‹ L’IllusionChapitre 11 sur 28 · JUDITH · texte numérisé non relu

JUDITH

tudïth a dévoué son corps à la Patrie; yj Elle a paré ses seins pour son terrible amant. Peint ses yeux, avivé leur sombre flamboiement, Et parfumé sa chair, qui reviendra flétrie :

Et paie elle est allée accomplir sa tuerie... Ses regards fous d'extase et d'épouvantement, Et sa voix, et sa danse, et son long corps charmant Ont enivré le noir cavalier d'Assyrie.

Tout à; coup, dans les bra|s du maître triomphant.

Elle eut l'affreux dégoût de lèvres l'étouffant.,.

Puis l'homme s'est [couché, prisd'un sommeil; de bête.

Dans l'horreur de l'amour autant que de la mort, La femme; sur le mâle a frappé sans remord, Et froide; et lentement elle a! scié sa tête.

CHANTS DE L AMOUR ET DE I- A MORT

CHcA&Ç SO&( VET^ScAU^E

es baisers seront les abeilles Qui suceront comme des fleurs

Tes seins, ces roses sans pareilles, Tes yeux, où je boirai tes pleurs.

Mes baisers viendront à tes lèvres, Sous les clairs de lune d'été, T'exhaler mes soupirs, mes fièvres,

Rossignols fous de ta beauté,

Et le matin ces hirondelles Sur le palais blanc de ton corps Mes baisers fermeront leurs a i les, De trop; dfâmour ivres ou morts.

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Les astres de la nuit, les astres me ressemblent. Fugitifs, égarés, enflammés comme moi :

Oh! si pâles d'amour, comme ils brûlent et tremblent, Ainsi que tout mon corps lorsque je pense à toi!

Abla, ma bien-aimée, oh! trop longue est l'attente! Vers toi n'entends-tu pas gémir mon cœur plaintif? Quand pourra i-je la nuit retourner dans ta tente, Et lécher tes pieds blancs, comme un lion captif?

Dans; les: combats, tandis que les têtes coupées ! Roulent sous les sabots des chevaux furieux, C est ton nom que jje; crie, en riant aux é'péesi Dont les fauves éclairs me rappellent tes yeux;

Oh! l'amour d'autrefois, les longs frissons de fièvres 1

O soirs dé l'union! ovin délicieux

Que je bus à la coupe ardente de tés lèvres!

Oh! les nuits ;au désert sous la fraîcheur des cieuxl

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

Mais les destins cruels t'ont de moi séparée; La lune est pâle, étant si loin de son soleil; Sur ta couche la nuit, Abla mon adorée, Sens-tu tous mes soupirs tourmenter ton sommeil?

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72 l'illusion

||| : FodïKJTcAISLE TE^qA^E

Au printemps, quand le monde est comme un paradis : Quand chantent les oiseaux dans les soirs attiédis, Du grand ciel bleu, pareil à du satin de Chine, Quand la lune répand sa caresse divine, Pour donner un moment de fête à tes regards, Fais venir une vierge aux longs cheveux épars, Qui te chantant les vers d'un poète mystique, T ■enivrera de ses yeux noirs^ pleins de musique. Fleur pâle, qu'elle exhale une exquise; senteur,; Que longtemps elle danse et tourne avecilenteùr. Puis à tes Ipieds tombant, que sur eux elje pose Son visage en sueur qui s'est teinté de rose.

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

eMEUX.SOUX.GES

ans ses grands yeux noirs de Péri La femme au corps charmant recèle le mensonge

Des milliers d'hommes ont péri Pour un instant d'amour rapide comme un sonse

Allah, Allah, tu fis ses yeux, Et la soif de mon cœur toujours inassouvie,

O Maître, ô Roi mystérieux, Pourquoi mets-tu la mort aux sources de la vie?

UESCLcAVE DU Co4LIFE

Comme un poignard persan au fourreau merveilleux, Ton âme froide et dure habite un corps superbe; La mort sourit parfois dans l'acier de tes yeux; Mais tes regards sont beaux, si leur pointe est acerbe.

Aussi fais-moi souffrir, je bénirai mon sort ; Tu peux faire couler mon sang, mon sang t'appelle; Verse-moi tes poisons, je chérirai ma mort : ; ; ... De tes yeux meurtriers la lumière est si belle ! ; !

Mon âmé boit la mort dans les fleurs de tes yeux; Tes lourds bras caressants sont comme des reptiles; Tes longs baisers ont un venin délicieux; .1 Je suis pâle de ces poisons que tu distilles.

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

Et j'ai fait mon linceul de tes sombres cheveux, Jadis aussi j'aimais la puissance et la gloire: J'ai reconnu que tout est néant, et je veux M'anéantir en toi, comme dans la nuit noire.

LE H&L\Em

Oh I Aïcha, la vie, et Nedjéma, l'étoile, Zhora, Zhora, fleur jaune, et parfum de mes nuits, Djohar, la perle fine, et pâle sous ton voile, O Djemma, paradis d'amour, aube qui luis I . - .

Mon âme est comme un ciel fleuri d'astres sans nombre Mon âme est un jardin, frais et mystérieux :

Que de cyprès aimants m'ont couvert de leur ombre! Que de beautés de lune ont ébloui mes yeuxl

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT 77

VzATSviGE VÊGTTTE

Sur le sable brun des presqu'îles, Où s'enfoncent leurs ventres lourds, Se sont groupés des crocodiles :

C'est la saison de leurs amours.

La terre brûle : rien ne bouge ; Et le grand épervier des airs, Le soleil mourant d'un sang rouge Eclabousse au loin les déserts,

La lune lentement s'élève Dans la chaude vapeur du soir :

Près du fleuve s'allonge et rêve On sphinx ancien de granit noir;

Il regarde sur l'eau dormante Glisser silencieusement Une barque où près d'une amante Pleure la flûte d'un amant.

V^OCTU^V^E

Sur ion sein pâle mon cœur dort D'un sommeil doux comme la mort Mort exquise, mort parfumée Du souffle de la bien-aimée :

Sur ton sein pâle mon cœur dort.,.

'■Si/-:

CHANTS DE L'AMOUR ET DE LA MORT 79

LcAt^GUEUT^ ^dOCTU%pi E

a pensée est sereine et rêve parfumée.

Comme la chambre heureuse où dort ma bien-aimée

Large fleur au cœur blanc qui parfume la nuit, La lune sur l'étang du ciel s'épanouit.

. ♦ Ma pensée est sereine et rêve caressée

D'une odeur de santal: que ta chair m'a laissée*

LES ^EGcJT^pS VES <AM-q4&£TS

Les regards des amants ressemblent aux abeilles, Qui ne peuvent quitter le visage des fleurs; Et leurs yeux, en goûtant des douceurs non pareilles, En sont ivres parfois jusqu'à verser des pleurs.

Mais leur volage amour repose à la surface :

De votre corps, plus doux que la lune qui luit, O femmes, si l'éclat se ternit et s'efface, Vous voyez de leurs yeux la caresse qui fuit»

Etirai; pitié de vous, les pauvres bien-aimées'; À l'apipel du désir que vous croyez: divin, ; Quéne gardez-vous pas vos lèvres mieux fermées Puisque ce grand amour des hommes est si vain?

CHANTS DE L AMOUR ET DE LA MORT

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