SIT^È^QE
La sirène avait tes yeux clairs, Tes chers yeux, inconstants et vagues.
Tes yeux pâles et sans éclairs, Tes yeux cie la couleur des vagues.
Et la sirène avait ta voix,
Ta voix troublante d'enfant blonde,
Quand elle attirait autrefois
les marins sous la mer profonde.
Et n'avaitTelle pas ton cœur,, Lorsque la perfide adorable Souriait,! de son air moqueur, A ces morts couchés sur le sable?
6z l'illusion
UcAmou\ vus^c ^KOij^
Au milieu de l'Afrique habite un prince noir. Qui, triste et dégoûté de la troupe servile De ses femmes, s'est fait bâtir hors de sa ville Un palais sombre où seul il s'en va chaque soir.
Le jardin du palais enferme une lionne,
Longue, souple, superbe, errant en liberté,
Et roulant des éclairs, comme les nuits d'été,
Au fond de son œil lourd, qui dans ■ l'ombre rayonne;
Et sous les grands palmiers, devant lé couchant d'or,
lie prince chaque 1 soir rêve accoudé sur elle;
lia bête est étendue, amoureuse et fidèle,
Et c'est sur son front roux que le nègre s'endort.
CHANTS DE l/AMOUR ET DE LA MORT
CHc4J{^fE[/SE VE SET^E^TS
A petits pas, à pas très lents, Va la charmeuse de serpents Vers leurs corps souples et rampants.
Elle chante et sourit tranquille, Tandis qu'à ses pieds un reptile A dardé sa langue subtile.
Est-ce avec ses yeux ou sa voix Qu'elle sait ainsi chaque fois Les attirer du fond des bois?
Deux serpents aux bras,; la charmeuse Sous leur caresse paresseuse Tressaille et rêve langoureuse.
Elle tient fermés ses yeux lourds.
Et rêve à de fauves amours, A des corps enlacés toujours,
Et soudain farouche, extatique^ Ainsi qu'une prêtresse antique, Danse, en sifflant un chant mystique.
CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT 6$