CALVAIRE DE GÉNICOURT -^ LE CHRIST EN CROIX
CALVAIRF. DF. GKNICOURT LA VIERGE IO3
a ici, fait qui pourrait tenir h un défaut de matière, moins de mouvement dans les extrémités inférieures, elles n'ont pas l'apparence aussi grêle. Le modelé, ferme et sec, accuse exactement les différentes saillies des muscles ; toutes sont bien à leur place et rendues simplement sans parti pris d'aucune sorte. Les pieds, un peu tirés et aplatis — ce qui fait paraître les jambes démesurées — sont superposés et sans aucun support ; celui de droite est ramené sur le gauche ; un seul clou les traverse.
Au côté droit de la poitrine, une large plaie. Un linge étroit ceint les reins. Disposé par petits plis longs et secs, presque symétriques, il est noué sur le côté gauche, où il retombe en deux masses distinctes et de longueur différente.
La croix qui supporte le corps du Christ est faite de deux pièces de bois, très larges, mais peu épaisses. Un volumineux titidus ('), entouré d'un rebord saillant et dont les angles supérieurs sont légèrement abattus, surmonte la partie verticale, qui devait, autrefois, avoir une longueur beaucoup plus grande.
La Vierge. — Dans la composition primitive, la Vierge devait, selon les règles de l'iconographie, être placée au côté droit . de la croix. Elle nous apparaît debout, dans la pose naïve et traditionnelle de la prose : Stabat Mater dolorosa, le corps légèrement incliné, les bras tombants, lès mains jointes ; la tête modérément penchée et portée vers la droite.
Le sujet choisi par l'artiste pour figurer la mère du Sauveur ne présente aucune tendance à une idéahsation quelconque. C'est
I. On appelle ainsi la tablette fixée au sommet de la croix et sur laquelle sont gravées les lettres I. N. R. I. Cet appendice fait presque toujours défaut dans les crucifix de Richier.
une figure de paysanne lorraine, encore assez jeune, et dont le modèle, trouvé sans grande recherche, a été rendu de même. On distingue malgré tout, dans ces traits assez vulgaires et réalistes, une très grande vérité d'expression qui, sans atteindre le degré d'excessive acuité que nous trouverons dans la figure de saint Jean, n'en oftre pas moins un charme singulier et un réel mérite.
Le costume de la Vierge rappelle immédiatement celui du même personnage dans les tableaux du retable d'Hattonchâtel. Nous trouvons ici une longue robe, très simple, à manches étroites, moulée pour ainsi dire sur le buste et tombant jusqu'à terre en plis raides et rares. Un grand voile, à saillie assez proéminente, est jeté sur la tête. Pincé par un gros pli un peu au-dessus de la nuque, il tombe de chaque côté de la figure en rentrant légèrement à la hauteur des épaules, dessinant dans sa chute une ligne sinueuse et ondulée. Une guimpe d'étoffe plus fine est ajustée en dessous et encadre la partie inférieure du visage. Mais au lieu d'être ici, comme dans les figures précédentes, simplement striée des cassures causées par les attaches et la retombée de la toile, elle offre une série de plis verticaux, symétriquement disposés, à la naissance desquels l'artiste a rendu, avec un grand souci d'exactitude, le flottement et les froissements causés par les mouvements de la tête.
Un ample manteau, fait d'une large pièce d'étoffe très souple, est simplement posé sur les épaules. Ramené et ramassé en avant du corps par le mouvement des bras qu'il enveloppe complètement, il est maintenu entre les mains jointes, serrées contre la poitrine, et descend de là, en longs plis onduleux, presque parallèles, jusque sur les pieds entièrement dissimulés sous la jupe.
Le visage de la mère du Sauveur, assez vulgaire comme