INTRODUCTION XIII
nommé Baillof, publia an cours de cette année, dans le Journal des affiches de la Meuse, toute une série de lettres échangées, d'après lui, entre Ligier Richicr et son conteinporain, le peintre-ingénieur Philippe Errard, de Bar-le-Diic, dont il fait, sans la moindre preuve, son correspondant et Sun ami. Inutile de dire qu'il n'y a, dans cette correspondance qui ne fait que broder sur la légende, rien de sérieux ni même de vraisemhhék. Un auteur dont nous parlerons bientôt, le docteur Denys, — et plusieurs autres après lui — s'est cependant laissé prendre par cette facétie qui, ainsi que l'écrivait récemment le secrétaire d'une de nos sociétés savantes, « a tous les défauts d'un mauvais roman sans en posséder le plus mince agrément {') ».
A peu près vers le même temps, se placent les premiers travaux d'un homme auquel on n'a pas toujours rendu justice, ni même accordé, dans l'historique du sujet, la place à laquelle il a droit. Originaire de Saint- Mihiel, inscrit au barreau de Nancy en i8}6, fustin Bonmire avait voué à la mémoire de Ligier Richier un véritable culte. Il fut, on doit le dire, le premier qui entreprit véritablement l'étiuic de l'artiste — telle évidemment qu'on la pouvait comprendre de son temps — et rassembla sous son nom un groupe d' œuvres asse'^ important : le Retable d'Hattonchâtel, la Piétà d'Etain, le Christ et les larrons de Saint-Pierre de Bar, la tête du Christ de l'ancienne abbatiale, l'Enfant à la crèche, le Christ nwurant, la tête de saint férônie, etc., attributions dont la critique reconnaît aujourd'hui la justesse.
Bonnairefut également le premier qui songea à consulter les archives. S'il ne put publier lui-même les découvertes qu'il y avait faites, il ne se faisait jamais prier pour les communiquer à ceux qui poirvaient en tirer parti. Les premiers articles parus sur Richier dam les journaux de vul-
I. Bulletin mensuel de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc, novembre ï<)0(), p. cxx.