CALVAIRE DU SAINT-PIERRE — DISPOSITION PRIMITIVE I
graphiques et les usages ordinairement suivis par les imagiers. Aucune confusion ne peut donc exister entre cet ensemble et l'ancien groupe de Notre-Dame, dont la composition était toute différente, bien que les deux sujets, au tond, fussent les mêmes. Il est néanmoins assez singulier de ne trouver aucune trace de notre calvaire dans les auteurs (') qui nous ont laissé des descriptions des anciens édifices de la ville de Bar. Ses dimensions et ses nombreux personnages ne pouvaient cependant manquer d'attirer les regards. I.a première mention qui s'en rencontre est celle de Brouilly ('), cité par Souhaut, mais sans références sérieuses et surtout sans date. L'œuvre, en tous cas, figura longtemps au lieu indiqué par cet auteur. Elle s'y trouvait encore en 1790, lors de l'inventaire dressé par les commissaires du district. Leur procès-verbal du 3 1 décembre la décrit en ces termes : « Les châsses et bustes (dont la plupart provenaient de Saint-Maxe) sont placés an fond du chœur, au-dessus d'un petit autel et au-dessous d'un grand crucifix accompagné de saints et de statues, le tout en forme de calvaire{^); ce monument paroît être en pierre et lié avec l'édifice (*) ». Nous savons par ailleurs (') que le Christ et les larrons demeurèrent dans le même endroit jusqu'en 1855, date à laquelle les trois croix furent déplacées et suspendues aux piliers
1. Cf. DoM Calmet, Notice de la Lorraine, t. I, col. 81-82. Durival, Description de la Lorraine et du Barrois. Nancy, 1779, t. II, p. 346.
2. Ce personnage, d'après des notes que nous communique M. le pasteur Dannreuther, paraît devoir être identifié avec Jean-Charles de Brouilly, lieutenant particulier de la prévôté de Bar, dont la famille avait été annoblie en l'année 1726 et avait substitué à son nom primitif, Broulier, celui de : de Brouilly.
3. La composition se trouvait ainsi identique à celle de Briey.
4. Arch. de la Meuse, série G, inventaire de Sajnt-Maxe et de Saint-Pierre, 1790. La peinture dont les figures étaient revêtues et la rédaction hâtive du document expliquent l'erreur des commissaires.