ÉCOLES PRIMAIRES COMMUNALES
— Institution toute moderne et digne du siècle éclairé et philanthropique qui l'a vue naître ! baptême intellectuel qui descend indistinctement sur la tête des enfants du peuple et qui met chacun d'eux à même d'en proclamer plus tard les bienfaits.
Nous disons que l'institution en est toute moderne, car on ne peut guère lui comparer ni les écoles placées dans les monastères, et dont l'origine remonte à 1578, ni celles qui leur ont succédé depuis 1790.
Nos écoles primaires actuelles ne datent réllement que de 1831; la loi du 28 juin 1833 les a rendues obligatoires et les régit.
A Lille , cette loi a reçu tout son développement.
Quatre écoles élémentaires pour les garçons et une école supérieure , rétribuées entièrement par la commune, sont en plein exercice.
Les écoles élémentaires reçoivent les enfants de six ans au moins et leur enseignent , d'après la méthode mutuelle, la lecture, l'écriture, les éléments du calcul, ceux de la langue française , le système légal des poids et mesures, les éléments de la géographie et de Phistoire de France dans ses principales notions. L'instruction religieuse y est donnée par l'un de MM. les ecclésiastiques.
Trois ans au plus passés dans l'une de ces écoles mettent en général un enfant, doué d'une intelligence ordinaire , à même d'entrer à l'école primaire supérieure. Celle-ci fait parcourir le cercle dè son enseignement en trois années.
La lecture , l'écriture , la grammaire française, l'analyse, l'histoire ancienne, la mythologie et la géographie forment l'enseignement de la première année. La seconde année continue l'enseignement de la langue française et y joint l'histoire romaine , la géométrie, le style commercial et la tenue des livres ; enfin la troisième année ajoute encore aux connaissances déjà acquises , l'histoire de France , la levée des plans et leur lavis, les éléments de physique et de botanique.
Chaque classe reçoit , en outre , l'instruction morale et religieuse par les soins d'un ecclésiastique.
La musique et le chant y sont aussi enseignés.
A midi , ces mêmes écoles reçoivent les enfants des
fabriques , et le soir elles sont ouvertes aux adultes.
Des écoles primaires élémentaires pour les filles sont , en outre , ouvertes dans les différents quartiers de la ville.
Où voit-on le bionfait de l'instruction plus généralement répandu, plus mis à la portée de tous!
1866. — Le temps a triomphé de la prévention injuste qui pesait sur les écoles tenues par les Frères de la Doctrine chrétienne; ces écoles sont devenues communales et sont subventionnées par la ville.
Cette fusion était désirée par tous les amis de l'instruction publique; ils en attendaient les plus heureux résultats, et ces résultats ont répondu à leur attente.
Aujourd'hui toutes les écoles ne forment plus qu'une seule famille, et s'il existe encore une rivalité entre elles, c'est celle de rendre l'instruction plus fa ci & et plus profitable , c'est celle de faire le plus de bien possible.
Les écoles de filles ont marché dans la même voie du bien et du progrès , et du temps que durent les classes une bonne part est donnée aux travaux de la couture , chose si essentielle pour les enfants et le ménage de l'ouvrier.
Les dimanches et fêtes , les religieuses reçoivent leurs élèves ; l'été elles leur font faire de bonnes promenades, l'hiver elles les récréent par quelques jeux.
La ville a toujours largement doté l'enseignement à tous les degrés, et depuis notre agrandissement ces dépenses s'élèvent à 393,000 francs. Ce chiffre ne
témoigne-t-il pas , mieux que je ne saurais le faire , de la vive sollicitude de l'Administration qui a senti plus que jamais que l'amélioration morale devait marcher de compagnie avec l'amélioration physique , et qu'appuyées l'une sur l'autre , le chemin qu'elles ont à parcourir leur sera plus facile.
FoiRE. — 1847. — Lieu où se tiennent, à des époques déterminées , de grands marchés publics.
Primitivement les foires furent instituées pour les besoins de la consommation et afin de porter en certains lieux des produits qu'on n'y voyait qu'alors; elles avaient lieu en vertu de privilèges donnés par les seigneurs , etc.; souvent môme des franchises y étaient attachées. C'est ainsi qu'à Lille on en fait remonter l'origine bien au-delà du temps où Philippe-le-Bel gouvernait nos pères, car on voit par une lettre de ce prince, de juin 1296, « qu'il accor- » dait à tous bourgeois forains et manants la conti- » nuation de la franchise d'un sauf-conduit , déjà » existant, à ne pouvoir être repris pour dettes, mé- » faits, délits, etc., pendant le temps de la foire, et » même huit jours avant et huit jours après. »
Rien ne prouve mieux que ce document historique combien il importe d'entourer d'avantages et de prérogatives le berceau des cités.
Aujourd'hui l'extension immense qu'ont prise les productions du commerce pourrait peut-être, sans trop d'inconvénients, motiver la suppression des
foires; cependant celle de Lille est à la veille de voir sa durée portée à quinze jours au lieu de huit, et cela par la raison qu'en bonne et sage administration , toutes les mesures qui sont propres à appeler sur un lieu quelconque un grand nombre de citoyens, et par suite un grand nombre de transactions , doivent être plutôt étendues que restreintes.
En effet , nous savons tous quelle foule se presse à notre foire , l'argent qu'elle y apporte et la part qu'y prend chaque branche de notre commerce local.
1866. — Aujourd'hui la Grande-Place est insuffisante pour recevoir les marchands forains , et depuis plusieurs années déjà on leur a assigné en plus quelques allées de l'Esplanade, et la portion du Champ-de-Mars entre le pont de la Barre et celui du Ramponeau est réservée à l'établissement des jeux et des spectacles.
GaRDE NATIONALE. — 1847. — La garde nationale en France ne date réellement que de juillet 1789, et ce ne fut que l'année suivante qu'une loi vint régler son organisation.
A Lille, elle se forma spontanément à l'occasion du pillage des maisons de MM. De Madre-Desoursins , Martel , Druez et Lagache, accusés injustement d'être accapareurs de grains (21 juillet 1789). Le lendemain de ce jour funeste , un comité permanent s'établit et convoque tous les citoyens notables à l'Hôtel-de-Ville
pour former une garde bourgeoise, qui se nomme peu après garde nationale.
Cet appel est entendu , la force publique s'organise comme par enchantement, 2,000 citoyens en font partie dès les premiers jours, et l'ordre ne tarde pas à se rétablir.
La garde nationale compta bientôt dans ses cadres 5,000 citoyens , que nous retrouvons sous les feux autrichiens lors de notre bombardement de 1792.
Depuis , notre garde nationale , composée d'autres éléments , mais toujours animée du même amour de l'ordre et de la paix, a vu 1813, 1815, 1830, et grâce à son intervention aussi ferme que modérée, les événements de ces jours fameux se sont passés à Lille sans traîner à leur suite les épouvantables excès que d'autres villes ont eu à déplorer.
Y a-t-il beaucoup d'institutions qui prouvent leur utilité par de plus nobles résultats?
1866. — Notre garde nationale a été dissoute par le décret du 11 janvier 1852, mais le beau corps de nos canonniers et l'utile corps de nos pompiers sont restés debout et suffiraient pour assurer la paix publique si elle pouvait être encore menacée.
La dernière garde montée par elle a eu lieu le 15 du même mois au poste de l'Hôtel-de- Ville.
Hôpitaux ou hospices. — 1 847. — Sous ce
titre, nous comprendrons cinq institutions qui font le plus grand honneur à la ville : l'Hospi ce-Général , l'hôpital Saint-Sauveur, l'hospice Ganthois , Phospice des Vieux-Hommes et celui des Stappaerts.
Abandonné de ses enfants , de ses proches , longtemps le vieillard , le malade, sans asile, sans secours, sans consolations , expira à la borne du chemin , à côté de l'enfant qu'une marâtre venait d'y déposer ; mais la religion chrétienne apparaît au monde , et le vieillard, et le malade, et l'enfant sont abrités sous son manteau divin ! En effet , les hospices datent de son ère; le paganisme et ses dieux de bronze n'en ont point vu.
Les hôpitaux , comme les hospices , sont des lieux où les vieillards, les malades, les enfants, sont soignés et traités avec la plus douce compassion.
A Lille , nous le répétons , nous avons cinq hospices ou hôpitaux; 1,100 vieillards des deux sexes, 120 incurables, 280 jeunes garçons et autant de jeunes filles abandonnés, forment la population de notre Hospice-Général, qui fut fondé en 1738 avec les deniers de la ville , et qui vient d'être agrandi encore par la construction d'un nouveau corps de bâtiment.
La fondation de l'hôpital Saint-Sauveur, créé sous le titre de l'hôpital Saint-Jean , est due à la comtesse Jeanne de Flandre , à cette noble dame dont le nom se rencontre partout où il y a une infortune à soulager ; il reçut un grand accroissement des dons de
Louis XIV (1698) , et devint ce qu'il est aujourd'hui par suite de récents travaux.
Il peut facilement recevoir 300 malades ou blessés.
Comme monuments , ces deux hospices méritent aussi une place distinguée parmi les plus remarquables de notre ville.
L'hospice Ganthois est dû à la pieuse charité de Jean de Combe, qui le fonda en 1466 , et qui s'agrandit succéssivement des dons qui lui furent faits ; i\ renferme 112 pauvres vieilles femmes.
L'hospice des Vieux-Hommes et des Bleuets entretient 70 vieillards et 50 jeunes garçons orphelins de familles bourgeoises ; enfin celui des Stappaerl^, qui porte le nom de son fondateur, donne asile à 60 jeunes filles orphelines de mômes familles.
Ces cinq hospices sont richement dotés. Ils sont administrés par des laïques, mais leur service est laissé aux soins touchants , au zèle inappréciable , au dévouement sans bornes des bonnes sœurs religieuses de Saint- Augustin et des Filles de PEnfant-Jésus.
1866. — Le régime intérieur de ces établissements assure de plus en plus le bien-être de leurs pensionnaires; plusieurs ont été agrandis; et grâce à l'initiative de quelques personnes charitables, aux secours de l'administration municipale deWazemmes, et plus tard de ceux accordés par la commission administrative des hospices civils de Lille , un nouvel hôpital
sous l'invocation de saint Roch a été créé en 1851 à
"Wazemmes , et commencé avec trois lits , le nombre s'en est progressivement augmenté à mesure de ses ressources, et il en compte aujourd'hui trente-cinq.
Ce n'est pas tout : bientôt va s'élever dans la section d'Esquermes un vaste hôpital dont la dépense première est évaluée à 4,000,000.
On le devra aux vues bienfaisantes de la commission administrative des hospices civils de Lille. C'est employer dignement les gains faits par elle sur les terrains qu'elle a vendus par suite de l'agrandissement de la ville.
C'est ici la place de payer aux congrégations religieuses la dette de reconnaissance que nous leur devons pour la grande part qu'elles prennent dans les soins et dans les secours que l'instruction des enfants, les maladies et la misère des pauvres réclament tous les jours dans une ville aussi populeuse que la nôtre. Disons-le hautement , comme tout ce qui est bon et vrai : Le sentiment de nos obligations nous fait remplir nos devoirs , le sentiment religieux seul fait aller au-delà.
Inspection du travail des enfants
DANS LES FABRIQUES. — 1847. — Cette inspection s'exerce au moyen de commissions plus ou moins nombreuses, suivant les localités.
Ces commissions n'ont pas seulement pour mission de soustraire l'enfance à des travaux au-dessus de ses
forces, elles doivent aussi, par des règlements, assurer l'inslruction primaire et l'enseignement religieux en môme temps que le maintien des bonnes mœurs et de la décence dans les ateliers , usines et manufactures.
Cette institution si louable continuera les bienfaits de la salle d'asile et de l'école primaire pour nos enfants pauvres, puisqu'ils ne pourront plus être admis au travail sans justifier qu'ils ont une instruction suffisante ou qu'ils vont la puiser dans une école primaire.
C'est dans la loi , si impatiemment attendue , du 22 mars 1841 , qu'il faut voir de quels soins , de quelle prévoyance paternelle l'Etat a entouré l'enfance et l'adolescence de l'ouvrier.
C'est aux commissions d'inspection à faire le reste ; elles doivent non-seulement tenir la main à la stricte exécution de la loi , mais au lieu de se renfermer dans son texte étroit , elles doivent , par de sages règlements locaux , ajouter à cette charte du travail la charte de l'instruction et de la moralisation des jeunes ouvriers.
A Lille , c'est dans cette voie que la commission d'inspection du travail est entrée.
1866. — Les commissions q.;i se sont succédé depuis 1847 ont continué dignement l'œuvre de leurs devanciers et l'ont fait progresser encore.
INSTITUTION DES SOURDS - MUETS. — 1847. — Il existe d**s infortunés oour oui la nature
se montre tien cruelle, puisqu'en les privant de l'ouïe et de la parole , elle les jette ignorants , inconnus , dans un monde civilisé, étrangers au milieu même de leurs frères.
Pénétrer dans l'ûme de ces êtres , leur révéler leur destinée , y allumer le flambeau de la foi et renverser la barrière qui les séparait du reste des hommes, était une de ces missions grandes et généreuses que la religion seule sait inspirer et accomplir.
C'est celle que Pabbé de l'Épée a remplie.
L'art d'instruire les sourds-muets par des signes date du XVI e siècle, mais l'abbé de l'Epée le perfectionna, et surtout le mit en pratique sur de malheureux enfants qu'il recueillit chez lui et qu'il élevait à ses frais, car il mourut avec la douleur d'avoir vu le Gouvernement lui refuser tous les moyens d'étendre son œuvre.
L'abbé Sicard se montra son digne successeur ; ce furent mêmes soins, même zèle, même amour pour ces pauvres êtres, si maltraités de la nature; l'enseignement fit un grand pas, mais le pouvoir aida bien peu le vertueux abbé Sicard dans ses moyens d'exécution.
A notre siècle appartenait l'honneur de soulager dignement cette grande infortune ; à notre ville celui d'y coopérer par un établissement qui répond à sa haute mission , et qui vient encore agrandir son cercle d'action en l'étendant aux jeunes aveugles.
La vue de tant d'infortunés jetterait l'esprit dans un doute affreux sur la bonté divine, si l'on ne voyait
près d'eux les Frères de Saint-Gabriel et les Filles de la Sagesse ; alors on s'humilie et on admire cette mystérieuse providence qui , si elle crée des infortunés, fait naître pour les secourir de si beaux , de si nobles dévouements.
1866. — Ces établissements oni pris depuis lors de plus grandes proportions, oe qui prouve combien leur utilité est appréciée et combien leur institution répondait à un besoin réel.
L'honneur d'avoir fondé le premier établissement de ce genre dans notre département appartient à notre compatrioteVictorDerode, aidé du professeur Massieu, sourd-muet; cet établissement fut ouvert dans son pensionnat , à Esquermes , le 2 mai 1834.
J II n'existe pas à Lille d'institution sous la lettre J.
Suite (voir la même lettrs aux Monument
remarquables.
Kermès (mot arabe; , khan ;mot tartare) , Klopstock, kirsch (nom et mot allemands), kilogramme (mot grec) , Kamschatka (mot russe}.
Il n'y a dans nos dictionnaires que 170 mots environ qui commencent par cette lettre. Chez les anciens , la lettre K s'employait dans les nombres pour 250, avec une barre au dessus elle désignait 250,000.
La lettre K, initiale du mot grec kérannos (la foudre), se mettait sur les vêtements qui en avaient été frappés.
L 'ASSOCIATION LILLOISE. — 1847. - Cette association , créée à Lille depuis 1831 , a pour but d'encourager les lettres et les arts dans le département. Pour atteindre un but si louable , elle fournît aux jeunes artistes des moyens d'études , de perfectionnement , de bonnes et sages inspirations , et , par suite, elle leur procure le placement de leurs œuvres, ou au moins les moyens de mettre ces œuvres au jour et d'appeler par là , sur elles , l'éloge ou le blâme public , épreuve toujours si profitable aux arts , même quand elle froisse l'amour-propre de l'artiste.
L'Association Lilloise a pris dès sa naissance un grand développement ; elle compte aujourd'hui près de 500 membres ; son bureau d'administration , composé d'hommes sages et éclairés , peut réclamer une grande part de la prospérité de l'établissement , qu'attestent les expositions que nous y avons déjà vues, et qui , quoique composées d'ouvrages dus à de jeunes talents du pays , ont prouvé que Lille a de légitimes garanties pour espérer un avenir aussi brillant que son passé.
1866. — La voie de prospérité dans laquelle marchait cette société s'est successivement fermée par la diminution progressive de ses membres , et par conséquent de ses ressources; la création du Cercle du Nord et celle d'un certain nombre de sociétés chorales, orphéoniques, etc., etc., ont produit de grands vides dans ses rangs.
Les expositions de tableaux et autres objets d'art ont cessé depuis longtemps.
jVI ONT-DE-PIÉTÉ. — 1847. — Nom donné à des établissements philanthropiques créés dans l'intérêt des classes pauvres , qui y trouvent un prêt temporaire sur le nantissement d'un objet quelconque.
C'est à la bienfaisance de l'un de ses enfants , de Bartholomé Mazurel, que Lille doit son Mont-de- Piété.
Ce citoyen généreux donna, en 1607, 75,000 florins au Magistrat, à la condition qu'il bâtirait une maison destinée à accomplir sa belle œuvre , et où le pauvre trouverait un prêt sur gage, mais sans aucun intérêt.
Cette maison fut bâtie rue des Tours et brûlée pendant le siège de 1708 ; elle fut reconstruite sur le même terrain telle que nous la voyons aujourd'hui.
Son organisation primitive , on le sent , a dû être modifiée en plusieurs points.
Depuis plusieurs années déjà une étude approfondie , patiente , et surtout appropriée aux besoins actuels de la classe pauvre , en est faite par le conseil municipal qui , nous en sommes convaincu , saura , dans son travail sur la réorganisation du Mont-de- Piété , faire la part du temps sans trop s'écarter des vues généreuses de son fondateur, Bartholomé Mazurel, dont le nom restera dans nos annales à côté de ceux des Jean Stappaert , De la Combe, Marguerite Du Hot, Jean Barge, François Gilles, Pierre et Hubert Deliot, De la Grange, Guillaume De Bapaumes, etc., et autres fondateurs d'établissements utiles ou religieux; annales qui, on le voit, sont
aussi riches en bienfaiteurs de l'humanité qu'en savants et en artistes.
1866. — Ce désirable résultat a été atteint , et aujourd'hui cet établissement charitable, réorganisé par un décret du 16 août 1860, fait revivre les généreuses intentions de son fondateur et répond en tout aux besoins actuels des classes nécessiteuses.
N AVIGATION. — 1847. — C'est aux Carthaginois et aux Phéniciens que l'on attribue la découverte de la navigation ; mais ce ne fut qu'après l'invention de la boussole (XIV e siècle ) que MageHan partit du Portugal pour le premier voyage autour du monde , en 1519.
On envisage ordinairement la navigation sous trois points de vue : la navigation intérieure, la navigation côtière et la navigation hauturière ou en pleine mer.
Il ne sera question ici que de notre navigation intérieure ou de celle de la rivière de la Deûle , qui traverse et arrose notre ville au moyen d'un grand nombre de canaux aux eaux salubres et tranquilles , mais malheureusement trop souvent troublées , aux approches de Lille , par les nombreuses teintureries qui y versent clandestinement leurs résidus.
La navigation est non-seulement une grande voie de commuication pour les hommes , c'est aussi l'un des principaux moyens de transport que le commerce possède et la source do l'un des impôts les plus productifs de l'État. De là l'action directe du Pouvoir
sur la meilleure direction à lui donner, dé là les règlements sur la police des ports et rivages , sur le halage et les tirants d'eau , sur le parcours et le stationnement , sur le chargement et le déchargement des bateaux , sur le chômage et sur la manœuvre des écluses pour les bateaux montant .et descendant les eaux qu'elles gardent et gouvernent.
UVRE DE LA MISÉRICORDE. — 1847. — C'est ainsi qu'on appelle une institution éminemment utile, créée en notre ville, confiée aux Sœurs de Saint- Vincent de Paul , soutenue par des personnes charitables et destinée à recevoir de jeunes orphelines pauvres pour y être élevées jusqu'à leur majorité dans la pratique de la religion et de l'amour du bien et du travail.
Nous avons dit que cette institution était soutenue par des personnes charitables, et , en effet , la pension de 120 francs par an que paie chaque pensionnaire jusqu'à l'âge de dix-huit ans est bien insuffisante , même en y joignant le produit de son travail , pour indemniser l'établissement des soins, de la nourriture et de l'entretien que chaque pensionnaire y reçoit.
Honneur donc aux auteurs de cette œuvre préservatrice des dangers si nombreux que la jeune ouvrière rencontre sur ses pas , surtout quand elle a perdu l'appui des auteurs de ses jours.
1866. — Comme tout ce qui est bon et généreux , cette œuvre, depuis sa création , a trouvé à Lille les
moyens d'étendre de jour en jour son action moralisatrice et bienfaisante.
1 OMPIERS (CORPS DES). — 1847. — Aux débordements des eaux, le génie de l'homme oppose des digues, des jetées, des écluses; auxfléaux terribles des incendies, il oppose son courage, son intrépidité. De là la création des corps de pompiers.
Longtemps la ville de Lille fut privée de cette utile institution , ou du moins eut cette institution sans voir doubler sa force et ses services au moyen d'une organisation forte et durable; en effet, jusqu'au 16 août 1791 que la création actuelle eut lieu, les ouvriers seulement étaient tenus, aussitôt un incendie déclaré, de se porter de suite au lieu du sinistre pour y faire le service des pompes, après les avoir été chercher dans leurs différents dépôts.
L'approche du bombardement de Lille fit sentir la grande nécessité d'avoir enfin un corps de pompiers pris particulièrement parmi les hommes qui, par profession , étaient déjà comme désignés pour en faire partie ; sa première organisation eut lieu le 16 août 1791, et bientôt les feux autrichiens lui donnèrent son baptême d'honneur et d'intrépidité.
Depuis , ce corps n'y a pas dérogé , Lille entière le sait; et les médailles d'honneur qui brillent sur la poitrine de nos braves pompiers l'apprennent aux étrangers.
1806. — Aujourd'hui ce corps a un effectif nom-
breux et peut lutter de discipline , de tenue et d'intrépidité avec les corps de pompiers les plus distingués de France.
UARTIERS. — 1847. — On désigne également
sous ce nom les différentes parties dont se compose une ville et les édifices qui servent de logement aux militaires.
11 y a à Lille cinq quartiers ou arrondissements, ou même cantons, car les cinq divisions de la ville ont eu alternativement ces diverses dénominations.
L'utilité de ces divisions se fait tout naturellement sentir, en ce qu'elle rend plus facile l'action de la police sur les nombreuses matières soumises à son contrôle dans l'intérêt de la sûreté et de la salubrité publiques.
Les quartiers ou casernes militaires sont aujourd'hui au nombre de cinq : les casernes de Saint-Maurice , de la porte de Paris et de la Madeleine pour l'infanterie; celle de Saint-André pour la cavalerie et celle de la rue de Thionville pour la gendarmerie.
Une nouvelle caserne pour la cavalerie est en voie de construction ; elle remplacera celle des Buisses dont le débarcadère intérieur vient de nécessiter la suppression.
Il est peu d'établissements plus profitables aux villes que ceux des quartiers ou casernes militaires , il n'en est pas qui portent avec eux plus d'éléments de vie pour le petit commerce de détail; en effet, on
a calculé que chaque militaire faisait par jour une dépense moyenne de 75 centimes; aussi voit-on les villes solliciter , du Ministre de la Guerre , la faveur d'rne nombreuse garnison , et construire des casernes quand , du reste , la ville est dans de bonnes conditions pour le faire ; c'est là pratiquer les plus saines doctrines de l'économie publique ou générale , c'est semer un grain qui doit indubitablement produire d'abondantes moissons.
1866. — Par suite de son agrandissement, Lille est aujourd'hui divisée en neuf cantons ou arrondissements.
La caserne de cavalerie en voie de construction en 1847 est achevée; elle est située près la porte de Gand et construite dans les meilleures conditions qu'on puisse employer pour le service auquel elle est destinée.
EFUGK DU BON-PASTEUR. — 1847. — On
appelle , en général , refuge un lieu de retraite , de sûreté, de protection.
Dieu est le meilleur refuge. Voilà ce que nous dit la religion, et voici comment elle fait l'application de ce précepte.
Aux personnes qui veulent faire pénitence de leurs fautes passées et mener une vie meilleure, elle offre un refuge, une retraite, un asile où le calme, la prière, les exercices religieux, les bons exemples et les préceptes moraux conduiront infailliblement ces personnes à un retour heureux vers leurs devoirs.
Lille eut de ces lieux de retraite dès le XV e siècle, et nous trouvons dans ses annales que François Gilles, seigneur de Mollenghien, donna 12,000 florins pour l'établissement d'une maison forte ou de salut pour servir à l'amélioration des mœurs des femmes et filles de mauvaise vie, mais repentantes.
Cette maison cessa d'exister pendant les temps révolutionnaires et même bien au-delà.
C'est son utile rétablissement que nous offre l'œuvre du refuge du Bon-Pasteur, ouvert par les religieuses de ce nom, en leur couvent, aux femmes et aux filles qui veulent quitter une vie de désordres et de scandales pour rentrer dans la voie du devoir et du bien.
1866. — Notre population qui s'accroît de jour en jour et qui présente tant de misères à soulager, a fait prendre à cette institution, comme à toutes les autres institutions de bienfaisance , une augmentation qui , quoique considérable, satisfait à peine à ses besoins nombreux.
SaLLES D'ASILE. — 1847. — Si pour la poésie il est un heureux choix de mots harmonieux , il est aussi pour la prose un choix non moins propice de mots dont l'ensemble u quelque chose qui vous émeut, qui vous inspire le plus tendre intérêt , ainsi ces trois mots si simples : Asile pour V enfance , je ne les ai jamais lus sans me sentir doucement attiré vers la maison qui tes offrait à mes yeux; il me semblait y voir l'image d'une trinité terrestre de soins, de bonté
et de douceur prêtant la main à l'enfance et à la faiblesse.
Et, en effet, entré dans nos asiles, j'ai toujours trouvé la réalité de mon rêve.
L'institution des salles d'asile est l'un des plus grands bienfaits que l'esprit de charité a créés; il était digne de notre siècle d'y attacher son nom.
On accueille dans les. salles d'asile les enfants depuis l'âge le plus tendre jusqu'à six ans ; et on leur enseigne , par une méthode appropriée à leur jeune conception, les premiers principes de tout ce qui est religion, vertu, srgesse, ordre et travail.
Ils y recueillent aussi un grand bien-être matériel , les soins, l'exercice du corps, un jour pur, un air vif et la propreté ! toutes choses, hélas ! que leur pauvre mère ne peut leur donner.
« Laissez venir à moi les petits enfants, » a dit le Christ, et par là il avait , suivant nous, prophétisé la salle d'asile.
Il y a lieu de s'étonner qu'elle ne soit pas venue plus tôt, que la parole divine ait été si longtemps incomprise.
Marchant toujours à la tête du progrès social, Lille a créé ses premières salles d'asile en 1834, et aujourd'hui ces établissements, au nombre de sept, attestent hautement des bienfaits qu'ils répandent, et dont l'un des premiers est de venir en aide aux mères de famille dans les soins qu'elles doivent à leurs enfants, ce qui leur permet encore de se livrer au travail et de rapporter chez elles un salaire toujours si précieux pour le ménage de l'ouvrier.
C'est le Bureau de bienfaisance qui , dans un local qui lui appartenait près de l'église Saint-Sauveur, a établi la première salle d'asile ouverte à Lille.
Nos asiles sont placés sous la haute surveillance de dames inspectrices qui remplissent cette tâche avec un amour qui n'est surpassé que parleur charité.
1866. — Rien à ajouter, si ce n'est des éloges à l'Administration qui a augmenté le nombre de nos asiles, qui aujourd'hui s'élève à quinze, et aux dames inspectrices dont le zèle et la charité restent à la hauteur de leur sainte mission.
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE. — 1847. —Lille doit à cette société le goût, l'amour de la culture des fleurs qui s'y est développé depuis quelque temps et qui , déjà , a considérablement agrandi le commerce de nos jardiniers et a donné à nos jardins l'aspect le plus agréable en les peuplant de mille plantes nouvelles et variées.
1866. — Formée en 1828, cette société compta bientôt plus de 300 membres résidants et d'associés étrangers.
A son début surtout, elle fit de fréquentes expositions et décerna de nombreuses médailles d'or et d'argent; depuis, les expositions sont devenues moins fréquentes , mais elles ont gagné en richesse et en beauté, et la dernière qui eut lieu en 1863 , dans le vaste local de l'imprimerie de M. Danel , pouvait rivaliser avec les plus belles expositions de la Belgique, où, du reste, les collections de plusieurs de
nos amateurs occupent toujours une place distinguée et obtiennent des médailles.
SOCIÉTÉ IMPÉRIAXE DES ORPHÉONISTES LILLOIS. — 1866. — Après de nombreux succès obtenus dans les principales villes* de France et contre des rivaux redoutables, les Orphéonistes lillois ont obtenu le titre de Société impériale, titre qu'elle seule possède en France et qui lui donne le haut patronage de l'Empereur.
Si je ne m'étais interdit le stvle, je vous montrerais comment, à l'état de noire chrvsalide en 1840, l'Orphéon est devenu le brillant papillon d'aujourd'hui ; mais cette société , n'en doutons pas , aura son historien qui se chatgera de ce soin.
SOCIÉTÉ DU PRINCE IMPÉRIAL . — prêts de l'enfance au travail. — 1866. — Venir en aide, par les mains de l'enfance, à l'ouvrier frappé par l'infortune, alors que c'est un bon sujet, ou alors que, doué de capacités , il manque de ressources pour s'établir, est une idée de la plus haute morale : c'est associer l'enfance à l'âge viril par un contrat fondé sur la bienfaisance et sur la reconnaissance.
C'est le but de cette institution charitable qui date de 18Ô2.
Lille a déjà ressenti ses nombreux bienfaits.
SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DES SCIENCES, DE L'AGRICULTURE ET DES ARTS, -r 1847. — Le titre seul de cette société indique assez qu'elle
s'est faite du domaine de l'intelligence humaine un vaste champ cultivé dans toutes ses parties; en effet, tout y a ses interprêtes : les mathématiques , la physique, la chimie, la botanique, l'histoire naturelle, la littérature, la poésie, etc.
La publication de ses mémoires , qui comptent 47 volumes, est là pour en justifier.
Tableaux du musée. — 1&47. — Les musées de tableaux ne sont pas seulement créés pour satisfaire à la froide et stérile curiosité du public , ils ont une plus haute et plus noble destination : celle d'offrir à l'artiste des modèles et des exemples à suivre dans l'art si difficile d'animer la toile au souffle de son génie et de donner par la couleur une vie à sa pensée.
Cet art , créé par Michel- Ange , a été pratiqué , enseigné depuis en tant de sens divers, que les meilleurs guides suffisent à peine pour empêcher le débutant de s'égarer. De là l'institution des musées de tableaux , où ces guides lui sont offerts.
La belle galerie de tableatfx de notre musée ne date que de 1809 ; elle fut principalement alors composée des tableaux que la suppression des couvents nous avait laissés ; mais depuis elle a pris de plus grandes proportions , grâce à quelques dons particuliers et à ceux du Gouvernement.
Aujourd'hui , cette galerie offre tout à la fois l'école flamande, l'école italienne, espagnole et française dans
leurs bons et durables modèles; on y trouve des Rubens, des Van Dvck, un Gaspard Crayer, des Arnould de Vues, Van Oost, Vanderburg, Jacques Jordaens, Paul Véronèse, Salvator Rosa , le Caravage, Philippe de Champagne, Charles Dell fosse, Vernet, Wicar, Abel de Pujol, Delacroix, Steuben, etc.
1866. — Quatre salles immenses et splendides suffisent à peine aujourd'hui pour contenir les tableaux de notre musée , et nous renvoyons au catalogue qui en a été dressé par M- Reynart, son savant conservateur, pour en apprécier le mérite et la valeur artistiques.
Usines (commission pour la surveillance DES). — 1847. - Une bonne et sage administration ne doit compter son devoir qu'à moitié rempli lorsqu'elle est parvenue à assurer du travail à la classe ouvrière ; l'autre portion de ce devoir, aussi impérieusement prescrite que la première, est deveiller à ce que ce travail soit entouré de toutes les précautions possibles, afin que l'ouvrier puisse s'y livrer en toute sécurité et sans aucune crainte d'y trouver la mort ou la mutilation.
Justement alarmée des nombreux et terribles accidents que les machines à vapeur ont amenés dans la fabrique, l'administration vient de créer une commission de surveillance chargée d'une inspection sévère dans les usines et ateliers , à effet de lui signaler les inconvénients et les dangers du régime
actuel , et de lui proposer les meilleurs moyens d'y remédier.
Plus de semblables mesures se sont fait attendre , plus elles honorent les hommes qui les provoquent et les font mettre à exécution.
Si le beau renom d'avoir bien mérité de la patrie est glorieux, celui d'avoir bien mérité de l'humanité n'est pas non plus dépourvu de tout éclat.
1866. — Cette commission, par son action de surveillance et de bons conseils , a apporté de grandes améliorations dans nos usines et ateliers, et rendu par là les accidents moins nombreux.
Vaccine (comité central de).— 1847.
— La vaccine est l'une des belles découvertes du siècle dernier; elle est due à Jenner, médecin anglais, qui vit bientôt le monde entier en faire l'application et en recueillir les beaux fruits.
La vaccine est l'inoculation du vaccin faite sur un individu et qui le préserve de la petite vérole.
Quant au vaccin , c'est une espèce de virus ou de matière purulente pris primitivement sur le pis de la vache, mais qui se remplace très-bien aujourd'hui par celui qu'on prend au bras d'un individu vacciné.
Nous laissons à la science médicale le soin d'éclairer la marche du phénomène si surprenant de l'inoculation, pour ne nous arrêter qu'à ses effets.
Les effets visibles de la vaccine sont appréciables pour tous : elle laisse à la figure sa beauté et son
éclat , ses movens de charme et de séduction ; mais ce n'est là que son plus faible mérite ; la vaccine est venue soustraire l'humanité au tribut immense de morts qu'elle a payé si longtemps à l'affreuse contagion de la petite vérole.
Dans cette voie , comme ailleurs , notre cité ne se laissa pas dépasser ; elle a eu des premières son Comité central , des premières elle a décerné des récompenses au zèle des vaccinateurs , des premières elle a pris les plus sages mesures pour combattre l'influence du fléau de la petite vérole, ou du moins pour en resserrer l'action meurtrière dans les plus étroites limites.
1866. — Ces sages mesures ont été continuées , ug-randies autant que dans aucune ville de France.
WlCAR (LEGS ou MUSÉE).— 1847. — C'est pour la troisième fois que le nom de notre célèbre compatriote se présente sous notre plume , c'est pour la troisième fois que nous avons le plaisir d'enregistrer ses titres à la gloire et à la reconnaissance de la ville.
On appelle legs Wicar les nombreux objets d'ort que Wicar légua à Lille , sa ville natale , et parmi lesquels se remarque une inappréciable collection de dessins originaux des plus grands maîtres de l'Italie.
Ce legs a été reçu avec la plus vive reconnaissance, et notre administration municipale a répondu dignement par ses mesures à l'importance du don qui était fait à la Société des sciences et des arts.
Elle a arrêté que les dessins légués seraient encadrés et placés dans un local particulier qui prendrait le titre de musée Wicar, musée accessible aux étrangers, et où nos jeunes artistes lillois pourraient prendre les meilleures leçons sous l'inspiration du sentiment de la reconnaissance la mieux, méritée.
Voilà l'origine et le motif de l'institution du musée Wicar.
1866. — Au mojen de transactions intervenues en 1865 entre l' Administra tiou municipale et la Société des sciences, cette dernière a fait à la ville un complet abandon de cette collection , afin que tous nos musées' n'aient plus qu'une seule et même direction.
Y" (Voir les mêmes lettres aux Monuments remarquables.)
IOOLOGIE (COURS PUBLIC DE). — 1847. — En histoire naturelle , on donne le nom de règne à chacune des grandes divisions des corps de la nature; autrefois on reconnaissait trois règnes : le règne animal, renfermant les animaux; le règne végétal, les végétaux; et le règne minéral, les minéraux. Aujourd'hui on n'admet plus que deux règnes : le règne inorganique comprenant les minéraux , et le règne organique comprenant les végétaux et les animaux.
La zoologie est la partie de l'histoire naturell cqw traite des animaux en général.
Le cours où l'on professe cette science était donc la conséquence nécessaire du cours de botanique, puisqu'il complète, lui, l'organisation et les matières du règne organique, depuis l'éléphant jusqu'au ciron , depuis le cèdre jusqu'au brin d'herbe.
Nous ne quitterons pas la plume sans revenir sur un sujet auquel nous n'avons pas donné le développement qu'il mérite.
Les institutions de bienfaisance sont à Lille nombreuses et bien dirigées ; elles prennent , pour ainsi dire, l'homme à sa naissance et ne le quittent qu'à sa mort. Nous avons parcouru rapidement, et trop rapidement , nous le reconnaissons , nos hôpitaux , nos hospices et no* institutions religieuses et charitables. 11 nous reste , pour réparer cette faute, à mentionner ici nos bureaux de secours , le service de santé des indigents , nos salles de bains , nos distributions de bouillon , nos sociétés de Saint-François-Régis , de Saint- Vincent-de-Paul , des Bons Livres , de la Charité maternelle , l'institution des Petites-Sœurs des pauvres , quantité de sociétés de secours mutuels , l'œuvre des Vieillards indigents , celle des Invalides du travail , les colonies agricoles et pénitentiaires de Saint-Bernard et de Guermanez , etc., etc.
A toutes ces sources déjà si abondantes de bienfaisance et d'humanité , il faut ajouter encore les récompenses accordées aux jeunes ouvriers et ouvrières qui se distinguent dans nos écoles du midi et
du soir par leurs progrès et leur assiduité , et celles accordées aussi aux vieux serviteurs de l'industrie et de l'agriculture , à la bonne conduite et à la bonne tenue des logements.
On voit par là qu'en humanité , comme en toute autre chose , notre ville tient à conserver le premier rang , et ce rang lui est bien mérité , car elle paie annuellement en subsides une somme de 230,000 fr. aux établissements de charité , qui , ajoutés aux 393,000 fr. dont elle dote l'enseignement à tous les degrés , forment une somme de 623,000 fr.
Ce chiffre en dit plus que les plus éloquentes paroles.
Toutes ces institutions, toutes ces créations ne viennent-elles pas témoigner hautement que Lille est tout à la fois pour les enfants la meilleure mère, pour les hommes le meilleur guide , et pour les vieillards la providence la plus attentive.