SILENCIEUX <A{MOU
y 1 dé nous n'eut un jour au cœur Un amour profond qu'il dut taire^ Et ne connut cette langueur Que donne un désir solitaire? ;
Je t'aime, et té suis pas à pas, ; Je t'aime, et ne puis te le dire, Je t'aime, et tu ne le vois pas, Qupnd je me taisjçleyanîton rire; :
Quand je te contemple parfois.
Immobile, l'âmç éblouie^ Le^ ypyx dilatés, et saris voix, ; Cbrnrn^; un fou regardant la vie I |
Et Cependant t'aimer ainsi
Esti plein de ravissants supplices Aux douleurs se mêlent aussi De! mystérieuses délices.
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Les longs désirs silencieux Ont des ivresses qu'on ignore :
Je te possède par les yeux Plus belle que tu n'es encore,
Et compne une étoile qui; luitj Comme un grand lys, vêtu de gloire,:
J'évoque à ton insu, la nuit, Pur, sans tache, ton corps d'ivoire.
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CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT 8^
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Je sais des yeux couleur de l'eau, Rappelant ceux de la Joconde, Mais qu'aurait retouchés Watteau, Je sais des yeux couleur de Tonde.
Commeiles ailes d'un oiseau Palpitant sur une eau profonde, Tremblent, clair et léger rideau, Les cjls blonds; de ces yeux dé blonde.
Et çèsjjeux ;laissépt; çntrevdir, | Sous leur calme: et brillant miroir, Ube sirène dont Y empire:
Mystérieux^ froid et charmant, Faij: songer ainsi vaguement A Tonde dont parle Shakspeare.
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Ma bien-aimée est une enfant, Une enfant aux yeux de pervenche.
Dont le jeune cœur triomphant Semble un oiseau sur une branche.
Ma bien-aiméë est un oiseau.
Un oiseau dont l'aile est légère, Qui se berce sur un roseau, Puis vole et fuit dans la lumière.
Ma bien^aimée au regard j clair M Sans doute eut pour-.mère ou marraine, Régnant aux grottes de là mer, Folle et -fantasque, une sirène :
Ses lèvres au pays natal
I Auront pris le babil des vagues,
Et dans des palais de cristal
Auront fleuri ses grands yeux vagues.
CHANTS DE l'aMOUR ET DE LA MORT 8f
Ma bien-aimée a dans sa voix Claire, limpide, sans pareille.
Des sons rappelant dans les bois Les bruits de l'aube qui s'éveille;
Et le charme étrange est si doux De cette voix pleine d'aurore, Qu'en l'écoutant à tes genoux Je deviens pâle et je t'adore.