‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 34 sur 269 · LA FEMME DE LIGIER · texte numérisé non relu

LA FEMME DE LIGIER

était que depuis assez peu de temps définitivement installé. Où avait-il séjourné auparavant ? C'est ce qu'il ne nous est pas possible de déterminer. Un certain nombre d'oeuvres, pouvant être facilement datées, prouvent cependant sa présence dans la région. Son mariage aussi paraît avoir été contracté vers cette époque, peut-être même au cours de cette année 1530. L'abbé Souhaut (') a cru devoir conclure que l'expression : soub^ nous, signifiait que le mariage avait eu lieu en présence du duc. Nous ne le pensons pas. Ce terme indique simplement, ainsi que l'a montré M. Germain, que les époux étaient tous deux les sujets du prince et que leur alliance avait eu lieu dans ses États, sous son autorité.

Le nom de la femme de Ligier Richier a été longtemps ignoré. Deux des documents retrouvés à Genève lors des recherches entreprises sur l'initiative de MM. Bonnet et Dannreuther, nous l'ont appris. L'un est une quittance donnée par l'artiste en présence de M° Ragueau, notaire, en fiveur « d'honorable Gérard Richier, son fils », à la date du 2 août 1566. L'autre est l'acte de partage de la succession du maître, dressé le 11 avril 1567. Dans ces pièces, l'épouse de Richier est constamment désignée sous le nom de Marguerite Royer; tout porte à croire qu'elle était, comme son mari, originaire de Saint-Mihiel".

Il existait, en effet, dans cette ville, au cours des seizième et dix-septième siècles, une famille Royer ou Rouycr, dont quelques membres ont occupé des situations assez importantes et que l'on trouve souvent, dans les actes de la vie journalière, associée à celle des Richier. Jean Richier, le prétendu frère puîné de Ligier — qui semble bien n'avoir été que son petit-neveu — eut pour marraine, le 17 juin 1581, « Nicolle, femme à Claude Lescarignat ». Un

Page 1