qui s'y manifeste beaucoup plus, à notre avis, c'est un effort persévérant, soutenu, un travail incessant. Le sculpteur, on le sent, est profondément sincère, passionnément épris du vrai ; il cherche par tous les moyens en son pouvoir, sans rien sacrifier de ce qui constitue son propre fonds, à allier toujours et partout l'imitation vraisemblable à l'intention idéale.

Dire de Richier qu'il manque de grâce est une exagération vraiment bien forte. Peu de ses œuvres, nous en convenons, sont exemptes de cette lourdeur qu'un éminent critique indiquait récemment comme le trait caractéristique de la sculpture lorraine du xvi" siècle ('). Le côté personnel qui s'y manifeste, dans la composition aussi bien que dans l'esthétique des lignes, tend à une ampleur des formes, une opulence un peu germanisante. Mais,

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