UN CHAMPENOIS EN LORRAINE III
nous avons déjà dit quelques mots (') et sur lequel nous devons, maintenant, nous arrêter plus longuement.
Au cours de l'année 1532, un bourgeois de Troyes, Nicolas Chatourup, accompagné de quelques-uns de ses compatriotes, entreprit un pèlerinage au fameux sanctuaire lorrain de Saint- Nicolas-de-Port. De retour chez lui, il écrivit — en s'aidant, à ce qu'il semble, de notes prises en cours de route une relation détaillée de son voyage, qu'il dédia à ses compagnons. Ce document, demeuré manuscrit, se trouvait, deux cents ans plus tard, entre les mains de l'érudit autant que malicieux bibliophile troyen, Grosley. Celui-ci, mis au courant des travaux entrepris par l'abbé de Senones, et jugeant que le manuscrit qu'il avait en sa possession pourrait lui être de quelque utilité pour ses recherches, s'empressa de lui en proposer la communication. L'offre fut acceptée avec reconnaissance et ce fut à cette source, venue si opportunément d'une province voisine, que dom Calmet puisa les seuls renseignements authentiques qu'il nous a transmis sur le maître de Saint-Mihiel {').
Chatourup, allant donc de Troyes à Saint-Nicolas, traversa Bar-le-Duc. Dans l'une des éghses de cette ville, celle du prieuré Notre-Dame, dépendance de l'abbaye de Saint-Mihiel ('), il remarqua un groupe fort curieux qu'il note dans sa relation et signale comme l'une des plus belles œuvres de « M" Légier, tailleur d'images, le plus expert et meilleur ouvrier en dict art que l'on vit jamais ». Voici ce qu'à ce sujet nous a transmis son copiste :
« .... Il parle (Chatourup) d'un fort beau crucifix qui se voyait