‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 69 sur 269 · RETABLE D HATTONCHATEL — LA CRUCIFIXION · texte numérisé non relu

RETABLE D HATTONCHATEL — LA CRUCIFIXION

qui vient de se corrompre : désormais l'Église sera seule à verser le vin de la science divine (').

Trois cavaliers assistent à la scène du crucifiement. Celui du fond, à droite de la croix, a la tête recouverte d'une coiffure semblable à celle que nous avons vue sur la tête du Cyrénéen et il est vêtu d'une longue tunique bouffante. Il élève vers le Crucifié son regard suppliant et ses mains jointes. La lance dont il vient de le percer est tombée entre ses bras ; son attitude accuse le repentir, sa physionomie navrée implore le pardon.

Cet individu, dont les Évangiles font un soldat que les Apocryphes appellent Longin(') et qui se retrouve, opposé au porte-éponge, dans toutes les scènes de la Crucifixion, est lui aussi un symbole. Du côté du Christ ouvert par son coup de lance, un jet de sang mêlé d'eau s'est échappé et, tombant sur son visage, a guéri la maladie d'yeux dont il était affecté. Il est là pour nous apprendre que la foi, en ce jour, a passé des Juifs aux Gentils, qu'éclairera désormais la lumière de la foi (').

Un second cavalier, monté sur un cheval richement harnaché, aux formes trapues et lourdes (*), occupe, à droite, le premier plan du tableau. Ce personnage est coiffé d'un volumineux turban fixé par un tour de l'étoffe passée sous le menton, et dont l'extrémité retombe enroulée jusqu'au milieu du dos. Une tunique garnie de riches galons et recouverte aux épaules d'un large collet à bords dentelés descend jusqu'aux genoux; une ceinture

1. Cf. Ém. Mâle, L'Art religieux du treiiième siècle ; Paris, Armand Collin, 1902, p. 226.

2. Dans le Mistère delà Passion, comme dans la plupart des monuments figurés, ce personnage est un vieillard de Jérusalem.

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