Ces différents morceaux ont disparu
4. Celui placé dans le réfectoire de l'abbaye et dont il ne subsiste plus que la tête connue par un moulage. Voir plus haut, p. 145.
5. Groupe de la « Pâmoison », placé aujourd'hui dans l'ancienne abbatiale et connu sous le nom de « Notre-Dame-de-Pitié ». Voir p. 141.
6. Un fragment de ce jubé, détruit au xvii'^ siècle lors de la reconstruction de l'église abbatiale, se trouve aujourd'hui encastré au-dessous d'une des portes de la sacristie. Son style ne permet pas de l'attribuer à Ligier.
7. L'ancienne maison abbatiale existe encore et sert actuellement de presbytère paroissial. La cheminée ne s'y trouve plus, mais la date d'exécution doit la faire attribuer non à Ligier Richier, mais plutôt à Gérard, son fils, ou à quelque autre membre de la famille.
396 LIGIER RICHIHR
Richier, et que c'est de lui que le grand-père du vieillard Haroux avoit appris ce que nous venons d'en raconter.
« Il a répété plusieurs fois la même chose à son fils qui a à présent cinquante ans; il dit avoir eu en main des ouvrages à la plume de ce Ligier Richier, qui appartenoient aux chanoines réguliers de S. Mihiel('); mais il ne sait ce que ces ouvrages sont devenus.
« En 1532, M. de Chateauru, de Troyes en Champagne, dans son voyage à Saint-Nicolas, remarque qu'à S. Mihiel, il y avoit dans l'église de l'abbaye plusieurs ouvrages de sculpture, fails par M' Legier, laiUeur d'images (ou sciilpiciir), demeuranl audit lieu de S. Mihiel, que l'on lient le plus expert et ineilleur ouvrier en dit art que l'on vit jamais.
« Il parle en particulier du Crucifix, de la sainte Vierge de Pitié soutenue par S. Jean, de S. Longin, de Marie-Magdeleine, des quatre anges qui tenoient chacun un calice, pour recevoir le sang du Sauveur, qui accompagnoient la croix. Il parle aussi d'un fort beau Crucifix, qui se voyoit dans la paroisse de Notre-Dame de Bar-le-Duc, accompagné de même de la sainte Vierge soutenue par S. Jean, de S. Longin et des quatre Anges qui reçoivent le sang qui coule des quatre playes du Sauveur. Ces pièces sont encore en partie dans cette église, mais transportées sur une porte du collatéral de la paroisse.
« C'est sans doute le même Richier qui a fait la Mort, qui se voit dans l'église collégiale de S. Maxe à Bar-le-Duc ; cette Mort, qui est un ouvrage inimitable, sert de mausolée au cœur du prince d'Orange, tué au siège de S. Dizier en 1544. On montre dans la même église, à la chapelle des Princes, plusieurs figures de sa façon, entre autres la crèche de Notre Seigneur, qui a servi de modèle à celle qui se voit au Val-de-Grâce, à Paris; c'est tout ce que j'ai pu apprendre touchant cet excellent ouvrier.
I. Une maison de chanoines réguliers sous le titre de Notre-Dame de la Paix existait en effet à Saint-Mihiel. Fondée le 8 octobre 1643, par Michel Bourgeois, chanoine de Verdun, originaire de Saint-Mihiel, elle disparut en 1790.
« On m'ajoute une particularité qui est que Ligier Richier, fâché contre un sergent qui l'avoit insulté, le menaça de le mettre en une place où l'on se souviendroit de lui pendant long temps; il le représenta dans le Sépulcre regardant les soldats qui jouent aux dès, à qui aura la tunique sans couture du Sauveur.
« On lit au-dessus du fameux sépulchre de Saint-Mihiel ces deux vers :
Illuc, (corr. illud) quisquis ades, Christi mirare Sepulchrum, Sanctius, at nullum pulchrius orbis habel .
« Ce qui a été rendu en françois de cette sorte par M. Reboucher le fils :
Passant, de Jésus-Christ admire le tombeau,
Il en fut un plus saint, mais jamais un plus beau. »
NICOLAS CHATOURU ; SES ORIGINFS, SON MANUSCRIT ET SA COM.MUNICATION A DOM C.\LMET
On s'est longtemps demandé quel était le personnage appelé, dans l'article ci-dessus, M. de Chateauru, et comment son manuscrit, auquel dom Calmet fit, pour sa notice sur Ligier Richier et quel-, ques autres Lorrains célèbres, différents emprunts, était parvenu entre les mains de l'historien. Deux articles publiés par M. Léon Germain (') et des recherches faites par nous à Troyes(^) permettent aujourd'hui de résoudre cette question.