‹ L’IllusionChapitre 10 sur 28 · T^EI^QE V'O^IE^QT · texte numérisé non relu

T^EI^QE V'O^IE^QT

Une ceinture d'or resplendit à sa taille :

Terrible et belle, ainsi qu'une armée en bataille, Le soir, quand elle marche en ses lourds vêtements, Sa sinistre beauté fait pâlir ses amants.

Pareille à la Nature, inconstante comme elle, Tendre parfois, parfois féroce et criminelle, Déesse, à tout un peuple épris de sa beauté Elle fait adorer sa bestialité.

Son palais est un temple, où des salles splendides Enferment des liions et des serpents livides, Confidents de son; rêve obscur, et caressants Quançl le soir elle va parmi les flots d'encens Duhaut de ses jardins contempler taciturne La frissonnante horreur du firmament nocturne. Tantôt alors farouche elle donne à ses yeux L'impassibilité des astres et des cieux;

Tantôt» comme une bête accroupie et tranquille, Lasse et morne elle songe, en regardant sa ville;

66 l'illusion

Ou brûlante, tandis que gémissent dans Tair

Les flûtes au milieu des crotales de fer,

Et qu'avec des serpents enroulés dans leurs tresses

Tournent sur un seul pied et dansent ses prêtresses,

Elle enivre ses sens de lumière et de bruit.

Et fait signe à l'amant, qui mourra dans la nuit.

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

SOUFFLES <B\[/Lc4!7^TS

Vent chaud, ô vent du sud, vent lascif qui te joues. Comme un amant autour des bras nus et des joues, O vent lourd de baisers, vent chargé de langueurs, Vent qui gonfles les seins et troubles tous les coeurs, Qui, ce soir te glissant auprès de ma maîtresse, Sentiras frissonner son corps sous ta caresse, Dans ton souffle j'ai mis mon âme, emporte-]a ? Et puisses-tu brûler celle qui me brûla 1 !

Page 1