Cf. Léon Germain, La famille des Richier art. cit., p
Une d'elles pourtant s'est fortement accréditée.
Les premiers admirateurs de Richier ont cru bien faire en lui donnant pour maître un artiste célèbre, dont le renom grandirait encore l'élève. Ils étaient de ceux qui sont convaincus que rien de ce qui est beau chez nous n'a pu y être fait en dehors de l'influence italienne.
Dom Calmet raconte, d'après le récit d'un bénédictin de l'abbaye de Saint-Mihiel, qui le tenait, dit-il, d'un vieil armurier de la ville nommé Haroux, qu'un jour Michel-Ange venant de Nancy et se rendant à Paris, serait passé par Saint-Mihiel. On lui aurait alors présenté Ligier, très jeune encore, mais admiré de tous ses concitoyens pour la précocité de son talent en dessin et en toutes sortes de menus travaux de sculpture dont on se disputait la possession. L'artiste, charmé par cet enfont, l'aurait demandé à ses parents et emmené à Rome avec lui. Là, voyant au bout de peu de temps que les aptitudes du jeune prodige l'inclinaient surtout vers la sculpture, il l'aurait confié à un maître en cet art, sous la direction duquel il n'eût pas tardé à faire des merveilles.
On trouve des légendes analogues au début de la carrière de tous les grands artistes. C'est un des thèmes obligés de leur biographie, telle que la rapporte la tradition.
Il est à peine nécessaire de dire que Michel-Ange, que l'on peut suivre presque jour par jour durant tout le cours de sa longue carrière, n'est jamais venu en Lorraine, ni même en France. Et, si ce fabuleux voyage se fût effectué, il est permis de penser, vu la notoriété du personnage, qu'il en fût demeuré d'autres souvenirs que celui transmis, deux cents ans plus tard, par un vieil artisan d'une petite ville.
Ce récit, tout invraisemblable qu'il paraisse, a cependant été accepté d'enthousiasme et sans aucun contrôle par presque tous