‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 74 sur 269 · PREMIERS TRAVAUX · texte numérisé non relu

PREMIERS TRAVAUX

Presque tous les travaux exécutés par l'atelier sammiellois rentrent dans une catégorie à peu près unique, dont l'idée première, reflet des dévotions populaires aussi bien que des coutumes de l'époque, peut se retrouver dans le retable d'Hattonchâtel. Le maître, en effet, détail assez particulier, se départira rarement, même arrivé à l'apogée de son talent, du type et des formes que nous venons de signaler dans ce qui peut être regardé comme son ouvrage de début. Il modifiera l'agencement de ses draperies, accusera certains plis, recherchera davantage l'idéalisation et la beauté plastique, mais il gardera fidèlement le vêtement et le

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caractère essentiel de ses premières figures. Nous verrons défiler successivement sous nos yeux des Calvaires, des Pietàs, quelques monuments funéraires, et nous arriverons enfin à l'œuvre qui réunit et synthétise en quelque sorte tous ces groupes : le Sépulcre ou l'Ensevelissement du Christ de l'église Saint-Htienne, à Saint- Mihiel. Que l'on examine bien chacune de ces compositions, on y retrouvera, visiblement développés et agrandis, mais très reconnaissables encore, non seulement les mêmes types, mais les mêmes sentiments, les mêmes principes esthétiques.

Parmi le groupe assez important des calvaires pouvant être rattachés à l'atelier, celui de Génicourt nous paraît devoir être regardé comme le premier en date.

La très intéressante église de ce village, situé à mi-chemin entre Saint-Mihiel et Verdun, renferme en effet un Christ en croix et deux statues de bois polychrome, la Vierge et saint Jean, passées jusqu'ici assez inaperçues ('). Elles présentent cependant tous les caractères du style de Richier et il nous semble difficile de ne pas les lui attribuer. L'architecture de l'édifice dénote le premier tiers du seizième siècle ; il est donc vraisemblable, étant donnée la proximité des lieux, que notre jeune artiste ait été appelé à travailler à sa décoration. L'exécution de ces trois morceaux dut probablement suivre d'assez prés celle du retable de la collégiale de la Woëvre, avec certaines figures duquel ils présentent, comme travail et costume, de curieuses analogies.

Ces statues, placées sur le tref, pièce de bois horizontale posée en travers et à peu près à mi-hautcur de la grande arcade du

I. Voir Abbé Souhaut, lib. cit., p. loo, et aussi notre travail : « Une œuvre inédite de Ligier Richier, le Calvaire de Génicourt » (Joiirn. Soc. Arch. loir., avrilmai 1905).

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